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Un dangereux Tibétain sous les verrous pour 18 ans

Meurtre et contraintes sexuelles

D.T. a le don de charmer les femmes. Mais ce Tibétain établi en Suisse depuis l'enfance a un double visage. Alcoolique et sadique, il frappe fort, jusqu'à tuer. Il devrait rester derrière les barreaux pour 18 ans au moins.

Par Marc-Henri Jobin. Mis à jour le 18.07.2012
Le Tribunal de district de Zurich a aussi retenu l'internement contre D.T. dans la mesure où il est «résistant aux thérapies».

Le Tribunal de district de Zurich a aussi retenu l'internement contre D.T. dans la mesure où il est «résistant aux thérapies».
Image: Tages-Anzeiger

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Reconnu coupable d'homicide volontaire et de deux tentatives de meurtre, D.T. vient d'être condamné par le Tribunal de district de Zurich à 18 ans de prison. La procureure avait requis 20 ans, mais le tribunal a retenu, comme elle le demandait, les mesures d'internement. Car D.T. est non seulement un récidiviste, mais il paraît incurable.

Un meurtre et plusieurs tentatives

Ce jugement marque à Zurich la fin d'un feuilleton à rebondissements. Arrivé en Suisse en 1966 avec sa famille, cet homme aujourd'hui âgé de 53 ans et de père Tibétain a un lourd passé derrière lui. Et il a un grave problème avec l'alcool, dont il n'est jamais venu bout.

En 2004, D.T. bat son amie si violemment qu'elle décède d'une hémorragie interne. Il est ivre, comme souvent depuis des années. En 1983, il écopait de 5 mois de prison, après plusieurs amendes pour conduite en état d’ébriété. A 24 ans, il avait déjà, comme sa mère avec laquelle il vivait alors, des soucis avec l'alcool.

Pour la même raison, celle-ci devient, par la suite, victime de ses violences. Mais comme la mère finit par se rétracter, le fils n'est pas condamné. D.T. perd tous ses jobs et devient un cas social. Endetté, sans emploi, alcoolique, il fait plusieurs séjours en prison.

Séducteur alcoolique et violent

En 2002, il séduit une femme, sa future victime. Il est suivi par une thérapeute et vit un mieux. Mais un an plus tard, il est contrôlé au volant d'une voiture avec 2,54 pour mille d'alcool dans le sang.

En 2004, la police doit intervenir dans un hôtel. Elle retrouve, dans une chambre, D.T. avec son amie à demi-nue et ensanglantée. En octobre de la même année, celle-ci est découverte morte dans un hôtel zurichois, après avoir été une dernière fois battue par D.T.

Deux ans plus tard, en 2006, l'homme au charme tibétain a retrouvé une nouvelle amie. Il étouffe presque cette femme de 41 ans avec un coussin qu'il lui a plaqué sur le visage. En 2007, il enferme une troisième amie dans son appartement, abuse d'elle et la bat au point qu'elle perd un oeil.

Première condamnation levée

Arrêté dans la foulée, D.T. est condamné la même année à 13 ans de privation de liberté, alors que les faits de 2006 ne sont pas encore connus. Mais suite à un recours, le jugement est cassé.

Le Tribunal de cassation explique alors que l'accusé avait déjà battu des femmes par le passé, sans qu'elles ne succombent à leurs blessures. Il ne pouvait donc pas s'attendre, en 2004, à ce que son amie décède. D.T. limite les conséquences de ses actes mais reste en préventive.

Nouvelle interprétation

Le Tribunal de district de Zurich a corrigé le tir cette semaine. L'accusé, a-t-il estimé, ne peut profiter d'une clémence particulière parce que les conséquences de ses premiers agissements ont été légères. Qui recourt à pareille violence accepte le risque de pouvoir tuer sa victime.

L'accusé ne sortira ainsi pas de prison avant longtemps. Le jugement tient compte de l'expertise psychiatrique, qui conclut à de graves troubles de la personnalité. Comme l'a en outre relevé le président du Tribunal à la lecture du jugement, l'accusé a déjà subi plusieurs thérapies sans succès, ce qui justifie des mesures d'internement. (Newsnet)

Créé: 18.07.2012, 13h41