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Le jeu vidéo joue son avenir

Phénomène

Le bras de fer entre les géants comme Nintendo, Sony et Microsoft n’a jamais été aussi féroce à l’E3 de Los Angeles. 2012 amorce un virage sans précédent.

Par Philippe Messeiller. Mis à jour le 11.06.2012
Le plus grand salon international du jeu vidéo et des loisirs interactifs, l’E3 qui s’est achevé la semaine dernière, n’a pas donné lieu à des annonces pour de nouvelles machines.

Le plus grand salon international du jeu vidéo et des loisirs interactifs, l’E3 qui s’est achevé la semaine dernière, n’a pas donné lieu à des annonces pour de nouvelles machines.
Image: Le Matin

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Les alternatives pour jouer maintenant et demain

LES CONSOLES DE SALON
Wii, PS3 et Xbox 360 se partagent le marché. Les trois machines sont en bout de vie. Nintendo se renouvellera à la fin de l’année avec sa Wii U. Sony et Microsoft le feront en 2013, voire 2014. Tous misent sur l’interconnexion.

L’ORDINATEUR
Le PC devient la citadelle des hardcore gamers. Avec ses puissants composants, son clavier et sa souris, il atteint des sommets. Mais son prix et la nécessité de s’adapter constamment sont un handicap.

LES CONSOLES PORTABLES
On retrouve Nintendo et Sony avec leur 3DS et Vita. Bien qu’innovantes, ces deux machines de poche ont de la peine à s’imposer face aux smartphones. Elles misent sur des jeux exclusifs.

LES SMARTPHONES
Les tablettes et les téléphones offrent des applications bon marché, faciles d’accès, rapides et inventives qui les font adopter tant par le grand public que par les gamers. L’avenir du jeu passe irrémédiablement par eux.

LES RÉSEAUX SOCIAUX
L’esprit communautaire fidélise les joueurs. Les éditeurs cherchent à l’instaurer sur tous les supports et pour tous leurs titres. L’envie de partager explique les réussites de Farmville ou de Minecraft sur Facebook.

LE CLOUD GAMING
C’est la synthèse des autres points. Vous ne possédez ni consoles ni jeux. Via votre TV, vous avez accès à des serveurs qui vous permettent de jouer en ligne. Le concept est déjà proposé avec succès mais il faut une très bonne connexion Internet.

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Derrière les sourires et les opérations de charme, l’Electronic Entertainement Expo (E3) de Los Angeles, qui vient de s’achever, a toujours ressemblé à un champ de bataille. Les annonces tonitruantes font office de munitions pour laisser la concurrence sur le carreau. Cette année, la tension a été plus grande que jamais dans la Mecque des professionnels du jeu vidéo. Normal, les ventes sont en berne. Et cela même si les supports (smartphones, tablettes) se multiplient, que les gens téléchargent sans compter et que de plus en plus de personnes se mettent à jouer.

Depuis trois ans, les chiffres d’affaires des principaux acteurs du divertissement électronique marquent le pas. Crise, parc de machines vieillissantes sans compter l’attaque des smartphones et des tablettes expliquent cette dégringolade. Comme la France (-6%), les Etats-Unis et le Japon (-8%) ou la Grande-Bretagne (-13%), la Suisse n’y échappe pas avec des recettes qui ont chuté de 18% pour les ventes de consoles et 4,5% pour les ventes de jeux.

De quoi faire grincer des dents. La distribution numérique (téléchargements) progresse, elle, mais ne parvient pas encore à compenser les pertes actuelles. Tout comme les jeux dans les réseaux sociaux et les applications pour les téléphones et les tablettes. Cela explique certainement pourquoi l’E3 n’a pas été, cette année, le rendez-vous des grandes annonces pour de nouvelles machines (Nintendo mis à part, mais on ne sait toujours pas quand sortira sa Wii U). Le salon 2012 a plutôt été celui des orientations stratégiques.

Finie l’arrogance Les géants doivent passer à l’offensive, revoir leur stratégie et trouver de nouvelles pistes. «Nous vivons sans conteste une période charnière de l’industrie du jeu vidéo», souligne Chris Lewis, le vice-président, Interactive Entertainment Business, Microsoft EMEA. Car l’avenir est loin d’être bouché. Des 60 milliards de francs en 2011 que pèse actuellement le marché mondial du jeu, on pourrait passer à près de 84 milliards en 2015, selon les chiffres de l’institut américain PWC. A titre de comparaison, le marché du disque ne pèse «que» 15 milliards de francs. La grande majorité de ce pactole proviendra des jeux sur mobile et sur Internet (réseaux sociaux et autres). Mais aussi des pays émergents. La Chine est devenue le deuxième marché pour le jeu vidéo juste derrière les Etats-Unis et en prenant la place du Japon. «La Chine, mais aussi la Russie, l’Indonésie et bien d’autres, sont très importants pour nous, reconnaît le fin stratège Chris Lewis. Dans ces pays, comme partout d’ailleurs, il est indispensable de soigner le consommateur, comprendre ses besoins en fonction de sa culture et y répondre.» Finie l’arrogance des années passées durant lesquelles ces géants s’imposaient au bulldozer.

Bon pour le consommateur Les principaux constructeurs ont déjà pris le vent et explorent de nouvelles pistes. Sony et sa console portable PS Vita, Nintendo et sa Wii U, Microsoft avec sa Xbox Smart Glass – qui se connectera avec tous les appareils du marché – ont insisté sur l’interaction entre les différentes machines (TV, tablettes, smartphones, consoles) qui hantent nos appartements. Les contenus deviennent complémentaires. Pour la première fois, l’offre se plie à la demande.

Finalement, cette période tendue est profitable pour le consommateur. Les prix baissent, les constructeurs et les éditeurs écoutent les besoins de leurs clients. Du jamais vu. «Et le meilleur est à venir. Je vous le promets», a lancé le président de Sony, Jack Tretton au terme de son show. On ne demande qu’à le croire. Décidément, 2012 restera un jalon dans l’histoire de l’industrie du jeu vidéo. (Le Matin)

Créé: 11.06.2012, 07h10



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