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«Si Steve Jobs était vivant, Apple ne sortirait pas d’iPad mini pour l’instant»

décodage

La rumeur annonce un iPad plus petit et à prix réduit pour le 12 septembre. Apple va-t-il se lancer dans le low-cost? Benoît Garbinato, professeur d'informatique à l'UNIL, analyse la stratégie du géant informatique.

Interview: Simon Koch. Mis à jour le 02.08.2012 1 Commentaire
Le consommateur est-il prêt à acheter une tablette de taille réduite? Pas sûr.

Le consommateur est-il prêt à acheter une tablette de taille réduite? Pas sûr.
Image: DR

Benoît Garbinato est professeur d'informatique à l'Université de Lausanne, où il dirige le Département des Systèmes d'information à la Faculté des Hautes Etudes Commerciales (HEC). Il suit la marque Apple depuis de nombreuses années. (Image: UNIL)

Et l'iPhone 5?

Plus qu'un nouvel iPad, le calendrier annonce avec davantage de certitude un nouvel iPhone. Les sites spécialisés prédisent un smartphone doté d'un écran légèrement plus grand. La taille du connecteur Dock en revanche serait revue à la baisse, rendant l'appareil incompatible avec les anciens accessoires.

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Le Matin - On attend pour cet automne un iPad mini à prix réduit. Un tel appareil a-t-il sa place dans la gamme d’Apple?

Benoît Garbinato: Si on regarde l’iPod, Apple a d’abord commercialisé une version haut de gamme du baladeur qui est resté leur unique modèle jusqu’à ce que l’entreprise décide d’attaquer le marché des lecteurs MP3 plus petits avec l’iPod mini et l’iPod nano. Il n’est pas impossible que la réflexion soit la même pour l’iPad.

Le marché ne semble pas prêt à accueillir une tablette plus petite pour le moment.

C’est la vraie question. Personnellement, je ne vois pas ce que le consommateur peut gagner d’un compromis entre un smartphone et une tablette complète. Si Steve Jobs était encore vivant, je mettrais ma main à couper qu’Apple ne sortirait pas d’iPad mini pour l’instant. Sous la férule de Jobs, la firme à la pomme a toujours lancé ses nouveaux produits avec la conviction qu’ils avaient ce quelque chose de plus capable de changer la donne et d'attirer de nouveaux clients. Maintenant que Steve Jobs n’est plus là, il n’est pas exclu qu’Apple ose un ballon d’essai. Ou alors, c’est que l’entreprise a trouvé l’ingrédient qui fera la différence et donnera envie de posséder une tablette plus petite. A ce stade, je ne vois pas ce que pourrait être cet ingrédient, mais qui sait...

Apple est associé au haut de gamme. Investir un segment meilleur marché n’est-ce pas un manœuvre risquée?

Apple ne fait pas de low-cost, mais la firme ne se positionne pas dans la catégorie luxe pour autant. A produits équivalents, les prix des d’Apple sont compétitifs. Sa réputation d’être une marque très chère lui vient des ordinateurs qu'elle produisait dans les années 80-90. Ils se vendaient à des prix fantaisistes, mais les choses ont changé depuis.

La marque à la pomme semble pourtant prisonnière de cette image: de bons produits, mais qui ont aussi un prix.

Prisonnière, non. Apple véhicule et soigne plutôt une image de produits innovants et sans failles. Mais cette médaille a un revers: les attentes des clients sont très élevées. C’est la raison pour laquelle la firme est la cible de «class actions» parfois absurdes.

Aux incessantes rumeurs, Apple répond inlassablement «No comment». Pour certains, ce flou paralyse les acheteurs et expliquerait la baisse des ventes de l’iPhone 4S au dernier trimestre.

Par définition, on ne maîtrise pas la rumeur, et Apple ne fait pas exception. Avec le temps, on sait néanmoins à quelle cadence Apple renouvelle ses appareils. Il est donc légitime d’attendre un iPhone 5 pour l’automne. Cette échéance peut pousser les gens à attendre le nouveau modèle, alors que d’autres attendent la baisse de prix des modèles précédents. Il n’est pas étonnant que les ventes baissent.

Un mégaprocès oppose Apple et Samsung depuis lundi. La guerre des brevets est-elle une bénédiction ou un poison pour l’innovation?

Appel n’a pas envie d’innover et de développer à grands frais des produits qu’imitera toute l’industrie. Je ne suis pas forcément optimiste pour l’entreprise de Steve Jobs, mais il faut dire que Samsung, depuis des années copie tout ce qu’il est possible de copier. A l'époque où les téléphones BlackBerry étaient la référence en matière de smartphone, les modèles de Samsung ressemblaient à des BlackBerry; aujourd'hui ils ressemblent à des iPhones. Et si on laisse faire, plus personne n’aura envie d’innover. La concurrence se fera uniquement sur la différence de prix, pas sur la différence de produits, et je pense qu'alors nous serons tous perdants. C’est ce qui s’est passé sur le marché des PC dans les années 90. (Newsnet)

Créé: 02.08.2012, 10h34

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1 Commentaire

Thierry Henry

04.08.2012, 17:43 Heures
Signaler un abus 2 Recommandation 0

Encore une personne qui a raté une occasion de se taire. Outre un manque de vision et des commentaires qui sont clairement diffamatoires pour Samsung, il faudra que ce monsieur nous explique pourquoi nous sommes "tous" perdants sur le marché des PC. En effet, pour le consommateur lambda, les PC, sans entrer dans les détails, n'ont jamais été aussi puissants et bons marchés. Répondre