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Steve Guerdat a un grand-papa en or massif

Hippisme

Le champion olympique de saut d’obstacles ne porte pas seulement le plus précieux des métaux autour du cou, il a aussi un grand-papa – Serge – adorable. Rencontre.

Par Jean-Claude Schertenleib. Mis à jour le 10.08.2012

1/6 Serge Guerdat, grand-père de Steve Guerdat, photographié dans son appartement de Bassecourt vendredi 10 août 2012, montre Steve enfant sur une photo géante de ses petits-enfants.
Sandro Campardo

   

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«Cela fait deux jours que je pleure.» Aïe, comment interpréter cette entrée en matière? Croire ce brave pépé au cœur immense? Il n’attend que cela, ce bougre qui ne peut s’empêcher de raconter des blagues, ce touche-à-tout qui finira par nous dire, sur le pas de sa porte, «ah oui, j’ai aussi été champion du monde. En Afrique du Sud.» Et là, ma foi, c’est sérieux, car Serge Guerdat, né en pays horloger, était si habile de ses mains qu’on lui doit quelques-unes des plus belles réalisations de l’histoire du modélisme aérien.

Dans son fauteuil

Il n’a donc pas pleuré pendant deux jours, mais une larme ou l’autre a coulé sur son visage, mercredi dernier: «J’étais assis ici, dans mon fauteuil, devant ma télévision, avec un whisky et un cigare (ndlr: Docteur, rassurez-vous: vous connaissez bien le Serge, c’est encore une de ses blagues. Il nous a juré qu’il prenait chaque jour ses médicaments). A la fin du premier parcours, je me suis dit: ouh, tout cela sent bon. Après, quand on a été sûr que Steve serait médaillé, j’étais heureux, même avec le bronze. Alors, l’or, vous pensez. Depuis, mon téléphone n’arrête pas de sonner, des cavaliers néerlandais, belges, qui me félicitent, qui me disent: «Serge, tu te souviens de moi?» Je réponds par l’affirmative, même si j’ai de plus en plus de peine à retenir les noms.»

Serge Guerdat est un patriarche heureux. Dans son petit appartement de Bassecourt, on découvre une photo géante, avec huit de ses neuf petits-enfants – la plus jeune n’était pas encore née au moment où le cliché a été réalisé. En pied, sur la gauche, visage timide, Steve Guerdat. Trente ans cette année, champion olympique. Et Serge, le grand-père, qui savoure, mais qui refuse de prendre sur lui une part du succès de son petit-fils. Même si… «Je crois que j’ai toujours aimé les chevaux. Quand j’étais gamin, j’allais aider un paysan à rentrer les foins uniquement pour la récompense qui m’était promise: au retour, je pouvais me tenir sur le dos du cheval, en m’agrippant à son collier. Ensuite, j’ai pratiqué un peu tous les sports; je devais avoir 35?ans quand j’ai participé à mes premiers concours, après avoir pris des cours chez Tintin Léchot, au manège de Bienne.»

Serge Guerdat est en selle et, déjà, Philippe et Michel, ne sont pas loin: «A 26?ans, la famille était complète, quatre enfants. Quand ils sont devenus un peu plus grands, mon épouse, qui n’aimait pas particulièrement le sport, m’a dit: «Je m’occupe des filles, toi va t’amuser avec tes fils et vos chevaux.» La deuxième génération était donc en marche. Philippe – le père de Steve, cavalier olympique à Los Angeles, puis à Séoul – et Michel, le plus fidèle des supporters du neveu en or, apprennent déjà à aimer, à respecter les animaux: «Philippe était tout gosse quand je l’ai installé sur un poney; quand il tombait, je l’obligeais à se relever et à y retourner. Un jour, une brave dame qui avait assisté à une de ces scènes s’est affolée: «On devrait vous dénoncer à la police pour mauvais traitement.» Si elle avait pu deviner, la dame.

Le talent précoce

La brillante carrière de Philippe Guerdat va bientôt, elle aussi, passer au second plan. C’est l’heure, désormais, de Yannick et de Steve: «Immédiatement, Steve s’est montré meilleur que son frère aîné. Lui (ndlr: Yannick est à côté, il rigole) se croyait en train de piloter une moto.» Grand-papa devient intarissable: «Puis, un jour, Steve est venu vers moi. C’était l’heure d’un choix décisif. Devait-il poursuivre son école de commerce ou choisir sa passion? Je lui ai dit de faire du cheval, qu’il aurait plus de plaisir. Mais je ne sais pas s’il a fait ce choix à cause de moi.»

On connaît la suite: une première médaille à Pékin, le top 10, l’or olympique mercredi dernier. Il est loin le temps où Serge Guerdat achetait son premier cheval: «Il ne voyait que d’un œil, mais celui qui me l’avait vendu ne l’avait pas dit.» (Le Matin)

Créé: 10.08.2012, 22h57

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