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Le lobby des musiciens prépare sa revanche

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Taxer le Cloud, bloquer l'accès à Pirate Bay, criminaliser le téléchargement. Après le rejet d’ACTA par l’Union européenne, le lobby des musiciens suisses ne relâche pas la pression pour défendre le droit d’auteurs.

Interview: Simon Koch. Mis à jour le 05.07.2012 12 Commentaires
Le nouveau lobby des musiciens suisses compte regroupe une centaine d'artistes et de formations. Parmi eux le rappeur Stress.

Le nouveau lobby des musiciens suisses compte regroupe une centaine d'artistes et de formations. Parmi eux le rappeur Stress.
Image: Keystone

Christian Wicky, chanteur du groupe Favez, porte-parole de l'association Acteurs de la scène musicale suisse, et membre du Conseil de la SUISA. (Image: Keystone )

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L’association Acteurs de la scène musicale suisse s’est formée en janvier 2012. Son objectif: répondre au rapport des autorités fédérales qui conclut à une défense adéquate du droit d'auteur en Suisse. Le lobby compte aujourd’hui plus de 100 artistes et groupes suisse. Entretien avec son porte-parole, Christian Wicky, chanteur du groupe Favez.

Sur votre site, vous parlez de la Suisse comme d’un «Guantánamo du Copyright». C’est si grave que ça?

Christian Wicky: Nous avons dû hausser le ton pour nous faire entendre. Les musiciens suisses ne sont certes pas enchaînés et ne se baladent pas en pyjama orange, mais leurs droits ne sont pas respectés sur internet. Et la Confédération juge la situation actuelle satisfaisante, alors que les abus sont nombreux. Il suffit de regarder les grandes compagnies qui font de l’argent en distribuant nos contenus gratuitement.

Le traité anti-contrefaçon ACTA vient d’être rejeté par l'Union européenne. Vous n’avez pas l’impression d’aller à contre-courant?

Absolument pas. ACTA allait trop loin sur certains points. Il ne faut pas s’acharner sur le consommateur qui télécharge. En revanche, il est légitime de se retourner contre le site qui propose des liens vers des contenus piratés, ou même le fournisseur d’accès à internet qui profite aussi de ces offres illicites. Il y a des vrais coupables, ils ne sont pas si nombreux et sont assez faciles à bloquer. Il est absurde de penser qu’un site comme Piratebay puisse exister, alors qu’il propose à 98% des contenus protégés par le droit d’auteurs.

Télécharger un contenu piraté n’est pas interdit en Suisse. Seul le partage est illégal. Dans votre feuille de route vous indiquez vouloir criminaliser le download. Vous n’allez pas vous faire beaucoup d’amis.

Nous demandons à nos politiciens d’adapter les lois suisses à celles de nos voisins, où les artistes sont mieux défendus. Criminaliser le téléchargement fait débat dans l’association. Il ne s’agit pas de poursuivre chaque consommateur mais plutôt de contrer l’état d’esprit du «tout gratuit sur internet».

Vous voulez aussi étendre au stockage dématérialisé la redevance sur les supports vierges.

Nous devons nous adapter aux nouvelles technologies de stockage, comme le Cloud par exemple. Mais le streaming va monter en puissance ces prochaines années. Les gens vont de moins en moins télécharger des contenus. Au lieu de cela, ils les consommeront sous forme de flux. L’idée s’annonce impopulaire, mais nous imaginons une taxe de quelques centimes sur le trafic internet. Il ne faut pas manquer cette évolution.

Et la licence globale?

La piste mérite d’être explorée, mais un permis de télécharger généralisé, risque d’être beaucoup trop cher pour passer la rampe. Rien que pour la musique, il faudrait 5 francs par mois sur chaque abonnement suisse. Ajoutez le double pour les films.

Internet n’est pas un bon outil de promotion pour les artistes?

On a cru pendant 10 ans que le téléchargement libre était une bonne publicité pour les artistes, c’est complètement faux! En Suisse, la scène musicale a perdu 60% de ses revenus ces 10 dernières années. Le marché de la musique vendue est passé de 300 millions de francs à environ 100 millions. Ce chiffre englobe les ventes physiques et digitales.

Selon le rapport fédéral sur les violations du droit d’auteur sur internet, les gens qui téléchargent ne dépensent pas moins d’argent pour leurs loisirs. Au lieu d’acheter un CD, ils vont au concert, achètent un T-shirt.

C’est vrai, mais les musiciens suisses sont les perdants de l’équation. Le rapport prend en compte tout le marché du divertissement. Le CD vient d’une certaine manière subventionner le jeu vidéo. L’ado qui a 40 francs en poche sera plus enclin à s’acheter un jeu qu’un disque, qu’il peut très facilement télécharger.

Ce sont les majors qui perdent de l’argent, pas les groupes locaux, non?

C’est absolument faux. Tout le monde souffre du téléchargement. Il y a dix ans, un groupe local vendait entre 300 et 700 disques. Aujourd’hui, les ventes se situent entre 100 et 200. Dans l’esprit des gens, la musique est devenue gratuite. Et même des personnes qui aiment vraiment un petit groupe trouveront étrange de payer pour acheter son disque.

Est-ce vraiment la faute au téléchargement? Sur Pirate Bay les artistes membres de l’association ne sont pas présents en masse. Aucun album de Sarclo, à peine un disque de Stress.

J’ai trouvé toute la musique suisse que je voulais gratuitement sur internet. C’est le désir de gratuité qui est délicat pour tous les acteurs de la branche. La musique reste très chère à faire et ne devrait pas être gratuite. (Newsnet)

Créé: 05.07.2012, 17h31

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12 Commentaires

J.-C Scheurer

05.07.2012, 18:38 Heures
Signaler un abus 17 Recommandation 0

Je rajoute que les chanteurs ou musiciens sont des saltimbanques à qui l'on jette la pièce si leurs morceaux sont bien, par rapport aux gens qui travaillent toute la journée pour qq- milliers de Fr/mois, il est malvenu de vouloir gagner des millions sous prétexte d'avoir écris une chanson. Quand j'invente un nouveau plat et que mes amis qui le trouvent bon le recopie, je ne touche pas de royalitie Répondre


Fargas Ritchy Clerc

06.07.2012, 11:01 Heures
Signaler un abus 4 Recommandation 0

Quelles fournisseur en profite ?!?! Dites nous lesquels ?! Moi je n'en vois aucun...Adapter la loi Suisse à nos voisin ?!?! Eux ne le ferait pas pour nous.Je ne crois pas qu'on ait de leçon à recevoir de nos voisins...Pourquoi ne pas mettre aussi la police derrière chaque consommateur et lui demander de payer a chaque fois qu'il REGARDE la pochette du CD...ce serait mieux, non ?!... pffff Répondre