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Philippe Delmas, alors directeur de la Communication et des affaires gouvernementales de l'avionneur européen Airbus le 12 janvier 2005 à Paris.
A l'époque, la version de Delmas était que son ancien ami Gergorin aurait essayé de le mouiller dans l'affaire Clearstream pour tuer la candidature de Forgeard à la tête du groupe européen de défense et d'aéronautique.
Car c'est une véritable guerre à laquelle se sont livrés les deux "Lagardère boys", Forgeard et Camus, après la mort prématurée et inattendue en mars 2003 de Jean-Luc, l'architecte industriel sans lequel EADS n'aurait pas vu le jour.
Un combat peu surprenant, car ce dernier n'avait pas préparé sa succession et avait joué sur la rivalité de ses deux lieutenants, faisant croire à chacun qu'il deviendrait un jour le patron, estime Bruno Lancesseur, coauteur de "Jean-Luc Lagardère, corsaire de la République".
A la mort de l'industriel, Camus copréside EADS depuis sa création en juillet 2000, Forgeard pilote l'avionneur Airbus, la plus puissante des filiales du groupe. Mais ce dernier n'a jamais supporté d'être aux ordres du "petit comptable", le surnom dont Camus a été affublé par les proches de Forgeard.
Son but: convaincre tout le monde qu'il est le meilleur et qu'à ce titre il doit diriger EADS. Tout seul. Il est soutenu dans sa quête obsessionnelle du pouvoir par Delmas, sous ses ordres depuis 1993 chez Matra, le groupe de défense de Lagardère, et qui l'a suivi chez Airbus en 1998.
En face: Gergorin, qui avait fait venir Delmas au début des années 1980 au Quai d'Orsay, puis chez Lagardère. Vice-président chargé de la division coordination stratégique d'EADS depuis juillet 2000, il défend Camus.
En vain, le 25 juin 2005, grâce à un intense lobbying --notamment auprès du président Jacques Chirac, dont il a été conseiller aux affaires industrielles entre 1986 et 1987, alors que celui-ci était Premier ministre de cohabitation--, Forgeard devient coprésident d'EADS.
Mais c'est une victoire à la Pyrrhus, car il doit partager le pouvoir avec l'Allemand Thomas Enders. Et en juillet 2006, il sera poussé à la démission, payant pour les retards du très gros porteur A380 et les accusations de délits d'initiés.
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