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Les internautes sont toujours plus méfiants

Bug Facebook

Face à la fuite de données privées et des problèmes de sécurité, un nombre croissant d’internautes décide de fuir la toile. Mais pas forcément pour les bonnes raisons, avertit le spécialiste Stéphane Koch.

Mis à jour le 26.09.2012 4 Commentaires
En France, 35% des internautes considèrent l’insuffisance de la protection des données personnelles comme un frein à l’utilisation d’internet.

En France, 35% des internautes considèrent l’insuffisance de la protection des données personnelles comme un frein à l’utilisation d’internet.
Image: AFP

Trois questions à Stéphane Koch, formateur en technologies de l'inforamtion


Les internautes deviennent-ils plus méfiants avec des affaires comme le Bug Facebook?
Il y a un réveil ponctuel autour de la protection de la sphère privée. En soi c’est positif. Cette méfiance ne s’accompagne pas forcément d’une prise de conscience. Elle naît plutôt d’un sentiment de peur, et la peur est mauvaise conseillère. Les craintes des internautes vont baisser une fois que le soufflé sera retombé et seule une minorité va vraiment changer de comportement.

Cette peur n’est-elle pas légitime?
Elle est légitime dans la mesure où tout ce qui est mis en ligne peut potentiellement devenir public après un bug ou une faille de sécurité. Mais cette peur de la vie privée dévoilée au grand jour peut aussi être gérée facilement. Par exemple en réglant les paramètres de confidentialité ou en effaçant des réseaux sociaux les messages privés ou les informations sensibles. Bien sûr, la sécurité absolue n’existe pas, mais cela permet de réduire les risques.

Les géants du Web en font-ils assez pour protéger la vie privée des internautes?
Chaque personne devrait définir précisément ce qu’est sa sphère privée et ce qu’elle accepte de montrer au public. Aux sites ensuite de fournir des outils permettant de paramétrer le partage. C’est ce que fait Facebook, même si l’ergonomie des réglages pourrait être améliorée. L’affaire du «Bug» montre qu’une partie des internautes ne maîtrise pas ces moyens de contrôle.

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Depuis lundi, Facebook est sur la sellette alors que des utilisateurs français affirment que des messages très privés remontant jusqu’à 2007 ont été livrés au public. Info ou intox? Facebook dément catégoriquement toute «atteinte à la vie privée» mais le gouvernement français l’a sommé de s’expliquer.

Cet incident, potentiellement dommageable pour son image, survient quelques jours à peine après la publication d’une étude d’Havas Média, s’appuyant sur plusieurs enquêtes réalisées en France entre 2011 et septembre 2012 sur les «déconnectés subis» ou «choisis» d’internet.

Génération débranchée

Dans la «France des déconnectés», qui représentent plus de 18% de la population, il y a les exclus victimes de la fracture numérique, les «accrocs» qui veulent se sevrer, mais aussi ceux qui fuient volontairement internet par peur de «Big Brother». Ces derniers sont 3,64 millions, soit 7,2% de la population, selon cette étude intitulée «unplugged».

Cette nouvelle génération de débranchés émerge alors que 35% des internautes français (+5% en un an) considèrent l’insuffisance de la protection des données personnelles comme un frein à l’utilisation d’internet, selon une enquête du Crédoc réalisée en 2011 et citée dans cette étude.

Angoisses 2.0

Les «flippés» d’internet, comme les appelle Havas Média, internautes avertis (entre 35 et 59 ans), actifs ou jeunes retraités, diplômés et aisés, se méfient du réseau et de ses risques (réputation, piratages, infection, etc.).

Ils craignent une intrusion dans leur ordinateur ou une manipulation, pour eux ou pour leurs proches, au point que développeurs et assureurs rivalisent d’inventivité pour apaiser leurs angoisses.

