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Des plans sociaux vivement contestés chez Michelin depuis dix ans

Michelin a lancé depuis une dizaine d'années quelques plans de suppressions d'emplois, combattus par les syndicats, qui ont marqué l'opinion, de celui de 1999 pour lequel le gouvernement de Lionel Jospin s'était déclaré impuissant, à celui de Kléber Toul en 2007.

AFP - le 17 juin 2009, 16h27

L'arrivée en 1999 d'Edouard Michelin à la tête du groupe, alors en plein développement en Asie, avait été marquée par une restructuration massive en Europe, avec 7.500 suppressions de postes sur trois ans, dont 1.880 en France, malgré un bond de 20% des bénéfices.

Le jeune héritier, décidé à "dépoussiérer le groupe", justifiait la mesure par le besoin de réduire les coûts face à la montée de la concurrence, mais elle avait déclenché un tollé dans l'opinion.

"Il ne faut pas attendre tout de l'Etat et du gouvernement", avait alors lancé le Premier ministre Lionel Jospin. Les députés de la majorité avaient alors fait passer un "amendement Michelin" à la loi de modernisation sociale de 2002, obligeant les entreprises à négocier un accord sur les 35 heures avant d'engager un plan social, mais cette disposition a ensuite été abrogée.

La fermeture en 2000 de l'usine de fabrication de pneus de vélos Wolber de Soissons (Aisne), filiale de Michelin, dans le cadre du plan européen, avait suscité une vaine bataille judiciaire de ses quelque 400 salariés, qui dénonçaient une délocalisation en Inde.

Fin 2007, Michelin annonçait la fermeture en 2009 de son usine Kléber de Toul (Meurthe-et-Moselle, 826 salariés) où étaient fabriqués des pneus milieu de gamme, "très fortement concurrencés par des pneus importés de pays à faibles coûts de production" selon la direction.

Pour le comité d'entreprise, la fermeture était motivée par "le seul souci de l'augmentation de la rentabilité à court terme" de Michelin.

Lors des négociations sur le plan social, en février 2008, deux cadres avaient été séquestrés trois nuits durant.

Michelin s'est engagé à créer 900 emplois d'ici 2012 sur le secteur de Toul, via un centre d'appels et un centre de recyclage de déchets automobiles notamment.

Début 2008, le président du groupe, Michel Rollier, avait assuré qu'il ne fermerait "pas d'autre usine" en France.

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© Keystone

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