Dimanche 4 décembre 2016 | Dernière mise à jour 12:55

Présidentielle française Berlin pose ses conditions à François Hollande

Pas d'état de grâce pour François Hollande: l'Allemagne a posé ses conditions. Elle a exclu toute renégociation du pacte budgétaire européen et toute initiative de «croissance par les déficits».

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Choix du Premier ministre

D'ici à la sa prise de fonctions, le nouveau président devra avoir avancé sur la formation de son gouvernement et le choix de son Premier ministre.

Jean-Marc Ayrault et la patronne du Parti socialiste Martine Aubry sont donnés favoris pour diriger son premier gouvernement.

C'est cette équipe qui ira à la bataille des élections législatives des 10 et 17 juin pour «confirmer» la victoire de François Hollande, espère la gauche. La droite, de son côté, met en garde contre une concentration excessive du pouvoir entre les mains des socialistes.

La France est régie par un système présidentiel à forte composante parlementaire, dans lequel le chef de l'Etat doit disposer d'une majorité à l'Assemblée nationale pour pouvoir gouverner. Dans le cas contraire, c'est le Premier ministre qui est le personnage-clé de l'exécutif.

François Hollande est le premier président de gauche depuis François Mitterrand (1981-1995). Il a été pendant onze ans chef du Parti socialiste, député, mais n'a jamais exercé de fonction ministérielle.

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Sous la surveillance des marchés et sans pouvoir espérer d'état de grâce, le président élu français François Hollande travaillait lundi à la formation de son gouvernement et préparait de difficiles discussions avec l'Allemagne sur la croissance en Europe.

Elu dimanche avec 51,62% des voix contre 48,38% au président sortant Nicolas Sarkozy, le socialiste est sous la pression d'un calendrier très serré et d'une situation en zone euro qui pourrait rapidement se dégrader.

Les élections législatives grecques, tenues en même temps que la présidentielle française, laissent planer le risque d'un pays ingouvernable.

«Aujourd'hui, c'est le travail, même s'il n'y a pas eu de transmission du pouvoir», a déclaré le président élu avant de réunir sa garde rapprochée.

Officiellement investi le 15 mai

François Hollande, 57 ans, sera officiellement investi le 15 mai. Sa première apparition à une cérémonie officielle en tant que président élu est toutefois prévue mardi: les cérémonies du 8 mai commémorant la fin de la seconde guerre mondiale, au côté de Nicolas Sarkozy.

«Constitution d'une équipe», «préparation de déplacements internationaux»: «c'est une semaine extrêmement chargée», a expliqué le directeur de campagne de François Hollande, Pierre Moscovici.

Il sait qu'il ne bénéficiera d'aucun «état de grâce», a confié l'un de ses plus proches amis, l'ancien ministre des Finances Michel Sapin.

Le nouveau président doit préparer une rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel immédiatement après son investiture. Elle s'annonce délicate, car la dirigeante allemande a posé ses conditions dès lundi, affirmant qu'il n'était pas question pour elle de renégocier le traité budgétaire européen.

Candidat snobé

La chancelière, qui avait snobé le candidat socialiste pendant la campagne, a assuré lundi que le président Hollande serait accueilli «à bras ouverts» pour sa première visite en Allemagne.

«Nous travaillerons bien et de façon intensive ensemble», a ajouté Angela Merkel, lors d'une conférence de presse à Berlin.

«La coopération franco-allemande est essentielle pour l'Europe et nous voulons tous que l'Europe réussisse», a-t-elle insisté, après avoir prévenu que le pacte budgétaire, déjà signé par 25 des 27 Etats membres de l'Union européenne, n'était «pas négociable».

Cette renégociation, pour adjoindre un volet consacré à la croissance, a été un des leitmotivs de François Hollande pendant sa campagne.

Prête à discuter

Si elle est fermée à toute renégociation de ce texte, l'Allemagne est prête à discuter d'une stratégie de croissance d'ici au sommet européen de la fin du mois de juin. «Nous devons maintenant sceller un pacte de croissance pour plus de compétitivité», avait ainsi affirmé dimanche son chef de la diplomatie Guido Westerwelle.

Dans beaucoup de pays d'Europe, l'arrivée au pouvoir du socialiste français est vue comme l'occasion de sortir de politiques uniquement tournées vers l'austérité.

«L'Europe nous regarde (...) Je suis sûr que dans bien des pays européens, ça a été un soulagement, un espoir, l'idée qu'enfin l'austérité pouvait ne plus être une fatalité», avait lancé François Hollande dimanche lors de sa première déclaration de président élu.

Ce rejet des politiques d'austérité s'est illustré dans les élections législatives grecques. Les partis qui avaient accepté les politiques d'austérité dictées par les bailleurs de fonds du pays, Union européenne en tête, ont été désavoués.

Ouverture des bourses à la baisses

Les bourses européennes ont ouvert en baisse lundi, en grande partie en réaction aux résultats en Grèce, épicentre de la crise en zone euro, avant de se redresser en partie, Paris revenant dans le vert dès la fin de la matinée.

«Quand on a des points de désaccord - il y en a beaucoup en ce moment entre François Hollande et la politique d'Angela Merkel -, il faut que chacun fasse un pas vers l'autre», a dit Jean-Marc Ayrault, un proche de François Hollande.

Dans l'esprit des Allemands, la croissance passe davantage par des réformes structurelles, comme celle du marché du travail, que par des investissements sur de grands projets européens prônés par François Hollande.

François Hollande doit aussi se préparer aux sommets du G8 (18-19 mai) et de l'Otan (20-21 mai) aux Etats-Unis, à qui il «annoncera le retrait des troupes françaises d'Afghanistan d'ici à la fin de l'année», a dit lundi son porte-parole, le député Manuel Valls. (afp/nxp)

(Créé: 07.05.2012, 13h12)

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