Après le naufrage, le pompage
Concordia
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Un mois après le naufrage du «Concordia», qui repose comme une énorme baleine échouée près des côtes de l’île italienne du Giglio, le pompage de son carburant a commencé hier à 16 h, soit un jour avant la date prévue. Le raccordement des réservoirs à un ponton flottant a été achevé jeudi et, par une mer calme, la société néerlandaise Smit a pu démarrer la vidange des cuves. A supposer que les conditions météo restent stables, les opérations se dérouleront pendant 28 jours sans discontinuer.
Les experts de Smit et leurs collègues de la firme italienne Neri doivent aspirer quelque 2400 tonnes de mazout encore contenues par le «Concordia», qui menacent le Giglio d’une marée noire. Si le navire sombre totalement et si ses cuves laissent échapper leur contenu, il pourrait s’agir du pire désastre écologique en Italie depuis le naufrage du pétrolier «Amoco Milford Haven» au large de Gênes en 1991. «Si le paquebot glisse encore et si le carburant commence à fuir dans l’eau, il pourrait falloir des années et des dizaines de millions d’euros pour venir à bout de la pollution», a estimé hier le chef de la protection civile Franco Gabrielli. Il a rappelé que les pompiers de la mer ont mis dix-sept ans pour nettoyer la marée noire et l’épave de l’«Amoco Milford Haven».
Ecosystème délicat
«Le fait que le «Concordia» transporte 60 fois moins de pétrole ne suffit pas pour rassurer les experts, signale pour sa part Christian van Singer, député écologiste vaudois au National. Ce navire touche pratiquement la côte du Giglio, un endroit ayant un écosystème délicat maintenu à l’état sauvage pour des raisons touristiques.» L’élu, ingénieur en physique, estime que, en cas de fuite des citernes, le carburant n’aura pas le temps de se disperser. «Nous parlons ici d’un produit distillé, qui recèle aussi éventuellement des additifs chimiques, et non de pétrole brut qui a tendance à couler», précise-t-il.
L’autre grande préoccupation est le retrait de l’épave, qui menace aussi l’écosystème en raison des milliers d’autres produits qu’on trouve à bord: détergents, peintures et autres polluants embarqués. Dans le meilleur des cas, l’opération pourrait prendre entre sept et dix mois, et la carcasse ne devrait donc pas disparaître de l’horizon des 800 habitants du Giglio avant l’été 2012. (Le Matin)
Créé: 13.02.2012, 06h49
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