Dimanche 25 juin 2017 | Dernière mise à jour 01:41

Rock L'échappée belle des décibels

Avec un 7e album entre fureur et caresse de durs à cuir, les Ricains de Black Rebel Motorcycle Club saliront ce soir les moquettes du MJF avec classe. Interview.

Image: DR

Black Rebel Motorcycle Club - Let the Day Begin

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A l’autre bout du fil, Peter Hayes traîne la voyelle avant chaque début de phrase. La voix fatiguée et l’esprit terrassé par la cadence des concerts, le leader des incroyables Black Rebel Motorcycle Club ne s’embarrasse pas de politesses lorsqu’on évoque l’état du rock’n’roll moderne. Surtout quand on met le pied dans les riffs bien éduqués et bourrés d’electro qui pullulent aujourd’hui sur les ondes. «On ne fait plus la différence entre rock et rock’n’roll, alors que c’est capital! Le rock s’est un peu assagi, oui. Il y a toujours eu des vagues moins furieuses dans l’histoire du rock. Il est devenu plus poli. Mais le rock’n’roll est toujours là, même s’il s’est probablement trompé de route, il y a longtemps déjà.» Black Rebel Motorcycle Club (BRMC), qui tire son nom de groupe d’un gang de motards mené par Marlon Brando dans le film «L’équipée sauvage», trace son chemin dans la poussière depuis une dizaine d’années sans jamais taper dans le haut des hit-parades. Sept albums, certains plus dispensables que d’autres, qui offrent à la guitare un autel éternel. Pour «Specter At The Feast», sorti il y a quelques mois, ils ont parfois réussi à atteindre la pédale des freins pour des ballades juteuses et mal peignées.

Quand il évoque la route mal empruntée, il pense surtout aux paillettes: «Nirvana, on était fan dès le début. Mais la chute de Kurt Cobain a prouvé que le fric tue le rock’n’roll. Il doit se retrouver une crédibilité.» Un groupe dont ils ont pu côtoyer le batteur, Dave Grohl, dans son récent projet et documentaire «Sound City». «Quand on peut rendre hommage à la musique jouée live et des studios mythiques, on ne se pose pas de question.»

Au moment de terminer la tournée précédente, les Américains sont tombés sur les rotules. Avec les errances qui vont avec. Comment continuer? «On se pose parfois la question lorsqu’on est exténués. Mais BRMC c’est notre histoire. Notre vie.» D’autant que la bande a dû digérer un drame plus abrupt que la fatigue: la mort du papa de Robert Turner, le bassiste, durant un festival en Belgique. Le papa, Michael Been, était le chanteur du groupe de new wave The Call et, accessoirement, l’ingénieur du son des Black Rebel. Le dernier album de BRMC abrite une reprise de The Call, «Let the Day Begin». Un hommage qu’il faut, du coup, gérer tous les soirs dans les décibels. «Ce n’est pas toujours facile de la jouer, mais c’est important pour nous tous. On a réussi à passer cette épreuve grâce à nos familles et notre soif de vivre et de jouer qui est intacte», se contente de préciser Peter Hayes, à la voyelle décidément toujours au ralenti. On revient au rock’n’roll. On lui demande s’ils se sentent un peu seuls dans la sciure, la vraie. «Non, pas vraiment. J’aime beaucoup The Black Angels par exemple. Vous savez, ce qui me fait chier surtout, c’est tous les clichés qui font le rock’n’roll. OK, on porte des lunettes, on ne dort pas toutes les nuits comme des bébés et on n’est pas très sage, mais tout ça ne fait pas du bon rock’n’roll. C’est une manière de vivre, sans concession.» Sans concession? Venant d’un type qui a fait trembler les cordes de sa guitare pour The Brian Jonestown Massacre lorsque ce groupe furieux et psychédélique jouait des coudes avec The Dandy Warhols, pendant une tournée tumultueuse immortalisée dans le documentaire «DiG!» en 2004, on le croit sur parole.

Et il suffira de fouler le Lab ce soir pour s’en rendre compte. «On joue avec Dinosaur Jr., que je n’ai jamais vu en concert, je me réjouis!» Nous aussi. (Le Matin)

Créé: 05.07.2013, 14h09

En direct de Twitter avec @lemondedekaro et @Fluckskywalker





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