Lundi 26 septembre 2016 | Dernière mise à jour 06:39

Internet Des centaines de Suisses exigent de Google le droit à l'oubli

Des centaines de Suisses désirent effacer des liens les concernant sur Google. Le moteur de recherche sur Internet a reçu depuis la fin mai 1645 demandes de suppression. Elles visent 7085 adresses.

Des centaines de Suisses ont exigé de Google que des liens les concernant soient retirés

Des centaines de Suisses ont exigé de Google que des liens les concernant soient retirés Image: AFP

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Des centaines de Suisses exigent de Google le droit à l'oubli et ont demandé au géant américain d'effacer des liens les concernant.

Google est en train d'organiser le traitement des requêtes. Celui-ci devra s'effectuer au cas par cas et peut en principe débuter dès maintenant. Pour ce faire, «nous allons certainement embaucher des experts connaisseurs du droit suisse», déclare mardi Samuel Leiser, porte-parole de Google Suisse.

Ces demandes font suite à une décision de la Cour de justice de l'Union européenne, qui s'applique aussi en Suisse. En mai, les juges avaient estimé que les particuliers disposaient d'un droit à l'oubli sur Internet. Avec pour corollaire la possibilité de faire supprimer les liens vers des pages comportant des informations personnelles périmées ou inexactes.

Les moteurs de recherche ne peuvent pas invoquer la valeur journalistique d'un contenu pour refuser une demande de suppression, affirme Google. Cela signifie qu'un média «peut publier sur son site un article que nous ne serions pas en droit d'inclure dans les résultats de recherche», souligne dans une tribune David Drummond, directeur juridique de la société.

Droit à l'information du public

Une grande question pèse donc sur le processus: faire la distinction entre, d'une part, le droit à l'oubli d'une personne et la protection de sa sphère privée, et, d'autre part, le droit à l'information du public. Ceci afin de déterminer les liens à effacer et ceux à conserver, selon la situation spécifique de chaque pays.

A cette fin, Google n'a pour l'heure pas constitué de groupe de travail par pays. «Mais des équipes de spécialistes pourraient se charger d'une région ou d'un groupe d'Etats», avance Samuel Leiser.

Car le choix est délicat. De nombreuses demandes de suppression émanent d'anciens dirigeants politiques souhaitant faire retirer des articles qui critiquent leur gestion lorsqu'ils étaient en poste. D'autres proviennent d'hôteliers, mécontents de certaines critiques à leur encontre, illustre David Drummond.

«Pas compris le fonctionnement d'Internet»

Autre problématique, les résultats qui seront effacés sur google.ch apparaîtront toujours sur google.com. «Les juges qui ont émis ce jugement n'ont pas compris comment Internet fonctionne», fait remarquer Ruedi Noser. Le conseiller national (PLR/ZH) n'envisage pas d'intervenir au Parlement à ce sujet.

Google accueillerait pourtant favorablement du «soutien», indique Samuel Leiser. «La Cour de justice de l'UE nous demande d'appliquer, seuls, une décision compliquée. Car, dans ce domaine, rien n'est tout noir ou tout blanc.»

Rencontre avec le G29 jeudi

Les dirigeants du géant américain pourront évoquer leurs difficultés dans deux jours. Ils rencontreront, en compagnie de leurs homologues des autres moteurs de recherche, les autorités européennes de protection des données (G29) jeudi.

Google a pour l'instant formé un comité consultatif pour les 32 pays d'Europe concernés par l'arrêt de la cour. Ses membres, de diverses nationalités, exerceront la fonction d«experts indépendants.

Ils sont issus du monde universitaire, des médias, de la société civile ou sont spécialistes en technologie de l'information et en protection des données. Leur tâche: délimiter le cadre et émettre des directives pour traiter les cas particuliers.

Au niveau européen, Google a reçu depuis mai plus de 70'000 demandes de retrait. Ce qui représente quelque 250'000 pages sur la toile. (ats/nxp)

(Créé: 22.07.2014, 14h48)

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