Ces internautes, jaloux de leur intimité, limitent généralement à moins d’une heure la connexion quotidienne, ne donnent pas d’informations personnelles, n’expriment aucun sentiment ou opinion sur le web, et ne comprennent pas les réseaux sociaux et «ceux qui s’y exposent», explique Dominique Delport, PDG de Havas Média.

«Aucune raison de faire confiance»

Pour Stéphane Koch (lire interview ci-contre), formateur dans les technologies de l'information, cette méfiance envers les géants du Net est légitime, mais elle peut aussi être dissipée facilement. «Par exemple en réglant les paramètres de confidentialité ou en effaçant des réseaux sociaux les messages privés ou les informations sensibles», explique le spécialiste. Et de déplorer que la méfiance ne rime pas forcément avec une meilleure prise de conscience. «Bien des personnes qui se déconnectent d'internet le font car elles se sentent submergées par une sentiment de complexité».

Christine Balagué, titulaire de la chaire Réseaux sociaux à l’Institut Mines-Telecom, relève pour sa part un paradoxe. «Les gens ne veulent pas que Facebook utilise leurs données personnelles et ils n’arrêtent pas d’en mettre », explique-t-elle.

Pour Philipe Torres, le directeur du Département conseil et stratégie numérique de l’Atelier BNP, filiale de BNP-Paribas, «il n’y a aucune raison de faire confiance aux réseaux sociaux».

Selon lui, l’euphorie que suscite chaque innovation est suivie par un «retour sur terre. On en est là, visiblement, à cette période de désenchantement. Google est passé par là, Microsoft aussi».

Peur collective

En pointe sur ces thématiques, la députée européenne Françoise Castex souligne que «même s’il n’y a pas eu de bug, ce que la presse appelle une hallucination collective révèle une peur et une méfiance collective».

D’autant que les réseaux sociaux sont une mine d’information pour les recruteurs dans les entreprises et aussi pour les services de police, de gendarmerie et de renseignement, qui les scrutent attentivement au quotidien pour mener leur mission de prévention ou de surveillance.

Jérémie Zimmermann, cofondateur de la Quadrature du Net, organisation de défense des droits des internautes, juge aussi que l’épisode de lundi soir permet de mesurer «le pouvoir que l’on laisse à ces entreprises sur nos vies privées». Et de s’interroger: «Si la NSA (Agence de sécurité américaine, n.d.l.r.) veut avoir accès aux données de Facebook, pensez-vous qu’on pourra les en empêcher?» (Simon Koch/afp/Newsnet)

Créé: 26.09.2012, 14h30

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4 Commentaires

Michel Beaumont

26.09.2012, 15:28 Heures
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Deux choses très forte dans cet article. On veut faire passer ceux qui n'utilisent pas certaines de ces technologies pour les personnes qui ont un problème. Et le spécialiste qui ne voit en gros aucun problème. Facebook qui voit son action baissé ne voit d'autre solution que d'utiliser des stratégies publicitaires toujours plus agressive au détriment de la protection des données. Facebook maintenaDeux choses très forte dans cet article. On veut faire passer ceux qui n'utilisent pas certaines de ces technologies pour les personnes qui ont un problème. Et le spécialiste qui ne voit en gros aucun problème. Facebook qui voit son action baissé ne voit d'autre solution que d'utiliser des stratégies publicitaires toujours plus agressive au détriment de la protection des données. Facebook maintenant travaille avec Datalogix, ce qui n'est vraiment pas bon. Répondre


Michel Beaumont

26.09.2012, 16:33 Heures
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Deux choses très forte dans cet article. On veut faire passer ceux qui n'utilisent pas certaines de ces technologies pour les personnes qui ont un problème. Et le spécialiste qui ne voit en gros aucun problème. Facebook qui voit son action baissé ne voit d'autre solution que d'utiliser des stratégies publicitaires toujours plus agressive au détriment de la protection des données. Facebook maintenant travaille avec Datalogix, ce qui n'est vraiment pas bon. Répondre