Mercredi 28 septembre 2016 | Dernière mise à jour 13:37

Procès Adepte de bondage, il est victime de chantage

Une dominatrice et son compagnon ont tenté d’extorquer 250 000 francs à un employé de banque genevois.

Image: Sofia Quintas/laif

Tout «l’art» du BDSM

Les spécialistes sont formels: il ne faut pas confondre SM et BDSM (bondage, discipline, domination, soumission, sadomasochisme). En résumé, le BDSM englobe les différents jeux de restriction, de rôle et de domination-soumission. «C’est tout un art, je ne saurais pas faire cela», commente Madame Lisa, la patronne du grand salon de massages genevois, le Venusia. Il ne suffit donc pas uniquement d’empoigner un fouet ou de donner des gifles pour devenir une bonne dominatrice. Lisa précise par ailleurs que dans le BDSM, «il n’y a pas de relation charnelle mais uniquement une relation de dominé à dominant.»

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

La mésaventure survenue à un employé de banque établi à Genève devrait refroidir plus d’un adepte du BDSM, pour bondage, discipline, soumission, sadomasochisme. Hier, l’homme devait témoigner comme plaignant devant le Tribunal de police contre un couple rencontré sur Internet qui a voulu lui extorquer 250 000 francs. S’il ne payait pas, l’homme et la femme l’auraient menacé de dévoiler ses activités très privées à son entourage. Le couple a été arrêté en juillet dernier et est depuis détenu à la prison de Champ-Dollon. Dominatrice de profession, politologue de formation en Pologne, Amanda*, grande femme filiforme de 34 ans, recrute ses clients fortunés dans toute l’Europe via la Toile. Son compagnon d’origine turque, 31 ans, gère, lui, l’administratif et la logistique.

Des séances très spéciales

A l’été 2011, l’employé de banque, marié, participe à deux «sessions» – c’est ainsi que l’on appelle ce genre de séances – dans des hôtels genevois. Prix de la «gâterie»: environ 10 000 francs la session. En octobre 2011, Amanda propose de nouvelles réjouissances contre la somme de 25 000 francs. La séance n’aura pas lieu. Le couple disparaît de la circulation pour mieux revenir en fin d’année. Le 19 décembre 2011, une séance BDSM est filmée à l’insu du banquier. «Je voulais vérifier qu’il n’y avait pas de relation sexuelle», dit au tribunal le compagnon d’Amanda. La suite? Celui qui finira par déposer une plainte débourse 30 000 francs en échange du silence du couple qui le menace de dévoiler ses activités à son employeur et à sa famille. L’homme a peur. En janvier 2012, il reçoit un fax à son bureau avec une photo sur laquelle il reconnaît son pénis. Un compte Facebook est ouvert à son nom. Six mois plus tard, un courrier menaçant arrive dans la boîte aux lettres de son domicile. S’il ne paie pas les fameux 250 000 francs, tout le monde saura…

«Ma cliente a certes participé à l’installation de la caméra mais pour le reste elle est innocente», assure Me Caroline Schumacher, l’avocate d’Amanda. Confronté à des difficultés financières – il reconnaît 180 000 francs de dettes –, le compagnon de la dominatrice serait donc le seul à porter le chapeau pour la tentative d’extorsion. Me Karim Reho, l’avocat de ce dernier, relève que le plaignant n’a pas tout dit à la police lorsqu’il a déposé une plainte. «Il a en quelque sorte joué les agents provocateurs en faisant monter les enchères de 50 000 à 250 000 francs», plaide-t-il.

Pour le procureur Marco Rossier, le couple a agi de concert. Et de réclamer des peines ne dépassant pas les douze mois avec sursis. Le jugement sera rendu demain matin.

(Le Matin)

(Créé: 04.10.2012, 09h21)

Sondage

Le canton de Vaud a-t-il raison d'interdire la mendicité sur son territoire?




Contact

Service clients

Abonnement et renseignements
Nous contacter
lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
Adresse postale:
Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne

Jetons

Services
  • Pratique et économique, commandez vos jetons

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.