Dimanche 4 décembre 2016 | Dernière mise à jour 11:04

«Brexit» Cameron échoue à rallier à sa cause le maire de Londres

Le premier ministre britannique a tenté en vain de convaincre le maire de Londres Boris Johnson de ne pas rejoindre le camp de ceux qui veulent quitter l'Union européenne.

David Cameron (à droite) n'est pas parvenu à convaincre le maire de Londres Boris Johnson (à gauche).

David Cameron (à droite) n'est pas parvenu à convaincre le maire de Londres Boris Johnson (à gauche). Image: ARCHIVES/Keystone

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Premier ministre britannique David Cameron a échoué à rallier le maire de Londres à la campagne pro-UE. A quatre mois d'un référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne, le charismatique Boris Johnson a rejoint dimanche le camp des conservateurs pro-Brexit.

«Je ferai campagne pour partir» de l'Union européenne, a annoncé Boris Johnson dimanche lors d'une allocution devant son domicile à Londres. «Il ne faut pas confondre les merveilles de l'Europe, les vacances en Europe, la nourriture fantastique et les amitiés etc. avec un projet politique qui est en marche depuis des décennies et menace maintenant d'échapper au contrôle démocratique», a-t-il justifié.

Son entrée en campagne dans le camp pro-Brexit constitue un revers pour David Cameron. Le Premier ministre avait jusqu'ici réussi à éviter la défection des principales personnalités du parti conservateur, comme Theresa May.

Il avait d'ailleurs tenté de rallier Boris Johnson plus tôt dans la journée en lançant sur la BBC: «Je voudrais dire à Boris ce que je dis à tout le monde, à savoir que nous serons plus en sécurité, plus forts et plus prospères dans l'Union européenne».

Loin de Nigel Farage

Boris Johnson a annoncé qu'il se tiendrait éloigné de personnalités comme le chef du parti europhobe Ukip, Nigel Farage, et l'ex-député George Galloway, figures phares du Brexit. Il ne participerait pas non plus à des débats télévisés contre son parti d'ici au référendum prévu le 23 juin.

Dans le camp des conservateurs pro-Brexit, le maire de Londres rejoint cinq ministres, dont le titulaire du portefeuille de la Justice, Michael Gove, ami personnel de Cameron, et le candidat conservateur à la mairie, Zac Goldsmith.

«Compte tenu du temps qu'il avait, (David Cameron) s'est très bien débrouillé» dans sa renégociation avec ses partenaires européens, a salué Boris Johnson. «Mais je pense que personne ne peut prétendre que (cet accord) est une réforme fondamentale de l'UE ou de la relation de la Grande-Bretagne avec l'UE», a-t-il jugé.

Bis repetita en Ecosse

Le premier ministre a quatre mois pour convaincre ses compatriotes du bien-fondé de l'accord qu'il a négocié jusqu'à tard vendredi soir à Bruxelles pour renforcer le «statut spécial» du Royaume-Uni.

Selon le premier sondage réalisé depuis l'accord pour le Mail on Sunday, 48% des Britanniques interrogés ne veulent pas quitter l'Union européenne, 33% sont pro-Brexit et 19% sont encore indécis.

Avec ce référendum, David Cameron joue sa place dans l'Histoire, d'autant plus qu'un Brexit provoquerait l'organisation d'un nouveau référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, comme l'a rappelé dimanche la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon. Lors du premier référendum en septembre 2014, le «non» à l'indépendance l'avait emporté par 55%.

Le ton monte

Conscient des enjeux, David Cameron a lancé toutes ses forces dans la bataille dimanche, profitant de ce programme sur la BBC, très regardé, pour attaquer le camp des pro-Brexit, qui arguent que le Royaume-Uni serait plus souverain en dehors du bloc des 28.

«La souveraineté signifie être vraiment en mesure de faire les choses», a-t-il déclaré. «Si vous ne pouvez pas obtenir l'accès au marché unique pour vos entreprises, si vous ne pouvez pas assurer la sécurité des gens, alors vous êtes moins maître de votre destin.»

«Nous sommes proches de l'une des plus importantes décisions de notre vie», a averti le Premier ministre britannique. En quittant l'UE, le Royaume-Uni n'aura qu'une «illusion de souveraineté», a-t-il martelé. Boris Cameron a annoncé le dépôt prochain d'un projet de loi visant à protéger la souveraineté du Parlement britannique.

«Si nous partons, ce sont potentiellement sept ans d'incertitudes, et à la fin de ce processus, aucune garantie que nos entreprises auront un accès complet au marché» européen, a-t-il encore prévenu.

Et si le Royaume-Uni parvient à conserver l'accès au marché unique, il devra non seulement accepter les règles de ce marché sans avoir un droit de regard sur elles, mais il devra aussi accepter la libre circulation des personnes et contribuer au budget européen, a encore rappelé Boris Cameron. (ats/nxp)

(Créé: 21.02.2016, 22h50)

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