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Poutine nostalgique de l'Allemagne de l'Est

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine, ancien agent du KGB, a dit éprouver de la "nostalgie" pour l'Allemagne de l'Est où il fut en poste à l'époque communiste tout en estimant que la chute du Mur a permis des relations de confiance entre Moscou et Berlin.

AFP - le 08 novembre 2009, 19h53

Dans un documentaire baptisé "le Mur" tourné par la chaîne de télévision NTV, Vladimir Poutine évoque son séjour à Dresde, entre 1985 et 1990, qui lui a permis d'apprendre l'allemand et de comprendre une autre mentalité.

"Je me souviens encore de cette chaleur et de cette cordialité", a dit l'homme fort de la Russie, dans cet entretien qui devait être diffusé dimanche, à la veille du 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989, et dont les agences russes ont publié des extraits.

"Nous sommes devenus amis avec nos collègues, nous découvrions un nouveau monde, j'apprenais la langue, je communiquais avec des gens (...) Cela fait comprendre comment vivent les gens, ce qu'ils pensent et comment bâtir les relations avec eux", a-t-il poursuivi.

"Je suis très reconnaissant de cela. A cet égard, il y a un sentiment de nostalgie", a-t-il souligné. "Ce n'étaient pas les pires années de ma vie, je dirais même qu'elles étaient plutôt bonnes".

M. Poutine qui a été président de la Russie entre 2000 et 2008 a toutefois reconnu que les succès de l'Allemagne actuelle et les bonnes relations russo-allemandes rendaient sa nostalgie "secondaire".

Dans un discours à la Nation prononcé en 2005, quand il était le chef de l'Etat, Vladimir Poutine avait déclaré que l'effondrement de l'URSS en 1991 avait été "la plus grande catastrophe géopolitique" du XXe siècle.

Quant au Mur, il a confié avoir eu l'impression d'être face à quelque chose d'"artificiel" et d'"irréel" en le voyant pour la première fois.

"La division du peuple (allemand) était sans perspectives, il était évident dès le début qu'il ne fallait pas le faire", a-t-il fait valoir.

Selon M. Poutine, l'Union soviétique "n'avait jamais eu pour but de diviser l'Allemagne".

"L'Allemagne et le peuple allemand étaient otages de la lutte de deux superpuissances et de forces d'occupation à l'Ouest aussi bien qu'à l'Est", a-t-il dit.

De 1945 à 1994, l'armée soviétique fut l'une des quatre forces d'occupation à Berlin, l'ancienne capitale du IIIe Reich, aux côtés de celles des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France.

Avec le blocus de Berlin (1948-1949) et la guerre froide, la cohabitation tourna à la confrontation entre les deux camps et conduisit à la division de l'Allemagne, coupée en deux par le Rideau de fer.

Pour Vladimir Poutine, le principal résultat de la chute du Mur est une relation de confiance entre la Russie et l'Allemagne.

"En ce qui concerne le respect de nos intérêts au cours de la réunification de l'Allemagne, on aurait pu probablement faire autrement certaines choses", a estimé M. Poutine.

"Le principal point positif, c'est la nouvelle qualité des relations entre la Russie et l'Allemagne. Un sentiment de confiance et de reconnaissance. C'est l'un des fondements de nos relations", s'est-il félicité.

En dépit du fardeau de la Seconde guerre mondiale, la Russie entretient avec l'Allemagne de meilleures relations qu'avec la plupart des autres pays européens.

"Quoi qu'il se passe en Allemagne, il y a toujours un consensus intérieur en ce qui concerne le développement des relations avec la Russie", a-t-il ajouté.

Il a qualifié d'"ami" l'ex-chancelier allemand Gerhard Schroeder en soulignant qu'il avait également des relations "remarquables personnelles et professionnelles" avec la dirigeante actuelle, Angela Merkel.

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© Keystone

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