ACCUEIL 23.4.2014 Mis à jour à 20h43

Le propriétaire de la voiture identifié

Tuerie d’Annecy (F)

L'homme s'appelle Saad al-Hilli. La police britannique mène l’enquête sur son territoire.

Mis à jour le 06.09.2012

1/7 Saint-Jorioz (France), camping le Solitaire du Lac, 06.09.2012. A droite, la caravane de la famille retrouvée morte.
Image: Sebastien Anex

   

Nouvelle opération

La fillette blessée dans une tuerie visant une famille britannique, qui a fait 4 morts mercredi en Haute-Savoie, a été plongée en coma artificiel et doit être réopérée, a annoncé le parquet jeudi. «Elle doit être réopérée. Elle a été plongée dans un coma artificiel», mais son pronostic vital n'est plus engagé, a déclaré le procureur de la République d'Annecy, Eric Maillaud, lors d'une conférence de presse.

Des ressemblances avec l'affaire Dominici

Le 5 août 1952, au petit matin, la découverte en Haute-Provence des cadavres d'un couple britannique et de leur petite fille lance «l'affaire Dominici», toujours une énigme soixante ans plus tard.

Ce massacre, qu'évoque celui de la famille de vacanciers britanniques en Haute-Savoie, passionnera l'opinion et inspirera Jean Giono, Jean Gabin ou encore Orson Welles.

Au bord d'une route longeant la Durance, près du village de Lurs (Alpes-de-Haute-Provence, à l'époque Basses-Alpes), Sir Jack Drummond, nutritionniste de renom de 61 ans, est caché sous un lit de camp retourné, deux projectiles dans le dos.

Sa femme Ann, enveloppée dans une couverture près de leur break Hillmann verte, a été touchée trois fois. Plus loin gît leur fille Elizabeth, âgée d'une dizaine d'années, la tête fracassée par une crosse de carabine. Les affaires de la famille sont éparpillées, l'argent est toujours là.

La veille, les Drummond s'étaient installés pour dormir à la belle étoile, à moins de 200 mètres de la Grand'terre, la ferme de Gaston Dominici, patriarche d'origine piémontaise.

Le commissaire marseillais Edmond Sebeille s'intéresse vite au clan Dominici dont le chef répète en patois: «Aie pour de degun» (je n'ai peur de personne). Sa femme Marie, noiraude et soumise, est surnommée «la Sardine». Les fils Gustave et Clovis sont écrasés par le père. Giono, qui assistera au procès, dira de lui: «C'est un roi, mais un roi sans divertissement, que l'ennui rend dangereux».

Face à ces paysans retors, murés dans leur silence, empêtrés dans leurs mensonges, solidaires un jour, ennemis le lendemain, le commissaire perd son latin. D'autant que les pistes ont été brouillées: il y a trop de traces sur la Hillmann, des empreintes suspectes ont été piétinées par les curieux.Gustave reconnaît tardivement qu'Elizabeth n'était pas morte quand il a donné l'alerte et qu'il a déplacé le corps de Mme Drummond pour récupérer des douilles.

Condamné le 13 novembre 1953 à deux mois de prison pour non-assistance à personne en danger, il purge sa peine puis retourne à la ferme.

Un an plus tard, Gustave est à nouveau interpellé, après de nombreux témoignages. Il accuse son père, de même que Clovis qui affirme l'avoir entendu clamer être l'auteur des assassinats.

Arrêté, le patriarche passe aux aveux: il a surpris Mme Drummond en train de se déshabiller et lui a fait des avances. Le mari est intervenu et Gaston a tiré sur le couple avant de poursuivre la fillette. Mais il se rétracte, assurant avoir voulu préserver le vrai meurtrier, Gustave. Il n'en démordra plus.

Son procès, qui débute le 17 novembre 1954 à Digne, est houleux. A 77 ans, sans preuve et sans mobile, Gaston est condamné à mort le 28 novembre 1954. Sa peine est commuée en réclusion à perpétuité en 1957 puis le général de Gaulle le grâcie. Il est libéré le 14 juillet 1960 et meurt cinq ans plus tard dans un hospice.

Une nouvelle instruction aboutit à un non-lieu en 1956. La famille demande plusieurs fois, en vain, la révision du procès. Toutes les hypothèses sont avancées, y compris certaines voulant que Drummond, soupçonné d'être un agent britannique, ait été liquidé avec sa famille par des Soviétiques ou qu'il ait été victime d'un règlement de comptes entre anciens résistants sur fond de trafic d'armes.

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M. al-Hilli, 50 ans et né à Bagdad, est domicilié avec sa famille dans la grande banlieue sud de Londres, à Claygate, dans le comté du Surrey.

Les images de l'adresse du domicile de la famille, retrouvées sur internet, montrent une coquette demeure, typique de la banlieue huppée du sud-ouest du grand Londres. Claygate est située à moins de 30 km du centre de Londres.

