Vendredi 9 décembre 2016 | Dernière mise à jour 12:32

Enlèvement au Mali «Nous nous battons pour la maintenir en vie»

Pour Berne, libérer Béatrice Stöckli est une priorité mais cela ne sera «pas simple». Interview avec Didier Burkhalter.

Didier Burkhalter, conseiller fédéral chargé du Département des affaires étrangères.

Didier Burkhalter, conseiller fédéral chargé du Département des affaires étrangères. Image: Sebastien Anex

Malgré les risques, Béatrice Stöckli est retournée vivre à Tombouctou après son premier enlèvement. Décision qui provoque un vif débat en Suisse. (Image: Ahmed Ouoba/AFP )

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Béatrice Stöckli a été enlevée à Tombouctou par un groupe djihadiste deux fois en trois ans. La première, c’était en 2012. Après sa libération, la missionnaire évangélique avait décidé, contre toute attente, de retourner vivre dans le nord du Mali, toujours chahuté par la guerre. Elle a été enlevée une deuxième fois le 7 janvier.

La revendication d’AQMI est tombée cette semaine. Quelles sont les chances pour libérer l’otage?

Nous sommes devant un cas très délicat et très difficile à résoudre. Cette otage est enlevée pour la deuxième fois. Sa dernière libération avait pu être rapide, en quelques jours, parce qu’il y avait une demande claire des ravisseurs qu’elle ne revienne pas au Mali. C’est là, toute la difficulté. Nous avons pris connaissance de la vidéo de revendication, hélas sans grande surprise. Nous l’avons analysée. Et nous travaillons désormais sur différents scénarios. Mais nous demandons sa libération sans condition.

La question de la rançon se pose toujours…

Notre politique est claire. Il n’y a pas de paiement. Verser une rançon revient à préparer les enlèvements du futur. Or, les Suisses se rendent beaucoup à l’étranger: ils font plus de 16 millions de voyages par an. Ce serait un cercle vicieux. J’en appelle donc à la responsabilité de chacun. Il faut être conscient que dans le monde actuel, les risques d’attentats et d’enlèvements sont élevés.

Un deuxième enlèvement de la même personne… Allez-vous vous battre de toutes vos forces?

Oui. J’ai dit à mon équipe, et cela dès le jour de la disparition, que sa libération est une priorité. J’avais bien pensé que son attitude serait évoquée. On a l’impression que c’est tellement faux de retourner là où l’on sait que le danger existe. Ici, au département, nous le lui avons répété à plusieurs reprises. Mais c’est une missionnaire qui a estimé avoir sa vie et son rôle là-bas. Je ne juge pas cela. Désormais, nous jouons notre rôle avec les mêmes démarches et les mêmes efforts que nous avons toujours déployés.

Si elle est libérée, les démarches lui seront-elles facturées?

Nous avons une nouvelle loi qui permet que les charges liées à l’engagement de la Confédération pour une libération puissent donner lieu à des facturations. Surtout quand les personnes ont pris un risque qui peut être considéré comme excessif, compte tenu des informations, des avertissements ou des conseils aux voyageurs.

Le cas d’école est tel que la facture pourrait être des plus salées en cas de libération…

Je vous assure que ce n’est vraiment pas ma première priorité maintenant. Nous sommes dans un combat pour essayer de la maintenir en vie. Et ça ne va malheureusement pas être simple.

Y a-t-il d’autres otages suisses?

Non, heureusement c’est le seul cas! Nous avions eu cinq cas lors de la dernière législature, dont cette même personne. Et ils avaient tous été réglés. Nous avions eu beaucoup de chance.

Plus d'informations dans «Le Matin Dimanche» (Le Matin)

(Créé: 31.01.2016, 10h38)

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