Jeudi 29 septembre 2016 | Dernière mise à jour 04:47

Addiction Parents, posez votre smartphone

La cyberdépendance ne touche pas que les enfants et les ados accros aux jeux en ligne. Les parents aussi peuvent avoir de la peine à poser leur smartphone, et passer complètement à côté de leurs enfants.

Parents workoholiques, accros aux réseaux sociaux ou aux jeux en ligne, la cyberdépendance peut prendre bien des formes, et les raisons de ne jamais lâcher son smartphone sont nombreuses.

Parents workoholiques, accros aux réseaux sociaux ou aux jeux en ligne, la cyberdépendance peut prendre bien des formes, et les raisons de ne jamais lâcher son smartphone sont nombreuses. Image: Reuters

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Un parent qui tient bébé d’une main et son smartphone dans l’autre. Cette scène toujours plus fréquente inquiète les professionnels de la santé. S’occuper du compte Facebook de son enfant, ça n’est pas s’occuper de son enfant. Et consulter ses mails pendant qu’on lui raconte une histoire n’est pas positif à tous points de vue.

S’il est facile de trouver sur le Net des conseils pour habituer les plus jeunes aux écrans, personne ne dit aux parents comment gérer leur consommation numérique dans le noyau familial.

«L’usage excessif des nouvelles technologies n’est pas l’apanage des jeunes, explique d’emblée la doctoresse Sophia Achab, responsable du programme NANT (Nouvelles Addictions, Nouvelles Thérapies) au service d’addictologie des HUG. Nous avons reçu jusqu'ici dans notre programme des patients âgés de 10 ans et demi à plus de 60 ans».

Parents «workoholiques», accros aux réseaux sociaux ou aux jeux en ligne: la cyberdépendance peut prendre bien des formes, et les raisons de ne jamais lâcher son smartphone sont nombreuses. Selon une étude britannique, plus de la moitié des personnes souffrent de nomophobie, la peur de ne pas avoir de téléphone mobile sous la main. Une addiction aux conséquences potentiellement négatives sur la cellule familiale.

Interférence dans la relation

«Il peut y avoir chez les parents cyberdépendants une perte du lien avec la réalité et une baisse de l’attention portée aux enfants», explique Nicole Perrenoud-Treyvaud, conseillère spécialisée en prévention et promotion de la santé à la fondation Santé bernoise.

Pour la doctoresse Achab, les adultes ne se rendent pas toujours compte qu’utiliser un smartphone ou une tablette pourrait créer des interférences dans l’interaction parent-enfant. «Le parent serait là avec son enfant sans être vraiment dans une disponibilité optimale dans sa relation avec lui, explique la psychiatre genevoise. Cela pourrait influer sur la qualité de l'accordage affectif nécessaire à l'épanouissement de cette relation». En effet, les échanges affectifs, par le regard ou le toucher, comptent beaucoup dans le développement du bébé.

Chez les plus grands, enfants ou ados peuvent se sentir rejetés et peu reconnus par des parents accros aux écrans. «C’est une situation sournoise, note Nicole Perrenoud car les adultes sont appelés à jouer les arbitres et à mettre des cadres. Face à un parent cyberdépendant ils se trouvent dans une situation où ils subissent».

La société pousse à l 'addiction

Comment quantifier l’usage excessif des nouvelles technologies pour un parent? Peut-on compter en heures? En minutes de connexion? «Il est difficile d’émettre une norme, souligne Sophia Achab. Et cette norme, si elle existait, devrait prendre en compte le contexte culturel. Au Japon par exemple, les écrans sont bien acceptés comme vecteurs d'information et de communication, au même titre que le papier. En Europe, les gens paraissent plus réticents.»

Selon cette spécialiste, on peut parler d’usage problématique dès que l’individu, enfant ou adulte en souffre, ou souffre des conséquences sur des domaines majeurs de la vie quotidienne. Pas question de diaboliser les écrans qui sont des supports de loisirs, d'éducation, voire de soins.

«Il ne faut pas culpabiliser dans tous les cas», ajoute Cyrill Gerber, thérapeute spécialisé dans les problèmes d’addiction chez Santé bernoise. Utiliser un smartphone en portant son enfant n’est pas bien différent, selon lui, d’une femme africaine qui porterait son enfant sur le dos pendant qu’elle bat le mil.

«Notre société pousse à avoir un comportement addictif avec tout et n’importe quoi. Il est normal que se créent des déséquilibres temporaires. La dépendance, c’est quand le curseur reste bloqué dans l’excès. Mais tant qu’une personne réalise le problème et parvient à remettre d’elle-même les pendules à l’heure, il n’y a pas lieu de s’inquiéter», conclut le thérapeute. (nxp)

(Créé: 21.03.2013, 07h57)

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