Il nie avoir voulu tuer sa femme à l’arsenic
France
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Jacky Châtelain, 53 ans, est jugé pour tentative de meurtre. Il est accusé d’avoir fait avaler, entre août 2004 et octobre 2005, des cristaux d’arsenic issus d’un produit de traitement des vignes à Josyane de Oliveira, 50 ans, co-gérante d’une exploitation viticole de 40 hectares à Fontenay-près-Chablis. "Je n’ai jamais voulu la mort de ma femme", a assuré dès l’ouverture des débats M. Chatelain, gorge nouée, mains tremblantes. "Je déprimais. Je voulais une autre vie... Je sais bien qu’il y a d’autres manières de faire... Mais mon état psychologique ne me le permettait pas", a-t-il précisé.
Son ex-épouse, victime de "nausées", "diarrhées" et "mouvements incontrôlés du visage", avait dû être hospitalisée en 2005 et opérée d’une tumeur à l’intestin. Elle présente toujours des séquelles liées à son empoisonnement. "Je voulais sortir de l’emprisonnement de mon existence", a expliqué l’accusé, pointant l’omniprésence de son beau-père sur la gestion de l’entreprise viticole et sur sa vie personnelle. "Nous n’avions pas d’amis, pas de sorties... Il n’y avait que le travail", a-t-il raconté.
Mis au cause par la partie civile pour l’argent touché lors de son divorce en 2006 - près de 600.000 euros - alors qu’il n’avait pas encore avoué être à l’origine de l’empoisonnement, M. Chatelain a nié toute motivation financière à son geste. "Je n’avais pas la parole, j’étais englouti par ma belle-famille", a-t-il raconté. "Peut-être n’étais qu’un pion sur leur échiquier. Et un jour, le pion a explosé", a-t-il dit.
M. Chatelain, qui a refait sa vie dans le sud de la France, où il vit en concubinage et travaille comme caviste, a été condamné par la cour d’assises de l’Yonne en première instance à cinq ans de prison dont trois avec sursis. Les jurés avaient alors retenu la thèse de l’administration de substance nuisible, considérée comme un délit, plutôt que l’empoisonnement, crime passible de trente ans de prison. Le parquet d’Auxerre, qui avait requis dix ans de réclusion à son encontre, avait alors décidé de faire appel.
Le verdict de la cour d’assises de Seine-et-Marne est attendu vendredi soir. (AFPLe Matin)
Créé: 26.01.2012, 15h47
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