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Brexit: la pression monte d'un cran à Bruxelles

Sommet européen

A son arrivée jeudi soir à la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement, David Cameron a averti qu'il rejetterait tout accord qui ne répondra pas à ses demandes de réformes.

Mis à jour le 18.02.2016 12 Commentaires
Le premier ministre David Cameron en discussion avec la chancelière allemande Angela Merkel.

Le premier ministre David Cameron en discussion avec la chancelière allemande Angela Merkel.
Image: Keystone

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David Cameron a réclamé jeudi aux dirigeants européens un «accord crédible», lors d'un sommet décisif des 28 à Bruxelles. Aux yeux du premier ministre britannique, il s'agit de la seule solution pour convaincre les Britanniques de voter pour que le Royaume-Uni reste dans l'UE.

A son arrivée à la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement, David Cameron a averti qu'il rejetterait tout accord qui ne répondra pas à ses demandes de réformes. «Je vais me battre pour la Grande-Bretagne. Si nous pouvons obtenir un bon accord, alors j'accepterai», a déclaré le premier ministre britannique.

«On a besoin d'un accord crédible pour le peuple britannique. Il y a un certain nombre de domaines sur lesquels nous devons progresser ce soir», a-t-il poursuivi.

David Cameron a, par ailleurs, estimé que la question de la place de la Grande-Bretagne dans l'Europe faisait débat depuis «trop longtemps». Il a ajouté que le sommet européen offrait «l'opportunité de régler le problème pour une génération».

Puissant euroscepticisme

Au Royaume-Uni, l'euroscepticisme est particulièrement virulent, pour des raisons à la fois historiques, identitaires, politiques et conjoncturelles. Le pays a ainsi été amené à remettre sans cesse en cause sa relation avec l'Union européenne (UE) jugée trop envahissante.

Sous la pression des eurosceptiques, David Cameron a promis l'an dernier un référendum sur le maintien ou non de son pays dans l'UE. Ce scrutin pourrait être organisé dès juin s'il arrache un accord.

Le premier ministre britannique a promis de faire campagne en faveur du maintien s'il obtient gain de cause. D'après les sondages, les électeurs britanniques restent très partagés. Une sortie de l'UE risquerait de provoquer une nouvelle crise majeure au moment où le continent est ébranlé par une crise migratoire sans précédent depuis 1945.

«Ca passe ou ça casse»

«Nous sommes au milieu de négociations encore très difficiles et sensibles», a reconnu jeudi le président du Conseil européen, Donald Tusk. «Une chose est claire à mes yeux: à ce sommet, ça passe ou ça casse», a-t-il ajouté.

Pour le président français François Hollande, un accord est «possible» pour éviter un «Brexit» Toutefois, a-t-il dit jeudi, cet accord ne «doit pas empêcher l'Europe d'avancer».

Et d'ajouter, à l'adresse du Premier ministre britannique, «aucun pays ne doit avoir un droit de veto, aucun pays ne doit se soustraire à des règles communes ou à des autorités communes (...) C'est l'Union européenne qui est en cause, pas simplement un pays dans l'Union Européenne», a-t-il souligné.

«C'est l'heure de vérité», a, quant à lui, lancé le Premier ministre belge Charles Michel. Son pays est l'un des plus réticents à accorder des concessions à Londres. «Nous voulons un bon accord mais pas à n'importe quel prix», a renchéri la Première ministre polonaise Beata Szydlo.

Des sujets épineux

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s'est dit «assez confiant» sur l'issue de ce sommet qui s'achèvera vendredi. Il reste des revendications délicates à trancher.

«Sur certains points, il faut encore aller dans les détails», a précisé Martin Schulz, le président du Parlement européen. Le législatif sera amené à voter certaines modifications législatives si un accord est trouvé.

David Cameron souhaite en particulier limiter l'immigration de travail intra-européenne, et protéger les intérêts de la City, première place financière d'Europe.

«Spécificité britannique»

Le texte de 18 pages qui sert de base de négociation, selon une copie circulant jeudi matin, contenait encore plusieurs passages entre parenthèses, c'est-à-dire non agréés. Ils illustrent les divergences qui persistent.

S'ils sont disposés à reconnaître la «spécificité britannique», les Européens veulent éviter toute «contagion» à d'autres Etats membres des concessions accordées à M. Cameron. Par exemple la possibilité de restreindre les prestations sociales aux ressortissants européens travaillant en Grande-Bretagne.

Cette mesure controversée, jugée «discriminatoire» au regard du principe «fondateur» de libre circulation, inquiète les pays d'Europe centrale et de l'Est dont elle vise les travailleurs.

«Mécanisme de sauvegarde»

Donald Tusk a donc proposé un «mécanisme de sauvegarde» autorisant Londres à limiter temporairement les allocations sociales aux migrants européens. «Un costume taillé sur mesure pour le Royaume-Uni», selon un diplomate européen.

Mais le diable est dans les détails, en ce qui concerne notamment la durée des coupes sociales. «La question reste ouverte. Ce sera aux dirigeants de décider», selon un diplomate d'Europe centrale.

Soutien de Merkel

David Cameron avait reçu mercredi le soutien d'Angela Merkel. Selon la chancelière allemande plusieurs revendications de Londres sont «justifiées».

Même sur la question sensible de la limitation des prestations sociales, Angela Merkel appuie le Premier ministre britannique. «Ces demandes sont aussi compréhensibles et justifiées», a-t-elle martelé mercredi devant le Bundestag. (ats/nxp)

Créé: 18.02.2016, 22h37

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12 Commentaires

Pierre-André Haldi

18.02.2016, 23:01 Heures

L'UE doit rester ferme sur ce qui constitue ses fondements et ne pas céder au chantage de Cameron. L'Angleterre veut quitter l'Union? Grand bien lui face, elle n'en a d'ailleurs jamais sincèrement fait partie (Euro, Schengen ... ). En cas de Brexit, l'UE perdra peut-être l'Angleterre (qui, elle, perdra bien plus) , mais pourrait bien gagner à terme l'Ecosse qui ne jouera pas, elle, un double jeu. Répondre


Hubert Giot

18.02.2016, 23:54 Heures

Un peu de chantage de la part des Anglais, mais Merkel est responsable de cette situation depuis qu'elle a ouvert les frontières sans consulter ses partenaires. Répondre



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