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Nicolas Sarkozy (C) et Jean-Pierre Raffarin (D) à Chatellerault, le 31 mars 2009
Le président, qui recevait les membres de la direction de l'UMP, a vertement reproché à l'ancien Premier ministre d'avoir annoncé son refus de voter au Sénat la réforme en l'état, dans une tribune publiée par le Journal du Dimanche.
"Une chose est certaine: la démarche que vous avez eue, ce n'est pas formidable", a lancé le chef de l'Etat, en allusion au texte co-signé par 23 autres sénateurs, inquiets des modalités de compensation de la suppression de cette taxe pour les collectivités locales.
"Est-ce que vous en aviez parlé avant au président ? Non. Au Premier ministre ? Non. Au secrétaire général du parti ? Non", a martelé Nicolas Sarkozy. "Une autre chose est certaine, c'est qu'elle ne sert pas notre famille, non plus".
"Quand il y a des réformes, c'est difficile. Seulement chacun doit y mettre du sien", a-t-il rappelé à M. Raffarin, qui était présent en tant que premier vice-président du conseil national de l'UMP.
"Il y a autour de nous un océan de fébrilité. Moi, je serai, quoi qu'il arrive un îlot de solidité. Ce n'est pas une tribune qui infléchira ma décision", a ajouté le président, en réaffirmant sa volonté d'aller jusqu'au bout.
"Ca ne sert à rien de dramatiser les choses. La réforme de la taxe professionnelle, elle se fera, parce qu'on ne peut laisser faire les délocalisations", a-t-il poursuivi, selon des participants.
"Il n'est pas question de tergiverser sur un engagement que j'ai pris et sur une réforme qui est indispensable à l'économie française", a insisté le chef de l'Etat.
L'ancien Premier ministre a fait profil bas durant ce "rappel à l'ordre assez hard", selon un participant. "Il n'y a pas eu d'éclat de voix, mais quand les choses sont dites calmement, c'est parfois plus dur encore", a ajouté un responsable de l'UMP.
"Sur la méthode, Raffarin a bien compris qu'il était en porte-à-faux avec l'équipe dirigeante et il a promis qu'il n'y aurait pas de problème au Sénat", lors de l'examen de la réforme", a précisé ce responsable.
Lors de la réunion, l'ancien Premier ministre a expliqué, selon des participants, qu'il avait juste voulu exprimer une "tribune de conviction", soulignant qu'il en avait déjà publiée auparavant sur le thème de la décentralisation.
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