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Barack Obama se confie à «The Atlantic»

Etats-Unis

Dans un long article, le président partage anecdotes, fiertés et regrets au sujet de la politique extérieure des USA.

Par Célia Héron. Mis à jour le 11.03.2016
Barack Obama apparait plus libre dans les médias alors que sa présidence touche à sa fin.

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Image: Keystone

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Justin Trudeau, Barack Obama et le gratin canadien

Justin Trudeau, Barack Obama et le gratin canadien
Barack Obama, qui quittera le pouvoir dans moins d'un an, et Justin Trudeau, qui vient d'y accéder, ont affiché jeudi à Washington leur complicité.

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Chose rare, Barack Obama a accordé plusieurs entretiens centrés sur les décisions les plus difficiles de sa présidence, qui s'achèvera cette année, au magazine The Atlantic du mois d'avril. Une version de l'article a été mise en ligne ce jeudi.

Il y détaille sa vision du monde et du rôle que jouent ou devraient jouer les Etats-Unis sur la scène internationale. On y apprend notamment que la politique extérieure de Cameron l'agace, mais pas autant que la politique intérieure de Netanyahu, que Poutine a toujours été ponctuel et poli avec lui, ou encore qu'il se félicite de ne pas avoir bombardé le régime d'Assad en 2013 malgré l'insistance de John Kerry.

«Il faut payer votre billet»

«Les resquilleurs m'agacent», lance le président en référence aux pays européens qui refusent de s'engager financièrement dans les coalitions militaires qu'ils défendent pourtant sur le papier.

Le journaliste Jeffrey Goldberg note que «Récemment, Barack Obama a prévenu la Grande-Bretagne qu'elle ne pourrait plus se vanter d'avoir avec les USA une "relation spéciale" si elle ne s'engageait pas à consacrer au moins 2% de son PIB à la défense.» «Il faut payer votre billet», a lancé Barack Obama à David Cameron, qui a ensuite accepté de relever son budget de défense.

Il aborde plus loin le sujet du terrorisme de façon très pragmatique, avançant que la peur, la psychose, est l'arme de choix des groupes comme EI qui règne sur les divisions. «Obama rappelle souvent à son staff que le terrorisme fait beaucoup moins de morts aux Etats-Unis que les armes à feu, les accidents de voitures, les chutes dans les baignoires.» «ISIL n'est pas une menace fondamentale pour les Etats-Unis. Le changement climatique est une potentielle menace pour le monde entier si on ne fait rien» souligne-t-il. Il compare néanmoins le groupe EI au «Jocker» de Batman: Sur les pays fracturés du Moyen-Orient, ces groupes «ont la capacité de mettre le feu». «C'est pour ça qu'il faut les combattre.»

Mauvaise volonté de Netanyahu

Au sujet du conflit israélo-palestinien, l'article confirme les désillusions de Barack Obama au fil des années de travail avec Benjamin Netanyahu.

Selon Jeffrey Goldberg, le président américain «a longtemps cru que Netanyahu pourrait porter une solution à deux états qui protègerait le statut de démocratie à majorité juive d'Israël, mais Netanyahu a trop peur et est trop paralysé politiquement» pour le faire, alors qu'il en aurait les moyens.

Poutine «n'est pas complètement idiot»

En ce qui concerne les efforts diplomatiques liés à la Russie, Barack Obama relève que Poutine ne lui a jamais manqué de respect pendant leurs nombreuses rencontres, qui ont mobilisé les médias américains ces dernières années. «En vérité, Poutine, au cours de tous nos meetings, est scrupuleusement poli, et très franc. Nos séances de travail sont très sérieuses. Il ne m'a jamais fait attendre deux heures comme il le fait avec d'autres».

Sur le fond, Poutine «cherche constamment à être vu comme un pair, à travailler avec nous, parce qu'il n'est pas complètement idiot. Il comprend que la position de la Russie dans le monde a diminué de façon significative.» Et le fait d'envahir la Crimée ou de s'impliquer en Syrie ne fait pas de lui un acteur puissant. «Vous ne le voyez jamais dans aucun de ces grands meetings essayer d'influencer les discussions. D'ailleurs, il n'y a pas un G20 au cours duquel les Russes ont décidé du programme lié à ces sujets cruciaux».

«Je suis très fier de ce moment»

Le président des Etats-Unis affirme également ne pas regretter - et se dit même «fier» - d'avoir renoncé à frapper le régime de Bachar el-Assad il y a près de trois ans lorsque ce dernier avait franchi une «ligne rouge» avec une attaque chimique.

A la surprise générale des Américains comme des observateurs internationaux, l'administration avait choisi de soumettre cette décision à un vote du Congrès, écartant de facto une action militaire à court terme. «Je suis très fier de ce moment», explique le président pendant l'interview.

«La perception était alors que ma crédibilité était en jeu, que la crédibilité de l'Amérique était en jeu.» «En appuyant sur le bouton pause à ce moment-là, je savais que cela aurait un coût politique pour moi.»

«Le fait que j'aie été capable de m'abstraire de la pression immédiate et de réfléchir à ce qui était dans l'intérêt de l'Amérique, pas seulement par rapport à la Syrie mais aussi par rapport à notre démocratie, a été l'une des décisions les plus difficiles qui soit. C'était la bonne décision à prendre.»

Lire l'intégralité de «La doctrine Obama» ici (en anglais) (nxp)

Créé: 11.03.2016, 01h32

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