ACCUEIL 30.10.2014 Mis à jour à 18h59

Elle pond des œufs avec son sexe

Performance

L’artiste suisse Milo Moiré défraie à nouveau la chronique. Lors de cette deuxième performance vivante, réalisée à Cologne (All), elle a pondu des œufs avec son vagin.

Par Anne-Florence Pasquier. Mis à jour le 16.04.2014 194 Commentaires

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Il ne s’agit pas pour l’artiste suisse Milo Moiré, âgée de 31 ans, d’un clin d’œil aux œufs de Pâques. Mais bien d’une performance artistique et même de sa première peinture à la base de son art - elle crée avec son corps. Samedi, à la foire d’art contemporain de Cologne, complètement nue, elle a réalisé «PlopEgg #1, la naissance d’une peinture», à l’aide de son vagin dans lequel elle a introduit des œufs remplis de colorants, qu’elle «pondait» ensuite au-dessus d’une toile blanche et devant les visiteurs quelque peu interloqués.

Sa prestation a d’ailleurs défrayé la chronique en Allemagne, tout comme elle l’avait fait au niveau international, lors de sa précédente performance, il y a moins d’un an. En mai 2013, elle s’était baladée nue dans le tram de Düsseldorf, tôt le matin. Son ami, le photographe Peter Palm, avait alors filmé les réactions de passants et des voyageurs des transports publics. But de l’opération: bouleverser le quotidien des pendulaires.

Contactée, l’artiste suisse établie depuis plusieurs années en Allemagne affirme ne pas chercher ici à interpeller quiconque ou à attirer le regard… «Durant ma performance, j’étais si concentrée que je n’ai pas fait attention à la réaction du public, mais ils étaient assez calmes», confie-t-elle. Et d’ajouter: «C’est une expérience personnelle, intuitive dans laquelle, je peux développer une profonde intensité, mais aussi la sincérité de mon art. Je crée et j’utilise la source originale de la féminité, mon vagin.»

Prestation dérangeante

Lors de la préparation de sa performance, l’artiste a consciencieusement choisi les couleurs dans les tons rouges. «J’ai visualisé l’archétype même de la puissance artistique féminine: la création. J’ai utilisé l’œuf comme le symbole de naissance. La toile exprime le concept de tabula rasa et l’œuf a lui-même, une fois cassé sur la toile, un potentiel artistique», explique-t-elle. Elle-même en représentation face à un public de professionnels à Cologne, les images ont été publiées face à un public novice en matière d’art via la presse allemande.

«Lorsqu’on découvre ces images, tout de suite on se pose la question: est-ce que cela fait d’elle une artiste?» commente Gianni Haver, sociologue de l’image à l’Université de Lausanne. Pour ce spécialiste, il est clair qu’«on ne peut pas dire que ça choque. Aujourd’hui, une paire de fesses ne choque plus vraiment. Par contre, il y a un côté émoustillant et dérangeant à sa démarche. Elle questionne et teste une limite. Peu de femmes feraient ce qu’elle fait dans la rue. Elle ne révolutionne pas grand-chose à l’art contemporain, mais elle sait se faire remarquer.»

Même avis partagé par Christian Bernard, directeur du Musée d’art moderne et contemporain de Genève (Mamco). «C’est du teasing, la presse est victime d’une œuvre mineure de l’art contemporain comparé à d’autres artistes. Ce qu’elle fait n’est pas neuf. Elle met en évidence ce qui est de l’ordre du refoulé, ça évoque le sang et les sécrétions corporelles. Aujourd’hui, on les cache, c’est de l’ordre du personnel, il y a une pudeur. Cette performance signifie l’émancipation. Ce qui se faisait dès la moitié des années 60 jusqu’au début des années 70 où par le corps on se libérait. L’œuvre d’art n’est pas une marchandise, mon corps est une œuvre d’art, je ne vends pas mon corps.»

La poule aux œufs d’or

Et pourtant l’artiste suisse va bien exposer le résultat de sa performance, dans l’objectif de le vendre. «C’est peut-être là le triomphe du libéralisme, l’artifice est sympathique, a le mérite d’être bien construit, est joli et naïf, mais pas d’une grande importance», continue Bernard Christian. À voir, combien ses œufs pondus sur toile vont valoir sur le marché de l’art. À l’instar, de l’œuvre réalisée en 1961 de Piero Manzoni, «Merde d’artiste», nonante boîtes de conserves qui contenant les excréments de l’artiste se valent actuellement aux alentours de 30 000 euros l’une.

En attendant que sa toile atteigne de la valeur, Milo Moiré va continuer à représenter sa première performance, en se baladant nue dans les trams d’autres grandes villes européennes.

(Le Matin)

Créé: 16.04.2014, 07h04

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194 Commentaires

Peter Müller

16.04.2014, 08:22 Heures
Signaler un abus 739 Recommandation 74

ça une artiste!! N'importe quoi!! Une vulgaire exhibitionniste sans intérêt, rien de plus Répondre


Ghasa SODE

16.04.2014, 07:24 Heures
Signaler un abus 482 Recommandation 48

BOF BOF et BOF ! Répondre



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