Duvalier jugé que pour des faits de corruption
Haïti
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Les plaintes pour crimes contre l'humanité déposées par d'anciens opposants à Jean-Claude Duvalier, revenu en Haïti en janvier 2011 après 25 années d'exil en France, n'ont en revanche pas été retenues à se stade. «Nous allons faire appel de cette décision car Jean-Claude Duvalier a été déjà jugé à trois reprises pour détournement de fonds en Haïti, en France et en Suisse», a réagi un des avocats de «Baby Doc», Me Frizto Canton, contacté par l'AFP.
L'avocat a souligné que les faits reprochés à son client (détournement de fonds), actuellement soumis à une assignation à résidence lui interdisant de quitter Port-au-Prince, ont été jugés à la demande de l'Etat haïtien et «qu'il ne peut pas être rejugé pour les mêmes faits qui sont prescrits».
L'ancien homme fort d'Haïti ne souhaite pas réagir «pour le moment», a indiqué un de ses proches, sous le couvert de l'anonymat. Il a toutefois ajouté que Jean-Claude Duvalier avait déclaré: «Je ne peux pas réagir tant que la décision du juge n'est pas officiellement signifiée».
Confiscation des avoirs en Suisse
L'ancien dictateur (1971-1986) âgé de 60 ans, chassé du pouvoir par une révolte populaire, avait effectué un retour spectaculaire en Haïti le 16 janvier 2011 au moment où le pays traversait une grave crise politique née du premier tour de l'élection présidentielle.
Haïti estime que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales avant la chute du dictateur, qui avait succédé en 1971 à son père François, élu président en 1957.
La Suisse avait annoncé en mai avoir ouvert une action en confiscation des avoirs de l'ex-président bloqués en Suisse depuis 25 ans, afin de les restituer à Haïti. Le montant de ces avoirs confisqués avoisine les 6 millions de francs (4,5 millions d'euros, 6,7 millions de dollars).
Rapport d'Amnesty
Sur la question des droits de l'homme, l'organisation Amnesty international avait présenté en septembre dernier un rapport appelant les autorités haïtiennes à juger Jean-Claude Duvalier pour des violations commises sous son régime.
«Il existe suffisamment d'éléments permettant de poursuivre en justice Jean-Claude Duvalier pour les nombreux cas de détention arbitraire, de torture, de mort en détention, d'homicide et de disparition qui ont eu lieu sous son régime et dont certains s'apparentent à des crimes contre l'humanité», avait déclaré Javier Zunica, conseiller spécial d'Amnesty international. (ats/Newsnet)
Créé: 30.01.2012, 22h11
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