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Les mutuelles revendiquent un rôle plus important dans le système de santé

La Mutualité française, en congrès à Bordeaux, va mettre en avant ses "valeurs" pour revendiquer un rôle plus important des mutuelles, notamment dans la gestion des très coûteuses maladies chroniques.

AFP - le 04 juin 2009, 12h16

Nicolas Sarkozy est attendu aujourd'hui par les quelque 3.000 délégués des mutuelles fédérées au sein de la Mutualité, réunis comme tous les trois ans pour définir les "orientations stratégiques" du mouvement, qui assure la couverture complémentaire santé de près de 38 millions de personnes.

Le débat souhaité par le président de la République après son élection sur les périmètres respectifs de la Sécu et des complémentaires santé n'a pas encore eu lieu et sa visite intervient dans un contexte tendu entre mutuelles et pouvoirs publics, sur fond de réorganisation du système de santé.

Le mouvement mutualiste a fustigé ces dernières semaines les "reculs" du gouvernement face au lobby médical lors de l'examen par le Parlement du projet de loi "Hôpital, Patients, Santé, Territoires".

Il déplore notamment la suppression de dispositions encadrant les dépassements d'honoraires et les gages donnés aux médecins hospitaliers inquiets de leur perte de pouvoir au détriment des directeurs d'hôpitaux.

Les mutuelles, qui sont à but non lucratif et ne sélectionnent pas les risques, voient dans la crise une nouvelle source de légitimité, face aux assurances privées qui leur grignotent des parts de marché.

"La recherche de profits de court terme est dénoncée (...) Le mouvement mutualiste peut de nouveau faire valoir sa modernité", estime le rapport qui sera soumis au vote des délégués mutualistes à Bordeaux.

Pour démontrer leurs capacités d'innovation, les mutuelles ont choisi le terrain des maladies chroniques ou affections de longue durée (ALD: maladies cardio-vasculaires, cancer, diabète, affections psychiatriques..), couvertes à 100% par la Sécu.

Les quelque 8 millions de personnes (14% des patients) relevant du régime des ALD concentrent près de deux tiers des remboursements de l'assurance maladie, et la quasi-totalité de leur croissance annuelle.

Le gouvernement s'est appuyé sur ce constat pour justifier la mise en place en 2009 d'une taxe sur les complémentaires santé (mutuelles, assurances privées, instituts de prévoyance), jugeant qu'elles devaient partager cette charge avec l'assurance maladie, qui a connu en 2008 un déficit de 4,4 mds EUR.

"Alors que les dépenses de santé ont augmenté de 32,2% (entre 2001 et 2006), leur chiffre d'affaires, constitué des cotisations des assurés, a augmenté de 48,2%", a récemment fait valoir le ministre du Budget, Eric Woerth.

Mais la Mutualité française, opposée à la taxe, propose en revanche d'intervenir en amont sur les dépenses.

"Nous voulons rationaliser le coût de la prise en charge des ALD mais aussi proposer aux patients les meilleurs services", a expliqué Jean-Pierre Davant, le président de la Mutualité, dans le Quotidien du Médecin.

Les mutuelles souhaiteraient pouvoir orienter des patients vers des centres de santé pratiquant le tiers payant, où les professionnels seraient rémunérés de manière forfaitaire --et non pas par un paiement à l'acte, qui ne favorise pas le suivi et la prévention selon la Mutualité.

Elles voudraient bénéficier d'une délégation de paiement de la Sécu et mettraient en avant les établissements et centres de soins qu'elles possèdent.

Le congrès sera l'occasion de conforter la stratégie de développement de ce réseau, qui comprend déjà une centaine d'établissements hospitaliers, des cabinets dentaires (434) et des centres d'optique (620).

"Nous voulons rationaliser le coût de la prise en charge des ALD mais aussi proposer aux patients les meilleurs services", a expliqué Jean-Pierre Davant, le président de la Mutualité.

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© Keystone

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