ACCUEIL 25.5.2012 Mis à jour à 19h48

La première tablette pliable

Test

Conçue pour les nomades, la tablette P se ferme comme une huître et s'ouvre sur un écran carré, coupé en deux par une charnière. Original mais surtout frustrant.

Par Crivelli Marie-Antoinette . Mis à jour le 10.02.2012

1/4 Ecriture
Le double écran est surtout utile lorsqu'on écrit: d'un côté le clavier, de l'autre le texte.
Image: Michel Perret/Le Matin

   

On aime

-Son côté pliable qui protège naturellement l’écran
-Sa forme originale qui se distingue des autres
-Sa petite taille qui invite à l’emporter partout

On aime moins

-La sensation de perdre beaucoup de surface d’écran
-L'image coupée en deux et le format de lecture vertical imposé
-Les traces qui ne s’effacent pas juste d’un revers de manche

Détails techniques

Taille (fermée) : 7,9 x 18 x 2,6 cm
Poids : 372 g
Ecran tactile : 2 x 5,5 pouces (13,9 cm)
Résolution : 1024 x 480
Caméras : 5 mégapixels à l’avant, 0,3 mégapixel à l’arrière
OS : Android 3.2
Processeur : Nvidia Tegra 2
Stockage : 4 Go

Mots-clés

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Enfin une tablette multimédia qui sort de l'ordinaire. Elle s'appelle simplement P, et c'est la deuxième, après la S l'automne dernier, conçue par Sony. ( 13.3088 -3.28%) Originale par sa forme surtout, qui fait tout de suite penser à un grand étui de lunettes aplati. Autant dire qu'elle ne prend pas beaucoup de place dans un sac ou une veste. Et c’est bien le but recherché : être l'objet qu’on emporte partout, surtout qu’il ne pèse que 372 g. Quand on l’ouvre - ou quand on le déplie devrait-on dire - on obtient un écran carré, pour le moins inhabituel.

Deux demi-écrans

Première impression: c’est un joli objet; son cadre noir brillant y contribue pour beaucoup. Cela dit, les empreintes de doigts se voient tout de suite. Et à regarder de plus près, le plastique ne semble pas si solide. Venons-en à l’écran. Ou plutôt aux deux demi-écrans. La charnière qui les unit est costaude, et permet d’ouvrir la tablette à n’importe quel angle, jusqu’à un complet 180 degrés. Mais en ce qui concerne la surface d’écran proprement dite, ce qui frappe immédiatement, c’est l’espace perdu ! Alors qu’on tient en main un pavé de 18 cm sur 16, l’image n’est disponible que sur deux portions de 12 cm sur 6, soit en gros la surface d’une boîte de CD ou de deux smartphones côte à côte. Le sentiment de tablette en prend un coup. Mais la forme carrée reste intéressante.

Utilité du double-écran

Alors, une bonne idée, ce double écran? Prenons une application bloc-notes sur l’Android Market - la tablette P utilise le système d’exploitation Android 3.2 surnommé Honeycomb. Dès qu'on l'active, chaque écran adopte une fonction distincte : un clavier tactile apparaît en bas, et la page d’écriture au-dessus. De par la petite taille de la P, il est naturel de la saisir à deux mains et de taper à deux pouces, contrairement à une tablette plus grande que l’on tiendrait sur une paume et où l’autre index servirait de pointeur. Le clavier de la P est bien conçu, mais les petites mains doivent quand même faire un peu de stretching. Une tablette multimédia sert également beaucoup à surfer. Naviguer sur le Web est aisé, quoique toujours un peu déroutant avec cette charnière qui coupe en deux l’espace de vision. Pourtant on ne perd pas une ligne et pas un détail d’image, et on peut toujours « tirer » tactilement l’écran d’un côté ou de l’autre pour voir ce qu’il y a dans la marge centrale. Là encore, chaque fois qu’il faut écrire quelque chose, pour préciser une recherche par exemple, un clavier apparaît dans le panneau inférieur.

Pour d’autres applications, le double écran est moins évident. Prenons Angry Birds, le jeu auquel nul ne résiste. Par défaut, il s’affiche sur le demi-écran supérieur. C'est un peu frustrant alors on décide, par l’icône prévue à cet effet, de l’étendre au plein écran. Mais ça n’arrange rien, parce que l’oiseau fâché à catapulter est positionné en plein sur la charnière! Dans un jeu de précision, ce n’est pas une très bonne idée. Donc on revient à l’écran unique avec ce sentiment de perdre la moitié de la surface. Même impression quand on regarde une vidéo. Pour conserver un format 16 :9, le film se confine au demi-écran supérieur, et les boutons de commande s'affichent en dessous.

Orientation obligée

Parfois, la tablette P décide toute seule de l’orientation, sans qu’on en comprenne vraiment l’utilité. Exemple Shazam, le programme qui identifie la musique jouée à proximité. On lance l’appli et le programme fait aussitôt pivoter l’écran à 90 degrés pour occuper un seul panneau vertical pendant l’identification. On se demande bien pourquoi. De même avec la lecture. On télécharge un livre avec le programme maison Reader. Oh surprise, l’ouvrage s’ouvre lui aussi en pivotant à 90 degrés, et s’affiche sur deux panneaux verticaux. Autrement dit, on n’a pas d’autre choix que de lire du texte sur des colonnes de moins de 3 cm de largeur, sans pouvoir zoomer ni changer de disposition. Ridicule.

La tablette P est munie d’un appareil photo avec un capteur de 5 mégapixels. Sur un écran on voit ce que l'on va capturer, et sur l'autre les photos déjà prises. En ce qui concerne les vidéos, le son n’est vraiment pas à la hauteur de la réputation de Sony. Même sur les vidéos de démonstration – supposées être flatteuses – le son est étouffé, quelconque, relevant davantage d’un téléphone ordinaire que d’une tablette multimédia.

Quelques bémols

Le plus ennuyeux est en rapport avec l’autonomie. La batterie dure de 5 à 7 h selon les activités. Mais le temps de veille est incroyablement énergivore. Une nuit au repos l’épuise d'un tiers, ce n’est pas acceptable. Quant aux réseaux wifi, la P a parfois de la peine à se connecter là où d’autres mobiles s’accommodent d’un réseau peu puissant. Quant au prix conseillé, 629 francs, il est trop élevé pour inviter à la découverte de cet ovni.

Un mot encore sur les couvercles amovibles de la P, qui pourraient - si l'objet a du succès - être proposés en d'autres couleurs que le gris. La batterie et la carte mémoire microSD trouvent leur place sous la capot gris inférieur, qui s’ouvre en pressant deux boutons discrets. La carte SIM, si on souhaite en ajouter une pour utiliser le réseau mobile là où il n'y a pas de wifi, se met sous le capot supérieur que l’on fait glisser par pression. Mais ce couvercle a une fâcheuse tendance à se détacher tout seul selon les mouvements. On découvre aussi, près d'une charnière, un petit anneau pour attacher une dragonne. Mais Sony n'a pas jugé bon d'en donner une d'office.

(Le Matin)

Créé: 10.02.2012, 20h31

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