Deux cuisiniers en prison pour des canards décapités
Italie
—Par Ariel F. Dumont. Mis à jour le 13.02.2012 12 Commentaires
Deux mois de prison ferme pour avoir décapité des canards. En Italie, la condamnation semble excessive, voire incompréhensible. Mais pas pour le juge de Milan qui vient d’infliger cette peine à deux restaurateurs chinois. Estimant que les deux hommes ont agi avec cruauté, le magistrat a empoigné le Code pénal pour appliquer la loi. Et notamment, l’article 544 qui s’appuie sur la notion de pitié humaine pour réprimander les mauvais traitements infligés aux animaux.
Scotchés dans des sacs
Tout a commencé en 2010, lorsque la Ligue italienne antivivisection (LAV) a été alertée par des clients du bistrot incriminé, choqués après avoir vu le cuisinier en train de couper le coup à un volatile affolé. Saisies par l’association animalière, les forces de l’ordre, qui s’étaient rendues sur les lieux, sont arrivées au bon moment. C’est-à-dire en pleine exécution. Les détails retranscrits par les policiers dans leur compte rendu ont choqué la sensibilité du parquet milanais et fait sursauter les services d’hygiène publique. Après avoir acheté les canards, les Chinois enrobaient les animaux avec du scotch pour les immobiliser. Puis, ils les enfermaient dans des sacs en plastique et les entreposaient dans l’arrière-boutique. Les volatiles stressés finissaient sur le billot lorsqu’un client commandait du canard laqué ou rôti. Une pratique inacceptable pour le juge, qui a estimé que «la cruauté, la douleur et la souffrance doivent être évitées même quand il s’agit d’animaux destinés à la consommation alimentaire». Du coup, les propriétaires du resto ont été expédiés au frais. Leur licence d’exploitation a par ailleurs été révoquée pour violation de la loi sur l’abattage des animaux. Celui-ci, rappellent les autorités, doit être pratiqué dans des structures spécifiques et selon des normes précises.
Ce n’est pas la première fois, en Italie, que des restaurateurs finissent sur le banc des accusés pour cruauté. Il y a trois ans, le procureur de Milan Giulio Benedetti avait fait inculper les propriétaires d’un bistrot situé en plein centre-ville. Le couple était accusé d’avoir exposé des écrevisses vivantes sur un lit de glaçons, dans la salle à manger de leur établissement, avant de les faire passer à la casserole. Sans les avoir au préalable assommées. «Bien que dépourvues d’un système nerveux central, les écrevisses peuvent éprouver des sensations semblables à celles des vertébrés en termes de souffrances», avait argumenté Giulio Benedetti dans son réquisitoire. Une accusation bancale, selon le juge, qui avait prononcé un non-lieu.
L’espoir d’une jurisprudence
Dans l’affaire chinoise, en revanche, le magistrat a réagi différemment et son verdict pourrait faire jurisprudence. C’est du moins ce que souhaite la Ligue antivivisection, qui s’est portée partie civile dans cette affaire. «Le juge a estimé que les canards doivent être supprimées dans la dignité prévue par l’article qui interdit qu’un animal destiné à la consommation alimentaire soit tué de façon sommaire et primitive», explique Annalisa Gasparre, conseillère de la LAV. (Le Matin)
Créé: 13.02.2012, 11h04
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12 Commentaires
Bien fait et encore 2 mois c'est pas assez !!!
Le fait de tuer/manger un animal est déjà moche, mais au moins qu'il ait été traité correctement avant et que le sacrifice de sa vie soit fait avec respect.
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Chapeau aux Italiens qui ne craignent pas d'appliquer correctement ce genre de loi! Répondre


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