Acquitté d'un meurtre pour légitime défense
Justice
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Il y a un presqu’un an, le 29 mars 2011 vers 23 h, un homme de 25 ans s’écroulait dans une flaque de sang, poignardé sous l’aisselle à la Rotonde de Cornavin. Il devait décéder à l’hôpital cantonal des suites de ses blessures. Moins de douze heures plus tard, la brigade criminelle interpellait à Thônex H., 22 ans à l’époque, L’homme se prétend ressortissant libyen. En réalité, il vient d’Algérie. Tout comme la victime avec laquelle il a déjà eu une altercation quelques jours avant le drame pour une histoire d’argent portant sur 500 francs environ. Les deux protagonistes sont connus de la police genevoise pour des affaires de vols.
Dès son arrestation, H. évoque la légitime défense, expliquant avoir lui même été agressé avant de sortir son couteau. Également blessé, il s’était rendu dans la nuit à l’hôpital cantonal (après avoir fait disparaître son arme) pour y être soigné.
Un procès «confidentiel»
Ouvert au public et à la presse, le procès de H. s’est tenu le 24 janvier dernier devant le tribunal correctionnel de Genève. Ce jour-là, pas de journalistes dans la salle d’audience. Car au même moment débute le procès de la BCGe ainsi que celui – en appel – des assassins d’une jeune femme enceinte, Loredey. Pas ou peu de témoins. Les policiers qui ont fait l’enquête n’ont pas été convoqués à la barre. L’avocate de H., Me Monica Bertholet, a fait appel à un seul témoin de moralité. La famille de la victime n’est pas présente non plus et il n’y avait donc pas de partie civile.
Le Ministère public a requis une peine de six ans de prison. Les juges du tribunal correctionnel ne l’ont pas suivi.
«Légitime défense»
Dans le jugement daté du 25 janvier que nous avons pu consulter, on apprend que H. a été acquitté de l’accusation de meurtre. Seule l’infraction de séjour illégal a été retenue. Le jugement ne donne pas les motivations de la justice (pour cela il faut attendre encore environ deux mois). Mais selon Me Monica Bertholet, il s’agit «d’un cas d’école de légitime défense qui constitue un droit fondamental. Le dossier montrait que mon client avait d’abord été agressé. Il a survécu grâce à une veste en cuir, qui a été lacérée de trois balafres de 20 cm de long.»
H. a donc été libéré et est sorti de prison. Aucune mesure de contrainte en vue d’expulsion n’a été prononcée, du moment qu’il n’existe pas d’accord de réadmission avec l’Algérie. Les frais de procédure, qui s’élèvent à 40'190 francs, sont à la charge de l’Etat. L’Algérien n’a pas réclamé à l’Etat de dommages et intérêts... (Le Matin)
Créé: 14.02.2012, 12h30






















