Ils volent des autos avec des codes électroniques piratés
—Par Marie Maurisse/Le Matin Dimanche. Mis à jour le 18.02.2012 12 Commentaires
Fini le cric ou l’épingle à cheveux. Les voleurs de voiture se modernisent: ils dérobent des véhicules sans briser la serrure ni même casser la vitre. Ces malfaiteurs férus d’informatique décryptent l’antivol et les codes de démarrage des berlines, puis refont fabriquer la clef électronique qui leur permet de les ouvrir en un tour de main. La manœuvre, très discrète, ne prend que quelques minutes.
La supercherie a été dévoilée dans l’Essonne, près de Paris, rapporte Le Figaro. Selon la police, les membres de ce gang auraient subtilisé au moins 400 voitures avec ce mode opératoire. Leur modèle préféré? La Citroën DS3. Les enquêteurs ont mis plus de 8?mois à remonter la piste de ce trafic de grande envergure, qui concerne non seulement des voleurs, mais aussi des concessionnaires véreux.
Première étape: récupérer le numéro d’identification de la voiture ciblée, qui se trouve souvent sur le pare-brise ou sur l’une des vitres avant. Il contient 17 caractères et spécifie l’année et le lieu de fabrication de l’auto - son ADN, en quelque sorte. Puis il faut se rendre sur les serveurs internes à la marque et y entrer le fameux numéro, afin de décrypter les codes électroniques permettant de désactiver l’antivol et d’enclencher le démarrage.
Le problème, c’est que les salariés des concessionnaires sont les seuls à avoir accès à ces serveurs, en théorie parfaitement sécurisés. Les voleurs ont donc forcément des complices au sein même des fabricants. Le Figaro parle de fuites venant de chez PSA Peugeot Citroën, de la part, notamment, d’un concessionnaire basé en Turquie, par qui «ils ont pu obtenir des identifiants et de mots de passe du serveur sur lequel se branchent au quotidien les professionnels», écrit le quotidien français.
La suite est un jeu d’enfant. Les voleurs, munis d’un ordinateur, se connectent sur le site, entrent le numéro de la voiture et en obtiennent tous les codes. Avec ces informations, il ne leur reste plus qu’à faire fabriquer une clef électronique par un serrurier ou un garagiste mis dans la confidence. Et d’aller ensuite, d’un bip, ouvrir la voiture comme si elle était la leur et prendre la route tranquillement.
Ce modus operandi est-il connu en Suisse? Jean-Philippe Da Silva, conseiller commercial à la succursale Citroën de Neuchâtel-Bevaix, en a «déjà entendu parler. Ceux qui font cela ne sont pas des novices, car ils arrivent à pirater le matériel. On a beau avoir tous les antivols du monde, il y aura toujours des gens qui excellent dans le domaine».
Que deviennent ces autos volées? Elles sont revendues, la plupart sur Internet. Mais blanchies de tout délit. Car là aussi, les voleurs ont une astuce. Ils récupèrent des cartes grises en Belgique, font croire aux autorités qu’il s’agit de voitures achetées. Et peuvent les revendre d’occasion, en toute légalité. Comme les polices belges et françaises n’échangent pas leurs fichiers de voitures volées, l’escroquerie n’est pas révélée. Mais, écrit Le Figaro, «la technologie soi-disant imparable et facturée au prix fort s’est retournée, à grande échelle, contre le client». (Le Matin)
Créé: 18.02.2012, 16h22
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12 Commentaires
La France et la Belgique ne se communiquent pas les dossiers..... a quoi sert l'Europe??????? Répondre
Tu parles d'une sécurité. Un identifiant, un mot de passe. Qu'on peut utiliser probablement depuis n'importe quel ordi. Et le journaliste qui se laisse dire: "C'est pas des novices, ils ont piraté le matériel". Des pirates de ce calibre, il y en a plein: N'importe quel gamin de 12 ans. Répondre


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