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Marina, une histoire d'amour et de coups

France

«Un enfant a toujours besoin de ses parents, quels qu'ils soient, et aussi mauvais qu'ils soient», explique la psychologue: depuis lundi, la cour d'assises de la Sarthe découvre la tragédie familiale qui a conduit à la mort en 2009 de la petite Marina, après 6 ans de coups de ses parents.

Mis à jour le 15.06.2012

1/8 Reproduction faite le 10 septembre 2009 au Mans de l'avis de recherche diffusé par la gendarmerie suite à la disparition de Marina Sabatier.
Image: AFP

   

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Pourquoi ses parents ont-ils commencé à battre la petite fille dès sa petite enfance ? Pourquoi Marina n'a-t-elle jamais, à une seule exception, parlé à ses instituteurs, aux médecins, gendarmes, des coups qu'elle recevait? La mère, Virginie Darras, 33 ans, qui encourt comme son mari Eric Sabatier (40 ans) la réclusion à perpétuité, reconnaît les faits. Entre 2007 et 2009, le physique de sa fille a changé, d'un visage poupin à un visage boursouflé, «à force de la taper, de la frapper, de la torturer», reconnaît-elle.En quatre jours d'audience, les parents n'ont pas donné une raison valable à ces punitions. «Il n'y avait pas de raison» selon le père. La mère évoque une enfant incontinente, qui mangeait mal, volait de la nourriture avant de reconnaître que la fillette était parfois privée de repas pendant trois jours...Et de la famille de la mère à l'école, tous assurent que la fillette était propre, et avide de nourriture au point de voler le goûter de ses camarades.Passé l'âge de deux ans, Marina a subi des punitions à répétition. De simples claques, puis une lente montée en puissance jusqu'à projeter la fillette contre les murs et même l'étrangler, l'attacher avec des sangles, reconnaît le père.Lui le «manipulateur», le «menteur» comme le décrivent ceux qui l'ont côtoyé, qui affirme aimer sa fille et être aimé de sa femme, a toujours réussi à tromper ceux qui s'intéressaient de trop près aux blessures de Marina.Avec le médecin scolaire de Parennes (Sarthe), comme avec d'autres, il va lier, de son ton posé, rassurant, chaque blessure de la fillette à des accidents de la vie mais aussi à une maladie rare imaginaire. La praticienne le trouvait même «charmant», rapporte une des enseignantes de la fillette.

Marina «n'a rien connu d'autre» que les coups comme preuve d'amour et «s'est construite d'une curieuse manière», considère la psychologue du centre hospitalier du Mans qui a vu la fillette en mai 2009.Marina aimait ses parents: les témoignages abondent en ce sens, comme à l'hôpital en mai 2009 où sa mère ne viendra qu'une fois mais où la fillette voudra l'avoir au téléphone tous les soirs, lui faire des dessins.Tous racontent cette même relation mêlée de crainte avec la mère, sans aucun signe de tendresse comme l'absence de bisous à l'école alors que Marina en distribuait à la volée aux enseignants.A l'hôpital, elle se faisait belle. «Elle avait peur de ne pas plaire à sa maman», explique une mère de famille qui s'est rapprochée de l'enfant, «avec son papa c'était beaucoup plus doux».Une seule fois, Marina parle à quelqu'un des coups qu'elle reçoit, à son enseignant à Coulans-sur-Gée (Sarthe) en avril 2009. «Je ne sais pas ce qu'elle a maman ce matin, mais elle m'a tapé», lui dit-elle, puis le lendemain «Maman elle m'a encore tapé ce matin». Mais aucune trace de coup ne vient confirmer ses propos.Marina aime tellement ses parents qu'elle va les protéger, même lors d'une audition par la gendarmerie. Une vidéo de 44 minutes a été projetée jeudi au procès où cette fillette pleine de vie, qui a la soif d'apprendre, ment sans fléchir pour ne pas les perdre.«Une petite fille intelligente qui protège ses parents», a résumé le président de la cour d'assises, Denis Roucou.Le procès, prévu jusqu'au 27 juin, reprendra lundi avec le témoignage des services sociaux à l'enfance du conseil général. (afp/Le Matin)

Créé: 15.06.2012, 12h22

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