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Les journaux auront-ils disparu dans 10 ans?

Lift 14

Les nouveaux moyens de communication obligent les médias traditionnels à se réinventer. Romain Saillet, cofondateur de Medialab Session, les aide à à s'approprier la nouvelle culture de l'information. Rencontre.

Interview: Simon Koch. Mis à jour le 08.02.2014 9 Commentaires
Neila Romdane et Romain Saillet ont animé dans le cadre de la conférence Lift un atelier d'innovation médiatique.

Neila Romdane et Romain Saillet ont animé dans le cadre de la conférence Lift un atelier d'innovation médiatique.

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Internet et les nouveaux moyens de communication ont bouleversé la manière dont les gens consomment, vivent et créent l’information. Au milieu de cette tempête, les médias traditionnels s’interrogent sur leur place. Quelle plus-value offrir aux lecteurs d’un journal payant, face à une information qui se fait immédiate et toujours plus accessible?

En marge de la conférence Lift, un atelier était consacré vendredi à l’innovation dans le domaine des médias. Rencontre avec Romain Saillet, cofondateur de Medialab Session et sa comparse Neila Romdane.

Les journaux en papier existeront-ils encore dans 10 ans?

NR : C’est dûr à dire, nous ne sommes pas devins. Mais il est certain que les journaux doivent réinventer leur modèle d’affaires.

RS: Toucher du papier garde une dimension sensuelle. Même pour les nouvelles générations. C’est une grande force et on ne lui retirera pas. D’ailleurs aujourd’hui les magazines se portent bien.

NR: A Londres par exemple, un collectif publie chaque semaine sur papier les articles les plus lus du Guardian. Et ça marche assez bien. Leur slogan est: «Print is not dead» (l’imprimé n’est pas mort).

Si les magazines tiennent le choc, la presse quotidienne peut-elle survivre face à l’immédiateté de l’info en ligne?

RS: La presse quotidienne va avoir d’énormes difficultés à s’adapter. Avant, elle était de format le plus rapide pour communiquer une information. Aujourd’hui, en donnant des informations avec 24 heures de décalage, elle se classe presque dans le temps long. Il faut trouver de nouvelles formes de plus-value.

La plus-value est un mot magique souvent évoqué. Qu’entendez-vous exactement par là?

RS : La solution selon moi c’est le «slow journalisme». Les rédactions prennent du recul, font des enquêtes et suivent les sujets, pour donner de la valeur à l’information. Sur le fond, un rédacteur en chef qui demande à son journaliste d’écrire le même article que tout le monde lui demande de produire un contenu qui est le plus souvent déjà disponible gratuitement sur le Net.

NR: Un bon exemple est ce qui se fait sur le site d’information Slate. Vous trouvez des angles originaux, des articles qui prennent du recul par rapport à l’actu brûlante. Le tout soutenu par un modèle commercial intéressant, où les annonces sont très peu visibles.

RS: La valeur ajoutée peut aussi se trouver dans la manière de raconter l’histoire, la diversité des sources, le choix pointu des interlocuteurs, la profondeur du regard. Autant d’éléments qui prennent du temps. Plus que jamais, face à l’avalanche continue d’informations plus ou moins utiles, la communauté a besoin de journalistes pour décrypter le monde.

Qu’est-ce qui coince encore dans les rédactions?

RS : Le monde change, mais les médias ne changent pas de culture pour s’adapter à ce monde. Ils utilisent de nouveaux outils sans réaliser que ces outils sont issus d’une culture basée sur le partage, la construction à plusieurs, l’ouverture: la culture «hacker».

Plus concrètement?

RS: Le «Data Journalisme» est à la mode dans les rédactions. Mais le terme est mal choisi. Il se focalise sur la partie «données» du mouvement «Open Data», plutôt que sur la notion d’ouverture. Les données sont l’outil, alors que l’ouverture est cette culture dont je parlais avant.

Les journalistes pensent que leur profession est morte et ne voient pas qu’en face, dans la communauté «Open Data», des gens attendent avec impatience de leur parler. Ils ont besoin des journalistes pour que les données mises à disposition se transforment en articles et deviennent utiles.

Le monde change très vite et il est extrêmement compliqué pour les acteurs traditionnels de l’information d’évoluer avec lui. A Medialab Session nous souhaitons faire comprendre aux médias qu’il ne faut pas révolutionner le métier fondamentalement. L’évolution se fera d’elle-même si cette nouvelle culture est comprise. (nxp)

Créé: 08.02.2014, 03h17

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9 Commentaires

Ivan Rosset

08.02.2014, 11:16 Heures

Ce serait bien que le journaliste revienne à son but premier qui est l’enquête et la recherche de la vérité. Aujourd'hui c'est juste relayé ce qui passe sur les réseaux sociaux et même de diffusé de fausses informations (des décès, des fait divers ect..)non vérifiés. On revient a un époque ou l'on fera croire que un tel ou un groupe est mauvais, car plus rien n'est contrôlé. Répondre


Stefan Piller

09.02.2014, 10:08 Heures

Tant que les journalistes continueront de reprendre sans vérifications les dépêches de l'AFP ou ATS comme ils font maintenant, et bien les gens se désintéresseront de leur journaux. Les gens ont vite compris que tous les journaux écrivent exactement la même chose, propagent des semi-vérités et c'est facile de le voir...une simple recherche sur Google vient démentir souvent les articles...CQFD Répondre



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