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Damas viole ses engagements et met l'ONU au pied du mur

Répression syrienne

Le non-respect par le gouvernement syrien de ses promesses de retrait militaire amène le Conseil de sécurité à envisager des sanctions contre Damas, au risque de raviver les dissensions entre les 15 pays membres.

Mis à jour le 11.04.2012 34 Commentaires
L'ex-secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a négocié un plan de sortie de crise avec le régime syrien qui ne l'a pas respecté.

L'ex-secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a négocié un plan de sortie de crise avec le régime syrien qui ne l'a pas respecté.
Image: Keystone

Le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan a reconnu mardi que le président Bachar al-Assad avait failli à sa parole de retirer troupes et chars des villes syriennes rebelles au 10 avril. Il l'a appelé à "changer de ligne de conduite" et à cesser les hostilités au plus tard le jeudi 12 avril.

Le Conseil lui a emboîté le pas, mais Etats-Unis, France et Royaume-Uni estiment que le président Assad a prouvé sa duplicité et réclament des mesures coercitives.

De leur côté, Russie et Chine ont mis par deux fois leur veto à des résolutions dénonçant le régime syrien, tout en se ralliant à des déclarations du Conseil soutenant la mission Annan.

9 000 morts en un an

Pour l'ambassadeur américain, Mme Susan Rice, dont le pays préside le Conseil en avril, "l'heure de vérité" approche, l'étape suivante devant "logiquement" être d'accentuer la pression sur Damas "par une action collective".

Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a préconisé de prendre après jeudi "les nouvelles mesures nécessaires pour imposer la fin des violences et un processus politique". Son homologue britannique William Hague suggère de "porter l'affaire devant la Cour pénale internationale" afin que les dirigeants syriens répondent de leurs exactions, qui ont fait plus de 9 000 morts en un an selon l'ONU.

Selon Mme Rice, Moscou et Pékin "ont une responsabilité particulière d'user de leur influence pour mettre fin aux massacres perpétrés par le régime du président Assad".

La Russie est un allié fidèle du régime syrien mais celui-ci a mis sa patience à rude épreuve, selon des diplomates. Pour le moment, Moscou épargne Annan, explique un ambassadeur d'un pays membre du Conseil, "mais s'il recommande des sanctions, les Russes et les Chinois pourraient facilement se retourner contre lui".

Moscou hésite

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a critiqué mardi son homologue syrien Walid Mouallem pour ne pas avoir appliqué le plan de paix de Kofi Annan de manière "plus active" et "plus ferme". Mais il a surtout appelé M. Annan à intensifier la pression sur l'opposition syrienne pour qu'elle cesse les combats.

"Au mieux, il y a une incertitude sur l'attitude de la Russie", souligne un diplomate occidental.

Certains experts estiment que le plan Annan a laissé trop de marge de manoeuvre à Damas parce que le médiateur voulait avoir le soutien de Moscou.

Pour Peter Harling, de l'International Crisis Group, "il était évident que le régime syrien allait essayer de profiter de toutes les échappatoires possibles et le plan Annan en comportait beaucoup parce qu'il se voulait consensuel".

Le plan Annan voué à l'échec

Le plan Annan était voué à l'échec parce que -- contrairement au plan de règlement de la Ligue arabe -- il ne prévoyait pas qu'Assad abandonne ses pouvoirs, explique Murhaf Jouejati, professeur à la US National Defense University et membre du Conseil national syrien (opposition).

D'autres experts créditent Kofi Annan d'avoir bien géré sa confrontation avec Assad en amenant la Russie et la Chine à soutenir sa mission malgré leurs réserves.

Pour Richard Gowan, de l'Université de New York, "il a révélé toute la duplicité du régime d'Assad, avec méthode et modération". "L'idée était que si Annan proposait un plan relativement modéré, la Russie ferait vraiment pression sur la Syrie pour qu'elle l'accepte".

Moscou affaibli

"Mais soit la Russie n'a pas l'influence qu'elle prétend avoir, soit elle n'a pas mis vraiment la pression sur Assad. Quelle que que soit la réponse, Moscou n'en sort pas grandi", estime M. Gowan.

M. Jouejati prévoit que Moscou et Pékin ne s'opposeront pas à une résolution imposant des sanctions économiques.

Mais Richard Gowan pense qu'il serait illusoire de vouloir "faire honte" aux Russes et aux Chinois pour leur faire endosser des sanctions.

"La Russie a essayé honnêtement de convaincre la Syrie mais continuera de bloquer toute action sérieuse entreprise par le Conseil de sécurité", affirme-t-il.

(afp/Newsnet)

Créé: 11.04.2012, 09h37

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34 Commentaires

Persona NoGratin

11.04.2012, 10:01 Heures
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Disons que le régime ne fait plus rien...il va se passer quoi?! Hein?! Donc si on vient dans ma maison et qu'on bousille mes meubles, on attaque ma femme, mon gosse je dois accepter cela afin de calmer l'agresseur?! Assad ou pas, ce qui se passe là-bas est pourrie jusqu'à l'os. N'en déplaise à George et consort. La CIA avait ce genre de tactique en amérique latine (40 ans de bonheur).. Répondre


Yitzhak Rabin

11.04.2012, 10:18 Heures
Signaler un abus 5 Recommandation 0

La France et le Qatar continuent à réclamer une intervention militaire (comme en Libye) ce qui est irresponsable. Le centre de propagande de l'opposition armée syrienne est basé à Londres et l'armée dissidente en Turquie, ce qui indique clairement la position de ces deux pays, malgré leur double discours. La Russie et la Chine pourraient lâcher El-Assad mais l'Iran serait alors la prochaine cible. Répondre