Peut-on combattre le marché noir industriel?
Concerts
—Par Fred Valet. Mis à jour le 09.02.2012 5 Commentaires
L'exemple du concert de Bruce Springsteen à Zurich
112 fr. 55: Prix maximum d’un billet auprès des revendeurs suisses officiels.
725 fr. 60: Prix maximum découvert sur le site Viagogo.
La revente de billets qui s’organise sous le manteau et aux abords des salles et des festivals a depuis quelques années un sérieux concurrent: le marché noir industriel. Actives sur Internet sous la forme de billetteries parallèles mais terriblement bien organisées, ce sont des dizaines de sociétés qui se remplissent les poches en jouant les intermédiaires de dernière minute. Prix exorbitants, services clients peu fiables ou inexistants et, parfois même, quelques grosses arnaques à la clé.
En France, le parti de l’UMP — oui, on est en pleine campagne présidentielle — a récemment sonné l’alarme en proposant un amendement visant à sanctionner «le fait de vendre des titres d’accès à une manifestation sportive, culturelle ou commerciale de manière habituelle et afin d’en tirer un bénéfice». Une annonce fracassante qui retentit peu après un soulèvement des artistes français contre le trafic de billets.
Ces sites proposent aussi des tickets pour des concerts organisés en Suisse, à l’image de celui de Bruce Springsteen à Zurich en juillet prochain. Alors que le stade du Letzigrund n’est toujours pas complet, on y trouve déjà des sésames à des prix fous. Mais, dans notre pays, a-t-on les moyens de se défendre alors qu’aucune loi n’existe? «Seule la loi sur la concurrence déloyale pourrait à la limite être invoquée. Mais légiférer tout seul dans notre coin ne sert à rien. Nous sommes trop petits et les intérêts ne sont pas assez importants. Et une simple loi se cognerait aux frontières.»
Pénurie provoquée
Pessimiste, l’avocat Sébastien Fanti reconnaît qu’il y a un véritable vide juridique, mais que la solution idéale n’existe pas. Même son de cloche du côté de la Fédération romande des consommateurs: «Le libre marché permet de faire ce que bon vous semble d’un bien que vous avez acheté. Mais ce sont des global players. Il faudrait s’organiser au niveau mondial pour les attaquer», analyse Mathieu Fleury, président.
Pour Michael Drieberg, patron de Live Music Production, une partie de la solution se trouve dans la réglementation du métier de producteur de spectacles et des sociétés de billetteries en Suisse: «Aujourd’hui, tout le monde peut organiser un concert. C’est dangereux. En officialisant le métier, on inciterait aussi les gens à acheter leurs tickets dans les points de vente autorisés, car par l’intermédiaire de ces sites parallèles, ils ont peu de chances de se voir remboursés en cas d’annulation. Et de plus en plus de gens se retrouvent bloqués à l’entrée avec un faux billet.»
Sauf que si les fans sont prêts à utiliser leur carte de crédit sur des sites douteux et pour n’importe quel prix, c’est que la pénurie existe véritablement. Une pénurie savamment organisée, qui risque, encore une fois, de faire grimper le prix officiel des billets déjà largement critiqué en Suisse. (Le Matin)
Créé: 09.02.2012, 21h38
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5 Commentaires
C'est trop cher ? La solution ? N'achetez pas ! :-)
Lorsque le stock de billets invendus sera trop grands, le prix baissera naturellement et ceux
qui se sont improvisés "revendeurs" pour faire du bénéfice vite fait, n'oseront plus retenter l'expérience.
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Il faut surtout se demander comment on en est arrivé là. Il y a quelques années le marché noir était interdit. Il y avait certes une "tolérance" à l'égard de ceux qui revendaient leur billet pour cause d'empêchement mais les revendeurs "multiples" étaient coincés et punis. Et les artistes et les sportifs avaient des exigences raisonnables. Spéculation, avidité et dérégulation, voilà l'explication! Répondre


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