Jeudi 29 septembre 2016 | Dernière mise à jour 02:35

Lift 14 Les journaux auront-ils disparu dans 10 ans?

Les nouveaux moyens de communication obligent les médias traditionnels à se réinventer. Romain Saillet, cofondateur de Medialab Session, les aide à à s'approprier la nouvelle culture de l'information. Rencontre.

Neila Romdane et Romain Saillet ont animé dans le cadre de la conférence Lift un atelier d'innovation médiatique.

Neila Romdane et Romain Saillet ont animé dans le cadre de la conférence Lift un atelier d'innovation médiatique.

Mots-clés

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Internet et les nouveaux moyens de communication ont bouleversé la manière dont les gens consomment, vivent et créent l’information. Au milieu de cette tempête, les médias traditionnels s’interrogent sur leur place. Quelle plus-value offrir aux lecteurs d’un journal payant, face à une information qui se fait immédiate et toujours plus accessible?

En marge de la conférence Lift, un atelier était consacré vendredi à l’innovation dans le domaine des médias. Rencontre avec Romain Saillet, cofondateur de Medialab Session et sa comparse Neila Romdane.

Les journaux en papier existeront-ils encore dans 10 ans?

NR : C’est dûr à dire, nous ne sommes pas devins. Mais il est certain que les journaux doivent réinventer leur modèle d’affaires.

RS: Toucher du papier garde une dimension sensuelle. Même pour les nouvelles générations. C’est une grande force et on ne lui retirera pas. D’ailleurs aujourd’hui les magazines se portent bien.

NR: A Londres par exemple, un collectif publie chaque semaine sur papier les articles les plus lus du Guardian. Et ça marche assez bien. Leur slogan est: «Print is not dead» (l’imprimé n’est pas mort).

Si les magazines tiennent le choc, la presse quotidienne peut-elle survivre face à l’immédiateté de l’info en ligne?

RS: La presse quotidienne va avoir d’énormes difficultés à s’adapter. Avant, elle était de format le plus rapide pour communiquer une information. Aujourd’hui, en donnant des informations avec 24 heures de décalage, elle se classe presque dans le temps long. Il faut trouver de nouvelles formes de plus-value.

La plus-value est un mot magique souvent évoqué. Qu’entendez-vous exactement par là?

RS : La solution selon moi c’est le «slow journalisme». Les rédactions prennent du recul, font des enquêtes et suivent les sujets, pour donner de la valeur à l’information. Sur le fond, un rédacteur en chef qui demande à son journaliste d’écrire le même article que tout le monde lui demande de produire un contenu qui est le plus souvent déjà disponible gratuitement sur le Net.

NR: Un bon exemple est ce qui se fait sur le site d’information Slate. Vous trouvez des angles originaux, des articles qui prennent du recul par rapport à l’actu brûlante. Le tout soutenu par un modèle commercial intéressant, où les annonces sont très peu visibles.

RS: La valeur ajoutée peut aussi se trouver dans la manière de raconter l’histoire, la diversité des sources, le choix pointu des interlocuteurs, la profondeur du regard. Autant d’éléments qui prennent du temps. Plus que jamais, face à l’avalanche continue d’informations plus ou moins utiles, la communauté a besoin de journalistes pour décrypter le monde.

Qu’est-ce qui coince encore dans les rédactions?

RS : Le monde change, mais les médias ne changent pas de culture pour s’adapter à ce monde. Ils utilisent de nouveaux outils sans réaliser que ces outils sont issus d’une culture basée sur le partage, la construction à plusieurs, l’ouverture: la culture «hacker».

Plus concrètement?

RS: Le «Data Journalisme» est à la mode dans les rédactions. Mais le terme est mal choisi. Il se focalise sur la partie «données» du mouvement «Open Data», plutôt que sur la notion d’ouverture. Les données sont l’outil, alors que l’ouverture est cette culture dont je parlais avant.

Les journalistes pensent que leur profession est morte et ne voient pas qu’en face, dans la communauté «Open Data», des gens attendent avec impatience de leur parler. Ils ont besoin des journalistes pour que les données mises à disposition se transforment en articles et deviennent utiles.

Le monde change très vite et il est extrêmement compliqué pour les acteurs traditionnels de l’information d’évoluer avec lui. A Medialab Session nous souhaitons faire comprendre aux médias qu’il ne faut pas révolutionner le métier fondamentalement. L’évolution se fera d’elle-même si cette nouvelle culture est comprise. (nxp)

(Créé: 08.02.2014, 03h17)

Sondage

Le canton de Vaud a-t-il raison d'interdire la mendicité sur son territoire?




Contact

Service clients

Abonnement et renseignements
Nous contacter
lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
Adresse postale:
Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne

Jetons

Services
  • Pratique et économique, commandez vos jetons

Publicité

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.