Samedi 3 décembre 2016 | Dernière mise à jour 21:52

Soudan Décès d'un farouche opposant soudanais

Figure cultivée et médiatique de l'opposition islamiste, Hassan al-Tourabi est mort à 84 ans.

Hassan al-Tourabi a été d'abord conseiller du président soudanais Omar el-Béchir avant de devenir son adversaire et de dénoncer notamment la responsabilité politique de Béchir dans les atrocités au Soudan. (Image d'archive)

Hassan al-Tourabi a été d'abord conseiller du président soudanais Omar el-Béchir avant de devenir son adversaire et de dénoncer notamment la responsabilité politique de Béchir dans les atrocités au Soudan. (Image d'archive) Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Hassan al-Tourabi, influente figure de l'opposition islamiste au Soudan, est décédé samedi, à 84 ans, des suites d'un infarctus.

Il fut longtemps l'éminence grise du président Omar el-Béchir, avant d'en devenir un des plus farouches détracteurs.

La télévision d'Etat a interrompu ses programmes pour annoncer que «l'intellectuel musulman Hassan al-Tourabi était décédé». Elle a ensuite diffusé des versets du Coran.

Turban blanc et courte barbe grise, cet homme volontiers volubile né en 1932 à Kassala dans le nord-est du Soudan, avait plusieurs fois été arrêté depuis 1999. Il n'avait cependant jamais cessé ses critiques acerbes contre le pouvoir.

Positions

Il avait notamment été arrêté en janvier 2009, après avoir été le seul responsable politique soudanais à juger le président Omar el-Béchir «politiquement coupable» de crimes au Darfour. Il avait soutenu les poursuites engagées par la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais.

Omar el-Béchir est recherché par la CPI pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide dans cette région de l'ouest du Soudan. La guerre et les violences y ont fait plus de 300'000 morts et 2,5 millions de déplacés depuis 2003 selon l'ONU.

Etudes en France

Diplômé des facultés de droit de Khartoum, Londres et Paris-La Sorbonne, il parlait couramment l'anglais, le français et l'allemand, outre l'arabe. Ses connaissances linguistiques lui donnaient un accès facile aux médias étrangers qu'il a plusieurs fois utilisés pour appeler à une révolution islamique internationale.

Figure de proue de l'islam politique, Hassan al-Tourabi accompagna, et même inspira selon certains, le coup d'Etat militaro-islamiste qui conduisit en 1989 le général Omar el-Béchir à la tête du plus vaste pays d'Afrique.

Frères musulmans

Fondateur des Frères musulmans soudanais et chantre d'un panarabisme islamiste, il fut aussi proche d'Oussama Ben Laden qui a vécu au Soudan de 1992 à 1996.

Il fut aussi président du Parlement et secrétaire général du Congrès national, le parti du président Omar el-Béchir. Une lutte de pouvoir entre Omar el-Béchir et Hassan al-Tourabi avait toutefois abouti au limogeage en 1999, dix ans après le coup d'Etat. L'islamiste avait alors fondé le Congrès populaire, devenant un virulent adversaire du président Omar el-Béchir.

Nouvelle arrestation

Les relations entre «Béchir le militaire» et «Tourabi l'islamiste» vont se détériorer. Le divorce entre les hommes aboutit à son incarcération de 2001 à 2003, l'homme étant accusé de vouloir renverser le régime.

Il sera à nouveau arrêté en 2004. Il est alors suspecté de liens avec le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), un des groupes rebelles du Darfour qui venait d'engager une épreuve de force militaire avec le régime dans cette immense et déshéritée région de l'ouest du pays.

Main tendue

Après avoir été placé en résidence surveillée, il avait repris à l'été 2005 du service politique à la tête de son parti le Congrès national populaire (CNP). Il avait accusé le régime de corruption.

En mars 2014, il avait été reçu officiellement par le président Omar el-Béchir, une première depuis quatorze ans. Le gouvernement avait tendu la main aux opposants après des appels à des réformes dans un pays miné par des rébellions, une profonde crise économique et un isolement international. (ats/nxp)

(Créé: 06.03.2016, 02h42)

Sondage

Avec le retrait de François Hollande, la gauche peut-elle conserver la présidence de la France?



Contact

Service clients

Abonnement et renseignements
Nous contacter
lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
Adresse postale:
Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne

Publicité

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.