ACCUEIL 26.5.2016 Mis à jour à 16h18

Crise des migrants: le camp des durs donne de la voix

Union européenne

Avant un sommet européen crucial en fin de semaine, Vienne a rallié le camp des intransigeants mené par ses voisins d'Europe de l'Est.

Mis à jour le 17.02.2016 10 Commentaires

1/148 A Idomeni, des heurts ont éclaté entre migrants et policiers macédoniens. Ces derniers ont utilisé des gaz lacrymogènes. (Dimanche 10 avril)
Image: Stoyan Nenov/Reuters

   

Articles en relation

Signaler une erreur

Vous avez vu une erreur? Merci de nous en informer.

Partager & Commenter

Prôner la fermeture des frontières aux migrants n'embarrasse plus l'Autriche. Convaincus que les solutions défendues par l'Allemagne ne suffiront pas, les partisans de mesures radicales musclent leur discours.

L'Autriche a annoncé mardi l'instauration d'un quota journalier de demandeurs d'asile admis dans le pays depuis la Slovénie. Cette mesure s'aligne sur l'objectif «de freiner pas à pas» les entrées sur son territoire, selon les termes de la ministre de l'Intérieur Johanna Mikl-Leitner (ÖVP, conservateur)

Quatre kilomètres de grillage

Ce plafond pourrait s'accompagner de dispositifs sécurisés, voire de quelques kilomètres de clôture à la frontière sud du pays, comme à Spielfeld. Depuis le début de l'année, environ quatre kilomètres de grillage canalisent les entrées dans le pays.

Vent debout depuis des mois contre les quotas d'accueil adoptés par la Commission européenne, le groupe de Visegrad - Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie - a mis sur la table lundi la nécessité d'un «plan B» pour pallier les insuffisances imputées à la Grèce dans la gestion de sa frontière.

Le premier ministre slovaque Robert Fico s'est dit «pessimiste» sur les améliorations possibles en Grèce. L'alternative du groupe de Visegrad: une fermeture des frontières le long de la route des Balkans empruntée par ces candidats à l'asile, avec le soutien de la Macédoine et de la Bulgarie, voisins de la Grèce.

De Merkel à Orban

Le premier ministre hongrois Viktor Orban a fait de la construction d'une «ligne de défense», c'est-à-dire de clôtures, aux frontières nord de la Grèce, un leitmotiv de son discours. La ligne du dirigeant hongrois trouve désormais un écho dans les rangs de la très centriste coalition viennoise.

Le chancelier social-démocrate Werner Faymann avait même suggéré début février de renvoyer directement en Turquie les migrants arrivant en Grèce. «A une vitesse fulgurante, le gouvernement est passé de la politique d'Angela Merkel à celle de Viktor Orban en partie par calcul politique, en partie à cause de sa propre impuissance», s'est désolé le député vert Peter Pilz après cette annonce.

Comme dans d'autres pays d'Europe, la classe politique autrichienne est sous pression d'une extrême droite en tête des sondages. La coalition entre sociaux-démocrates et conservateurs a décidé, en janvier, d'un quota de 37'500 demandeurs d'asile pour l'année 2016, contre 90'000 personnes accueillies en 2015. Elle va aussi limiter le droit d'asile dans le temps.

«Pas le meilleur scénario»

En tournée la semaine dernière dans les Balkans, le ministre des Affaires étrangères Sebastian Kurz a souhaité que la Macédoine se tienne prête à fermer sa frontière avec la Grèce. Son homologue macédonien Nikola Popovski a tempéré ses ardeurs. Dans une interview au quotidien autrichien Der Standard, il a expliqué qu'une fermeture totale de la frontière «ne serait pas, actuellement, le meilleur scénario».

Il s'est en revanche dit volontaire pour accueillir jusqu'à 400 policiers des différents pays de l'UE pour aider les autorités macédoniennes à contrôler la frontière avec la Grèce.

Anticipant de nouvelles restrictions en Autriche, la Slovénie a commencé lundi à renforcer le filtrage des migrants à sa frontière. Ljubljana refuse désormais l'entrée à ceux «qui ne sont pas menacés» ou sont «en provenance d'un pays sûr».

Le trafic se renforce

Les organisations humanitaires observent ces développements avec inquiétude. «Lorsqu'une route se ferme, les migrants trouvent des passages alternatifs et le trafic des passeurs se renforce», note Babar Baloch, porte-parole du Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU en Hongrie.

La Hongrie, où le transit de migrants était quasi nul depuis que le pays a clôturé deux de ses frontières à l'automne, a ainsi enregistré en janvier une légère hausse du nombre de personnes tentant de franchir ses barbelés, peut-être la conséquence, selon M. Baloch, des obstacles qui s'accumulent sur la route de l'exode. (ats/nxp)

Créé: 17.02.2016, 09h27

10

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.
Publicité

10 Commentaires

Henri Philippe

17.02.2016, 09:36 Heures

Il existe 50 pays musulmans dans le monde..... STOP, STOP et encore STOP! Répondre


Henri Philippe

17.02.2016, 09:40 Heures

Ce n'est ni le camp des durs, ni le camp des intransigeants. C'est le camp de la réalité face à celui de l'irresponsabilité. Répondre



Sondage

Les salaires à plus d'un million des grands patrons sont-ils justifiés?




Service clients

Contact
  • Abonnement et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
    Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
    Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
    Adresse postale:
    Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne

Sondage

Irez-vous voir les films primés au dernier Festival de Cannes?