Lundi 26 juin 2017 | Dernière mise à jour 02:10

Consoles et PC Paris vaut bien un jeu vidéo

«Assassin’s Creed Unity» place son action au cœur de la Révolution française. Rencontre avec Maxime Durand, un historien au service de l'un des principaux évènements de la saison ludique.

Paris à l'époque de la Révolution française modélisé pour le jeu «Assassin's Creed Unity».

Paris à l'époque de la Révolution française modélisé pour le jeu «Assassin's Creed Unity». Image: DR

Galerie photo

Les monuments du Paris révolutionnaire dans Assassin's Creed

Les monuments du Paris révolutionnaire dans Assassin's Creed Tels que modélisés dans le jeu et comparé avec la réalité.

Premier pas dans le costume d'Arno

Autant «Watch Dogs», le précédent jeu triple A d’Ubisoft faisait la part belle à la version PlayStation 4 (c’était sur cette plateforme que les médias avaient découvert la preview du jeu), autant «Assassin’s Creed Unity» a déroulé le tapis rouge pour la version Xbox One lors de sa présentation dans la capitale française. Editeur neutre, Ubisoft sait équilibrer ses faveurs.

Lors de la session manette en main, nous avons pu découvrir le Paris révolutionnaire dans la peau d’Arno Victor Dorian, effectuer une longue mission d’infiltration dans la cathédrale Notre Dame, quelques missions annexes et expérimenter un des modes de coopération en ligne (à deux ou à quatre simultanément).

Quelques heures de pratiques plus tard, on ne peut que constater que la cette première évolution conçue pour les consoles dernière génération conserve un haut pouvoir de séduction. D’un point de vue graphique, même s’il y a toujours une différence entre les images «in game» avec les yeux rivés à quelques centimètres de l’écran (la pixellisation et les crénelages de certains contours restent plus visibles qu’en visionnant des vidéos promotionnelles léchées à l’extrême), on ne peut pourtant pas parler de trahison. Le jeu reste d’une grand beauté, conforme aux attentes sur les consoles dernier cri, et sans défauts techniques apparents.

Outre la richesse de la modélisation, c’est la densité de la foule qui impressionne, un des aspects qui n'auraient pas pu être réalisés sur les machines de génération précédente. L’autre évolution qui nous a frappé est que le gameplay semble remettre au milieu du village les techniques d’infiltration. Ce qui n’est pas pour nous déplaire.

Au final, une immersion convaincante alors que la trame narrative globale reste encore mystérieuse. Mais ça, c’est voulu.

Les coulisses d'Assassin's Creed Unity - Première partie. (Video: DR)

Les coulisses d'Assassin's Creed Unity - Deuxième partie. (Video: DR)

Les coulisses d'Assassin's Creed Unity - Troisième partie. (Video: DR)

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Sur le parvis de Notre Dame, par une belle journée de septembre, les touristes encore nombreux se pressent devant l’entrée et s’apprêtent à admirer les fresques en circulant dans le sens des aiguilles d’une montre (ne laissant que quelques rebelles remonter le courant à la manière des saumons). La température est douce, les smartphones crépitent et stockent les selfies par centaines.

Sur le même parvis en 1793, la foule est en effervescence. Le règne de la Terreur vient de commencer, les soldats révolutionnaires tentent de maintenir un semblant d’ordre autour des tribunes improvisées devant lesquelles le peuple se presse. Sur le monument, des stigmates des violences passées sont encore visibles et Arno, le héros du jeu vidéo «Assassin’s Creed Unity», a toutes les peines à se frayer un chemin vers sa prochaine victime, cloîtrée au cœur de la cathédrale.

Non Sire, c'est une révolution

A l’initiative d’Ubisoft, géant français du jeu vidéo, les représentants des médias mondiaux étaient invités à Paris pour découvrir pour la première fois quelques aspects jouables du prochain volet de la célèbre franchise historicoludique. Après la Terre sainte, l’Italie, le Nouveau Monde et les Caraïbes, cette dernière place son action pendant la Révolution française. La session nous a permis de découvrir longuement quelques niveaux du mode solo et coopération de la superproduction (lire encadré) tout en ayant l’opportunité de constater sur le terrain le soin porté à la modélisation de la capitale et de ses principaux points d’intérêt: Notre Dame, donc, mais aussi la Conciergerie, l’Hôtel de Ville, le Louvre, le Palais de Versailles, le Palais du Luxembourg et la Sainte Chapelle (voir la galerie photo).

En sa qualité d’historien «maison», le Montréalais Maxime Durand était aussi du voyage. Il est de ceux qui ont veillé à ce que le jeu soit aussi historiquement correct que possible. Pour la modélisation de bâtiments mais aussi sur le plan de la chronologie des faits et des personnages. Une tâche qui relève de l’équilibrisme, sachant que jamais le poids de l’Histoire ne doit entraver le «gameplay» (que l’on traduira par l’expérience de jeu), le saint graal que tous les développeurs poursuivent. Engagé par Ubisoft au sortir de l’Université, Maxime a déjà collaboré sur des précédentes versions d’«Assassin’s Creed». Une de ses tâches: alimenter une base de données dans laquelle puisent tous les corps de métiers des neufs studios de développement qui ont travaillé sur le jeu. Il lui a fallu également arbitrer certains choix. Son travail n’a donc pas la verticalité de l’historien qui dispense son savoir mais plutôt du négociateur à la recherche du compromis qui laissera à la fiction s’épanouir dans la rigueur de la reconstitution, confie-t-il.

Plaisir et profondeur

Le joueur pourra-t-il se faire une idée correcte de ce qu’a été la Révolution française? «Je crois que oui, répond Maxime Durand. On est allé vraiment en profondeur, notamment sur le plan des fondements idéologiques de la période. Nous avons réellement essayé de faire comprendre ce qui se passait à l’époque. Le chaos mais aussi la quête du renouveau. Une période où tout le monde voulait participer au mouvement révolutionnaire (à part quelques rabat-joie) mais sans que personne ne sache vraiment sur quoi elle allait déboucher. Le but du jeu est bien évidemment de donner du plaisir mais aussi de distiller des éléments plus profonds.» Et de confirmer, comme il est de coutume dans la franchise, l’existence d’une forme d’encyclopédie au cœur du jeu: l’Animus Database. Cette dernière a été écrite par deux historiens externes, dont le Franco-Québécois Laurent Turcot. «Nous avons également fait réviser à deux reprises le script par Jean-Clément Martin, historien à la Sorbonne, un immense spécialiste de la Révolution française. Lors de la première relecture, il lui a semblé que l’angle du jeu était un tantinet royaliste, ce qui nous a conduit à faire quelques modifications. La seconde relecture a été validée.»

Faire de beaux enfants

A la question qui tue, soit d’évaluer en pour-cent le degré d’exactitude historique d’«Assassin’s Creed Unity», l’historien préfère botter en touche. «Je dirais que dans l’ensemble, la période décrite dans le jeu est crédible. Certains éléments que nous avons pris la peine de recréer très méticuleusement seront à peine remarqués par le joueur alors que d’autres, plus anachroniques, peuvent sauter aux yeux. Je ne vais donc pas me risquer à donner un pourcentage.» Autrement dit, respecter l’Histoire mais aussi parfois la trahir… en lui faisant de beaux enfants.

Maxime Durand est un sage.

«Assassin's Creed Unity» sort le 13 novembre 2014 sur consoles nouvelle génération (Xbox One et PlayStation 4) et PC (Le Matin)

Créé: 21.10.2014, 13h38


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