ACCUEIL 29.7.2014 Mis à jour à 14h38

Damas annonce un cessez-le-feu pour jeudi

Plan Annan

Le régime syrien, qui réprime dans le sang la contestation depuis plus d'un an, a annoncé la fin de ses opérations militaires jeudi matin, jour de l'ultimatum fixé par le plan Annan.

Mis à jour le 11.04.2012
Malgré le plan Annan, le régime syrien a continué ses opérations militaires et tué des dizaines de civils.

Malgré le plan Annan, le régime syrien a continué ses opérations militaires et tué des dizaines de civils.
Image: AFP

Accusé à plusieurs reprises par la communauté internationale de ne pas tenir ses engagements, Damas sera mis à l'épreuve jeudi à 6 heures locales (4 heures).

«Après que nos forces armées ont mené à bien leur mission de combattre les actions criminelles des groupes terroristes et d'affirmer le contrôle de l’État, elles décident de mettre fin à cette mission à partir de jeudi matin», a indiqué un responsable du ministère de la Défense.

Il a toutefois précisé que l'armée resterait prête «à répondre à toute agression des groupes terroristes armés», en référence aux rebelles qui doivent eux aussi faire taire leurs armes jeudi. Les insurgés ont déjà affirmé à plusieurs reprises qu'ils respecteraient les délais fixés par le plan.

Lettre du régime

Au même moment, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan a annoncé avoir reçu une lettre du régime faisant état du même engagement.

La Russie, grande alliée du régime de Bachar al-Assad, a dit prendre acte de la promesse de Damas, estimant que c'était désormais «au tour de l'opposition armée» de se conformer au cessez-le-feu.

Moscou a bloqué avec la Chine deux résolutions au Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression du mouvement de contestation en Syrie qui a fait plus de 10'000 morts en un an, selon une ONG syrienne.

Lassitude

Avant l'annonce de Damas, plusieurs pays occidentaux avaient exprimé leur lassitude face aux louvoiements de Damas, qui n'avait pas retiré ses chars mardi, violant la première étape du plan Annan.

L'ambassadrice américaine Susan Rice, dont le pays préside le Conseil de sécurité de l'ONU en avril, a plaidé en faveur d'«une action collective» pour accentuer la pression sur Damas, en cas de non-respect du cessez-le-feu.

Le chef de la diplomatie britannique William Hague a suggéré de «porter l'affaire devant la Cour pénale internationale» (CPI) afin que les dirigeants syriens répondent de leurs exactions, tandis que le Français Alain Juppé a préconisé de prendre, après jeudi, de «nouvelles mesures» pour imposer la fin des violences.

Amélioration en perspective

De son côté, après avoir accusé mardi Damas de ne pas retirer ses chars mais de les déplacer pour de nouvelles offensives et reproché au régime de n'avoir envoyé «aucun signe de paix», Kofi Annan a vu mercredi de nouvelles raisons d'espérer.

«Si tout le monde respecte (le cessez-le-feu), je pense qu'à partir de 6 heures locales jeudi 12 avril, nous devrions voir une nette amélioration de la situation sur le terrain», a-t-il déclaré lors d'une visite à Téhéran, grand allié de Damas.

11 civils tués

Pourtant à quelques heures de l'arrêt prévu des violences, les forces massivement déployées dans certaines localités, menaient de nouvelles opérations notamment à Homs (centre), Deraa (sud), Alep (nord) et Deir Ezzor (est), tuant 11 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

«Chaque pilonnage de ville ou de village est suivi d'un assaut, puis les maisons sont incendiées», a déclaré Mohammed Halabi, militant à Alep, ajoutant: «le régime veut donner une leçon aux villes rebelles pour que cesse la contestation.»

La crise en Syrie, que la communauté internationale a été jusqu'à présent incapable de résoudre, devrait être au menu des discussions du G8, réuni mercredi à Washington.

A la frontière turque, pour la deuxième fois cette semaine, des tirs des forces syriennes ont atteint tôt un camp de réfugiés sans faire de victimes, selon les médias turcs, alors qu'ils avaient fait six blessés lundi, dont deux Turcs.

Ces incidents ont provoqué une escalade verbale entre les deux voisins, autrefois alliés, le Premier ministre turc Recep Tayyib Erdogan mettant en garde Damas de ne pas pousser son pays «à bout».

«Ce à quoi nous ne voulons pas penser, c'est d'entrer là-bas. Mais si quelqu'un peut nous forcer à une telle chose, ce serait le régime syrien», a-t-il lancé selon des propos rapporté par la presse turque.

Les médias y ont vu des velléités d'Ankara d'intervenir chez son voisin en créant une zone tampon, afin de pouvoir contenir en sol syrien un afflux massif de réfugiés (environ 25'000). (afp/Newsnet)

Créé: 11.04.2012, 19h14

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