Samedi 29 avril 2017 | Dernière mise à jour 08:35

Cloud Google Drive s’intéresse de très près à vos données

Le service de stockage à distance de Google se réserve le droit d’utiliser et d’exploiter les données privées de ses utilisateurs. L'avocat Sébastien Fanti appelle à la prudence.

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Lire les petits caractères d’un contrat est toujours payant. Ce réflexe de consommateur averti vaut aussi sur internet. Le site américain CNET s’est penché sur les conditions d’utilisation des principaux services de stockage en ligne: Dropbox, Sky Drive et le tout nouveau Google Drive, lancé mardi.

Formulations floues

La firme de Mountain View a affirmé qu’elle ne fouinerait pas dans les données des utilisateurs, pas «même à des fins publicitaires», sans parvenir à rassurer les internautes les plus méfiants. Et pour cause. Voilà ce que l’on peut lire dans les conditions d’utilisation de Google:

«Certains de nos Services vous permettent de soumettre des contenus. Vous conservez tous vos droits de propriété intellectuelle sur ces contenus. Ce qui est à vous reste à vous.»

Jusqu’ici, tout va bien. C’est ensuite que ça se gâte. Accrochez-vous: «En soumettant des contenus à nos Services, par importation ou par tout autre moyen, vous accordez à Google (et à toute personne travaillant avec Google) une licence, dans le monde entier, d’utilisation, d’hébergement, de stockage, de reproduction, de modification, de création d’œuvres dérivées (des traductions, des adaptations ou d’autres modifications destinées à améliorer le fonctionnement de vos contenus par le biais de nos Services), de communication, de publication, de représentation publique, d’affichage ou de distribution public desdits contenus.»

En clair, Google n’exclut pas d’exploiter à sa guise les données qu’on le charge de stocker. Même s’il y a peu de chance que le géant du Net se mette à fouiller dans vos photos d’anniversaire pour commercialiser une image de tourte forêt noire, il se blinde juridiquement en usant de formules floues et contradictoires.

Du côté de Microsoft, qui administre le service de stockage à distance Sky Drive, c’est le même son de cloche.

Dropbox est plus restrictif

Les internautes attachés à leur propriété intellectuelle sont nombreux à préférer le Cloud concurrent de Dropbox. Dans ses conditions d'utilisation, le service se veut a priori plus restrictif en matière d’utilisation des données:

«En utilisant nos Services, vous nous fournissez les informations, fichiers et dossiers que vous envoyez à Dropbox (collectivement désignés sous l’appellation «vos effets»). Vous conservez l’entière propriété de vos effets. Nous ne revendiquons aucun droit de propriété de vos effets. Les présentes Conditions ne nous accordent aucun droit sur vos effets ou votre propriété intellectuelle, à l’exception des droits limités requis pour l’exécution des Services, comme cela vous l’est expliqué ci-après.»

«Il est légitime de se méfier»

L’avocat spécialiste des nouvelles technologies Sébastien Fanti prépare une thèse sur le Cloud Computing. Pour lui, les conditions d’utilisation comme celles de Google Drive impliquent un risque de plagiat. «Les services de stockage à distance sont très pratiques pour stocker des données anodines, comme des recettes de cuisine, explique l’homme de loi valaisan. Mais les utilisateurs devraient éviter d’y mettre des informations sensibles comme des listes de mots de passe, des copies de leur pièces d’identité, ou une œuvre originale.»

Il est donc légitime selon lui de se méfier du Cloud Computing, «tout en sachant que l’on n’y échappera pas. A mon sens deux types de services vont se dessiner. D’une part des Cloud de base, pour l’utilisateur lambda, et d’autre part des Cloud ultrasécurisés, garantissant la confidentialité des données qu’ils hébergent», prédit Sébastien Fanti. (nxp)

Créé: 27.04.2012, 08h05


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