Jeudi 8 décembre 2016 | Dernière mise à jour 06:25

Union européenne Crise des migrants: le camp des durs donne de la voix

Avant un sommet européen crucial en fin de semaine, Vienne a rallié le camp des intransigeants mené par ses voisins d'Europe de l'Est.

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Prôner la fermeture des frontières aux migrants n'embarrasse plus l'Autriche. Convaincus que les solutions défendues par l'Allemagne ne suffiront pas, les partisans de mesures radicales musclent leur discours.

L'Autriche a annoncé mardi l'instauration d'un quota journalier de demandeurs d'asile admis dans le pays depuis la Slovénie. Cette mesure s'aligne sur l'objectif «de freiner pas à pas» les entrées sur son territoire, selon les termes de la ministre de l'Intérieur Johanna Mikl-Leitner (ÖVP, conservateur)

Quatre kilomètres de grillage

Ce plafond pourrait s'accompagner de dispositifs sécurisés, voire de quelques kilomètres de clôture à la frontière sud du pays, comme à Spielfeld. Depuis le début de l'année, environ quatre kilomètres de grillage canalisent les entrées dans le pays.

Vent debout depuis des mois contre les quotas d'accueil adoptés par la Commission européenne, le groupe de Visegrad - Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie - a mis sur la table lundi la nécessité d'un «plan B» pour pallier les insuffisances imputées à la Grèce dans la gestion de sa frontière.

Le premier ministre slovaque Robert Fico s'est dit «pessimiste» sur les améliorations possibles en Grèce. L'alternative du groupe de Visegrad: une fermeture des frontières le long de la route des Balkans empruntée par ces candidats à l'asile, avec le soutien de la Macédoine et de la Bulgarie, voisins de la Grèce.

De Merkel à Orban

Le premier ministre hongrois Viktor Orban a fait de la construction d'une «ligne de défense», c'est-à-dire de clôtures, aux frontières nord de la Grèce, un leitmotiv de son discours. La ligne du dirigeant hongrois trouve désormais un écho dans les rangs de la très centriste coalition viennoise.

Le chancelier social-démocrate Werner Faymann avait même suggéré début février de renvoyer directement en Turquie les migrants arrivant en Grèce. «A une vitesse fulgurante, le gouvernement est passé de la politique d'Angela Merkel à celle de Viktor Orban en partie par calcul politique, en partie à cause de sa propre impuissance», s'est désolé le député vert Peter Pilz après cette annonce.

Comme dans d'autres pays d'Europe, la classe politique autrichienne est sous pression d'une extrême droite en tête des sondages. La coalition entre sociaux-démocrates et conservateurs a décidé, en janvier, d'un quota de 37'500 demandeurs d'asile pour l'année 2016, contre 90'000 personnes accueillies en 2015. Elle va aussi limiter le droit d'asile dans le temps.

«Pas le meilleur scénario»

En tournée la semaine dernière dans les Balkans, le ministre des Affaires étrangères Sebastian Kurz a souhaité que la Macédoine se tienne prête à fermer sa frontière avec la Grèce. Son homologue macédonien Nikola Popovski a tempéré ses ardeurs. Dans une interview au quotidien autrichien Der Standard, il a expliqué qu'une fermeture totale de la frontière «ne serait pas, actuellement, le meilleur scénario».

Il s'est en revanche dit volontaire pour accueillir jusqu'à 400 policiers des différents pays de l'UE pour aider les autorités macédoniennes à contrôler la frontière avec la Grèce.

Anticipant de nouvelles restrictions en Autriche, la Slovénie a commencé lundi à renforcer le filtrage des migrants à sa frontière. Ljubljana refuse désormais l'entrée à ceux «qui ne sont pas menacés» ou sont «en provenance d'un pays sûr».

Le trafic se renforce

Les organisations humanitaires observent ces développements avec inquiétude. «Lorsqu'une route se ferme, les migrants trouvent des passages alternatifs et le trafic des passeurs se renforce», note Babar Baloch, porte-parole du Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU en Hongrie.

La Hongrie, où le transit de migrants était quasi nul depuis que le pays a clôturé deux de ses frontières à l'automne, a ainsi enregistré en janvier une légère hausse du nombre de personnes tentant de franchir ses barbelés, peut-être la conséquence, selon M. Baloch, des obstacles qui s'accumulent sur la route de l'exode. (ats/nxp)

(Créé: 17.02.2016, 09h27)

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