Mardi 27 septembre 2016 | Dernière mise à jour 10:09

Guerre en Syrie Boom du captagon, la «drogue des djihadistes»

Les autorités syriennes et libanaises tentent de mettre fin au trafic de captagon. Cette substance est très prisée des combattants en Syrie.

Les trafiquant risquent la peine de mort au Liban.

Les trafiquant risquent la peine de mort au Liban. Image: AFP

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Le chaos en Syrie a donné une formidable impulsion dans ce pays et au Liban voisin à la fabrication et au trafic du captagon, une drogue destinée aux combattants mais aussi très prisée dans les pays du Golfe.

Fabriqué à base d'amphétamine, le captagon, l'une des drogues les plus populaires au Moyen-Orient, est utilisé comme psychostimulant pour diminuer la peur mais aurait aussi des vertus aphrodisiaques.

Ces derniers mois, les services de sécurité syriens et libanais se sont lancés dans une chasse contre cette drogue, produite dans des lieux où les autorités locales sont laxistes ou inexistantes.

«Quand la crise a commencé en Syrie, ce pays et le Liban sont devenus des passerelles pour le trafic de captagon», explique à l'AFP un responsable libanais de la sécurité, sous couvert d'anonymat. «L'invention de cette substance ne date bien sûr pas de ces dernières années, mais quand le trafic a explosé, le Liban est devenu un pays exportateur», ajoute-t-il.

Reportage de France 24 sur le captagon

Mélangé à d'autres substances

Le captagon est classé par l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) comme une «amphétamine type stimulants». Il est généralement mélangé avec de la caféine et d'autres substances.

Le 30 décembre, les autorités libanaises ont annoncé qu'en coordination avec l'Arabie saoudite, elles avaient saisi 12 millions de pilules de captagon et arrêté le «cerveau» de la cellule chargée de l'exportation vers le Golfe.

Deux mois plus tôt, elles avaient appréhendé à l'aéroport de Beyrouth un prince saoudien et quatre autres ressortissants du royaume qui s'apprêtaient à quitter le pays avec près de deux tonnes de cette amphétamine.

24 millions de pilules

Le général Maamoun Ammouri, chef de l'agence syrienne anti-drogue, s'enorgueillit de son côté d'avoir mis la main en 2015 sur 24 millions de pilules, dont cinq millions saisies au port de Tartous (ouest) alors qu'elles étaient en partance vers le Koweït.

Dans la Syrie ravagée par la guerre, les autorités soutiennent que le captagon est produit dans des régions aux mains des rebelles, notamment le nord du pays et près de Damas.

Ces groupes «veulent répandre ce poison dans des régions contrôlées par l'Etat pour se financer et acheter des armes», assure l'officier supérieur syrien. «Ensuite, la drogue est donnée à leurs combattants afin qu'ils deviennent insensibles par exemple aux décapitations ou aux exécutions», explique-t-il.

Un ex-rebelle réfugié au Liban a confié à l'AFP qu'il consommait cet excitant avec ses compagnons d'armes car «il éliminait la fatigue et la peur et nous permettait d'être éveillés plus longtemps». «Cela nous donnait un courage et une énergie incroyables», a-t-il ajouté.

Selon un commandant rebelle syrien, «le groupe Etat islamique et le Front Al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda) ainsi que les groupes islamistes interdisent l'usage de ces drogues car cela contrevient à la loi islamique», mais elles en fabriquent pour engranger des fonds.

Production le long de la frontière

Au Liban, les ateliers produisant du captagon sont disséminés principalement le long de la frontière avec la Syrie, dans l'est ou le nord, selon la source de sécurité.

«Le fabriquer ne nécessite pas beaucoup de place. Il est possible de produire silencieusement des millions de pilules dans une fourgonnette», confie une seconde source de sécurité.

Un producteur de captagon dans la plaine de la Békaa libanaise (nord-est), qui refuse d'être identifié, explique que les trafiquants lui achètent des sachets contenant chacun 200 pilules. «Produire du captagon nécessite des amphétamines auxquelles s'ajoutent de l'alcool et de l'acide citrique», dit-il.

Il sèche ensuite les ingrédients avant de les mettre dans une presse utilisée généralement pour durcir les bonbons. Puis la drogue est exportée clandestinement à travers l'aéroport et le port de Beyrouth.

Prix élevé

«Le captagon n'est pas populaire au Liban et la demande est bien plus faible que pour les autres drogues en raison de son prix élevé, entre 5 et 10 dollars la pilule (4,6 à 9,2 euros)», note un responsable libanais.

«Les pays du Golfe sont les premier consommateurs, spécialement l'Arabie saoudite, à laquelle est destinée la majorité de la marchandise», indique-t-il. «Ils en consomment beaucoup car ils pensent que c'est un stimulant sexuel.»

Le ministère saoudien de l'Intérieur a annoncé en novembre avoir saisi durant l'année 22,4 millions de capsules de cette drogue. Les trafiquant risquent la peine de mort dans ce pays. (afp/nxp)

(Créé: 04.03.2016, 10h25)

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