Point de situation à 13 heures

Les enquêteurs tentaient jeudi de percer le mystère du massacre d'une famille de vacanciers britanniques en Haute-Savoie, visée par une fusillade ayant fait quatre morts qui a épargné une fillette, retrouvée aux pieds de sa mère morte huit heures après le drame. Des gendarmes étaient postés dans la matinée devant la caravane blanche de la famille, dans le camping de Haute-Savoie «Le Solitaire du lac» où elle séjournait. Le propriétaire du camping, situé au bord du lac d'Annecy, à Saint-Jorioz, interdisait l'accès aux journalistes.

Les vacanciers rencontrés disaient tous leur stupeur: peu de choses ont émergé dans un premier temps sur la famille, si ce n'est qu'elle était composée d'un couple et de leurs deux fillettes, ainsi que de leur grand-mère. La mère a été décrite par des témoins comme ayant la peau mate et de longs cheveux noirs. Seule l'identité du père a pu être formellement établie dans un premier temps, sur la base de ses documents d'identité laissés à la direction du camping. Il s'agit de Saad al-Hilli, 50 ans, né à Bagdad et domicilié avec sa famille dans la grande banlieue sud de Londres, à Claygate, dans la région du Surrey, a-t-on appris de sources policières. Scotland Yard interrogé à Londres s'est refusé de son côté à tout commentaire, assurant «ne pas être impliqué» dans cette affaire, pour laquelle toutes les pistes restent ouvertes selon la police française. «Compte tenu de ce que l'on voit, il est certain que la piste criminelle est à mettre en numéro un», a estimé le procureur de la République d'Annecy, Eric Maillaud, jeudi matin. «Après, toutes les pistes sont possibles, ça pourrait être aussi dans l'absolu un drame familial, ce n'est pas à exclure», a-t-il ajouté.

Le procureur devait donner une conférence de presse au palais de justice d'Annecy à 14 heures. Les victimes ont été découvertes par un cycliste mercredi après-midi dans leur BMW break, sur un parking forestier de la commune voisine de Chevaline. Le père était à l'avant du véhicule, les deux femmes sur la banquette arrière. La fillette de quatre ans retrouvée indemne dans la voiture familiale, vers minuit seulement soit huit heures après le drame, a été placée sous protection des forces de l'ordre. «Elle est restée sous les corps, prostrée pendant près de huit heures et n'a pas bougé pendant tout ce temps-là. On n'a pu la trouver qu'à partir du moment où on a eu accès à la scène du crime», gelée jusqu'à l'arrivée des neuf techniciens de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), venus de Paris, a expliqué le procureur, pour justifier les longues heures passées avant d'ouvrir les portières de la voiture.

La sœur aînée pourrait être entendue dans quelques jours

La fillette serait restée cachée «sous les jambes de sa mère» morte pendant toute cette période, selon un enquêteur.«La petite parlait en anglais. Elle a entendu des bruits, des cris mais elle ne peut pas en dire plus, elle n'a que quatre ans», a précisé M. Maillaud. Âgée de six ou sept ans, sa sœur aînée, transférée dans un état grave à l'hôpital de Grenoble, est elle aussi sous haute surveillance. Ses jours ne sont plus en danger. Les médecins «envisagent qu'on puisse l'entendre dans les prochains jours», selon le lieutenant-colonel Benoît Vinnemann, qui commande la section de recherches de la gendarmerie de Chambéry, en charge de l'enquête. Le quatrième mort est un cycliste, habitant d'une commune voisine, qui gisait mort à côté de la voiture, non loin de la fillette grièvement blessée.

Quand le témoin à vélo a découvert la scène de crime, le drame venait alors visiblement tout juste de se produire, le témoin ayant été dépassé un peu plus tôt sur la route par le cycliste retrouvé tué. Les enquêteurs n'ont pas souhaité révéler si le témoin avait croisé le véhicule du tueur. Celui-ci a été aperçu par plusieurs témoins, selon les premiers éléments de l'enquête.De nombreuses douilles ont d'ores et déjà été retrouvées sur les lieux du crime, provenant d'une arme de type pistolet automatique. Les médias britanniques se sont emparés de l'affaire dès mercredi soir, après la révélation que la plaque d'immatriculation du véhicule était britannique. The Independent et le Mirror évoquent l'hypothèse d'un braquage qui aurait mal tourné, tandis que The Telegraph parle d'assassinats, des faits prémédités donc, par un tueur soucieux de ne laisser aucun témoin derrière lui, des hypothèses que les enquêteurs n'avancent pas pour l'heure.

Parmi les gendarmes mobilisés, l'un d'entre eux ferait état d'un 4x4 de couleur sombre redescendant à vive allure des lieux du crime, selon le site tdg.ch.

(AFPLe Matin)

Créé: 06.09.2012, 13h36

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