Mardi 27 juin 2017 | Dernière mise à jour 06:56

Amiante 50 nouveaux dossiers pour relancer le procès Eternit

Le Parquet turinois a ajouté jeudi 50 dossiers supplémentaires à la procédure contre Stephan Schmidheiny dans le cas de 256 décès pour cancer de la plèvre liés à l'amiante d'Eternit.

A Turin, parents et amis des victimes ont observé un jour de grève suite à la décision de la Cour de cassation italienne qui a acquitté Stephan Schmidheiny. (Jeudi 20 novembre 2014)

A Turin, parents et amis des victimes ont observé un jour de grève suite à la décision de la Cour de cassation italienne qui a acquitté Stephan Schmidheiny. (Jeudi 20 novembre 2014) Image: Keystone

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«Nous n'abandonnerons pas», a dit jeudi 20 novembre le procureur Raffaele Guariniello. Mercredi à Rome, l'industriel suisse Stephan Schmidheiny a été acquitté par la Cour de cassation dans un autre volet du procès Eternit.

Les deux procureurs chargés de l'enquête, Raffaele Guariniello et Gianfranco Colace, poursuivent désormais M. Schmidheiny pour homicide volontaire aggravé de motifs abjects (la volonté de profit) et moyens insidieux (l'amiante).

«La Cour de cassation n'a pas prononcé une absolution. L'infraction a évidemment été commise», a déclaré Raffaele Guariniello à l'agence de presse italienne Ansa.

Deuil et colère

Stephan Schmidheiny, condamné à 18 ans en appel en 2013 - une peine assortie de 89 millions d'euros de dommages à verser aux victimes - a été acquitté mercredi en soirée à Rome. Le procureur de la Cour de cassation italienne, Francesco Mauro Iacovello, a en effet demandé l'annulation de la procédure. Il a estimé qu'en l'absence de normes juridiques spécifiques, la prescription était acquise depuis 1998, alors que l'enquête du parquet de Turin n'a débuté qu'en 2004.

Cette décision de la plus haute magistrature du pays a provoqué la colère des familles des victimes. A Albe, dans la province de Coni (Cuneo), les drapeaux du palais communal étaient en berne jeudi en signe de solidarité avec le maire de Casale Monferrato, Titti Palazetti, qui a proclamé la ville en deuil après la décision de la Cour.

Matteo Renzi réagit

Les réactions indignées se sont succédées de part et d'autre de l'échiquier politique. «Nous changerons le système des procès et les règles du jeu de la prescription», a assuré à la radio le chef du gouvernement italien Matteo Renzi.

Il promet une réforme de la justice dont les contours ne sont pas encore précis. «La justice doit être rendue au moment opportun. Nous ne pouvons pas céder devant la prescription. Les procès doivent être rapides et justes», a-t-il insisté sur Twitter.

Nouvelle réglementation demandée

De son côté, dans un communiqué publié jeudi, l'Union syndicale suisse (USS) a «réitéré sa demande d'une table ronde destinée à trouver des solutions dignes pour les victimes de l'amiante, ainsi que de la création d'un fonds d'indemnisation pour ces dernières».

Diaporama - A Turin, les victimes de l'amiante au cœur du procès d'Eternit (Février 2012)

L'USS a appelé à profiter de la révision du droit suisse de la prescription en matière civile, en ce qui concerne l'amiante, pour «prévoir une nouvelle réglementation des délais de prescription qui soit adaptée aux besoins des victimes et qui permette aux malades de l'amiante de demander une indemnisation des dommages qu'ils ont subis».

Hécatombe de cancers

De 1966 à 1986, la société Eternit a employé des milliers de personnes dans ses quatre usines d'amiante à Casale Monferrato, Cavagnalo et Rubiera dans le nord, ainsi qu'à Bagnoli, près de Naples. Depuis, quelque 3000 personnes, anciens employés ou riverains des usines, ont succombé à un cancer de la plèvre, et les décès se comptent encore par dizaines chaque année.

Massivement utilisée pendant des décennies dans la construction pour sa résistance à la chaleur, l'amiante est désormais au centre de nombreuses actions en justice dans le monde contre les industriels qui ont continué à l'utiliser même après avoir été informés de sa dangerosité. ( /ats/nxp)

Créé: 20.11.2014, 18h38


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