Lundi 24 juillet 2017 | Dernière mise à jour 00:50

Sexe Débandade dans le porno italien

Avec Internet, l’âge d’or du hard transalpin est révolu. La multiplication des vidéos amateurs et des sites gratuits ont tué une industrie autrefois florissante.

Les tournages amateurs, ici dans un appartement à New York, ont supplanté les productions classiques.

Les tournages amateurs, ici dans un appartement à New York, ont supplanté les productions classiques. Image: Chris Hondros / Getty Images

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Rocco Siffredi s’est reconverti dans l’industrie des sex toys, Jessica Rizzo, l’une des grandes stars du hard italien, a dit adieu aux écrans en 2006 et Ilona Staller dite la Cicciolina a tenté l’an denier à 64 ans son come-back, sans succès.

Avec le pullulement sur Internet de vidéos faites maison, l’industrie italienne du porno a été frappée de plein fouet par la crise. Auparavant, déplorent la plupart des anciennes gloires du secteur, il y avait les cinémas, les cassettes vidéo et le montant des cachets était élevé. «De mon temps, je touchais 250 000 euros en tournant quatre jours. Aujourd’hui, les filles gagnent entre 200 et 300 euros par scène… Si elles ont de la chance. Notre monde a disparu», regrette la Cicciolina.

L’âge d’or est révolu, les producteurs n’investissent plus, les acteurs changent de métier et les réalisateurs s’exilent à l’étranger, notamment dans les pays de l’Est. C’est le cas par exemple de Gianfranco Romagnoli, le plus grand producteur de films pornos d’origine italienne. «J’ai produit «Il gladiatore», le film le plus cher de toute l’industrie: 750 000 euros de budget et 4,5 millions d’euros au box-office! Des films comme ça, aujourd’hui, ça n’existe plus. On tourne trois trucs, on les colle sur Internet et ça marche», assène celui qui a fait ses cartons pour Budapest il y a plus de quatre ans.

Maintenant, ce sont les produits «maison» qui font recette. Des films à budget zéro, tournés avec des gens normaux dans leurs appartements. Pas de décors extérieurs, pas de directeur de la photographie, pas de recherches au niveau du scénario ou du tournage. «Les films de Mario Salieri, c’était du vrai cinéma. Les images, il y avait une histoire et les plans étaient parfaits. Il y avait un véritable effort d’un point de vue technique. Aujourd’hui, on tourne dans une seule pièce et en sous-effectifs», se désole Roberto Donati, ex-directeur de production.

Explosion sur Pornhub

Pour le secteur, les chiffres sont impitoyables. En dix ans, affirme Roberto Donati, seulement 300 des 1500 films diffusés ont été entièrement produits dans le Bel Paese. En 2013, les 200 films amateurs produits avec un budget de 5000 à 6000 euros pour un long-métrage ont généré un chiffre d’affaires global de 1,1 million d’euros.

Aujourd’hui, les maisons de production évitent de divulguer leurs chiffres trop catastrophiques en raison de la concurrence aguerrie des sites. A titre d’exemple, Pornhub, le premier site porno mondial, enregistre en moyenne 4,4 milliards de visiteurs par mois, un nombre impensable pour l’industrie du hard.

Autre problème pour l’industrie du porno transalpin: l’absence de législation précise sur les films pour adultes. Ce vide juridique pousse certains magistrats à comparer le porno à une incitation à la prostitution. Les cinéastes doivent aussi se confronter aux questions fiscales qui les appauvrissent ultérieurement comme la «porno tax», un impôt introduit en 2012 et renforcé en 2015 qui taxe leurs gains à hauteur de 25% sur les films.

«Comment pouvons-nous nous en sortir, le porno traverse une crise épouvantable en Italie et en Europe. Aux Etats-Unis, les sites font des affaires en or. Internet n’a pas tué le porno, la Toile a seulement démoli l’industrie du hard et changé la donne», confiait en juin dernier Franco Trentalance, l’un des derniers grands acteurs italiens, à la presse à l’occasion de la présentation du film «Le ragazze del porno» (Les filles du porno). (Le Matin)

Créé: 18.10.2016, 13h51


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