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Ethiopie Eboulement meurtrier dans une décharge

L'accident a eu lieu dans une des principales décharges d'ordures d'Addis Abeba. Les victimes se comptent par dizaines.

La masse d'ordures déplacée a emporté notamment une trentaine d'habitations (Dimanche 12 mars 2017).

La masse d'ordures déplacée a emporté notamment une trentaine d'habitations (Dimanche 12 mars 2017). Image: Keystone

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Au moins 46 personnes ont été tuées et des dizaines blessées par un immense éboulement d'ordures dans la plus grande décharge d’Ethiopie, en périphérie d'Addis Abeba, que les riverains attribuent à des travaux d'aplanissement sur la partie supérieure du site.

Le bilan de cette catastrophe, survenue samedi soir au sud-ouest de la capitale éthiopienne, est «désormais de 46 morts, dont 32 de sexe féminin et 14 de sexe masculin», a déclaré dimanche à l'AFP Dagmawit Moges, une porte-parole de la municipalité d'Addis Abeba, précisant que quelques enfants figuraient parmi ces victimes.

Mme Moges a précisé que la plupart des personnes tuées étaient des «squatteurs» habitant sur cette décharge et fouillant quotidiennement les hauts amoncellements de déchets à la recherche d'objets susceptibles d'avoir de la valeur.

La montagne s'est effondrée

«Nous n'en sommes pas certains, mais nous soupçonnons» que le bilan puisse à nouveau s'alourdir, a ajouté la porte-parole, soulignant que l'éboulement avait touché une zone «relativement grande», la décharge s'étendant sur plus de 30 hectares.

Des témoins et rescapés interrogés par l'AFP ont affirmé qu'un flanc de la principale montagne de déchets s'était subitement détaché samedi soir et avait emporté des habitations de fortune des résidents de la décharge de Koshe, qui signifie «saleté» en argot amharique, la principale langue du pays.

«Lorsque c'est arrivé, nous avons entendu un grand bruit, et lorsque nous sommes sortis, nous avons vu une tornade qui se dirigeait vers nous», a raconté Suleiman Abdulah, dont l'abri construit à l'aide de bâtons en bois et de bâches en plastique avait été détruit par l'éboulement.

«Des gens nous ont aidés et ma famille a pu partir avant la destruction», a ajouté M. Abdulah.

Ordre d'évacuation

Dimanche après-midi, six excavatrices cherchaient dans l'océan de déchets d'éventuels survivants ou corps. La police, elle, empêchait les badauds d'approcher alors que les rues du quartier jouxtant la décharge étaient remplies de femmes en pleurs.

«Cette partie-là s'est complètement écroulée», a raconté Berhanu Degefe, autre habitant de la décharge, montrant une immense balafre semi-circulaire sur le flanc de la montagne d'ordures, assurant que «beaucoup de personnes sont mortes la nuit passée».

Les résidents soutiennent que cet effondrement est dû à des travaux d'aplanissement au sommet de la montagne de déchets, dans le cadre de la construction d'une centrale au biogaz exploitant les ordures. Ces travaux auraient accentué la pression sur les flancs de la colline, entraînant l'éboulement.

«C'est arrivé parce qu'ils compressaient les déchets», a commenté Ibrahim Mohamed, dont la bicoque a échappé de justesse à l'éboulement.

Berhanu Degefe a reconnu que les autorités avaient demandé aux chiffonniers d'évacuer le dépotoir en raison des travaux, mais que ceux-ci étaient restés malgré les avertissements. La décharge avait en outre été fermée l'année passée au profit d'un autre dépôt d'ordures, où les habitants de Koshe n'ont pas souhaité «déménager».

Un journaliste de l'AFP présent sur place a remarqué de nombreuses autres fissures sur la partie supérieure de l'immense monticule, suggérant que d'autres éboulements sont à craindre.

300 habitants dans la décharge

Koshe est depuis plus de 40 ans le principal lieu d'entreposage des ordures d'Addis Abeba, capitale de 4 millions d'habitants à la croissance démographique galopante.

Selon les résidents interrogés par l'AFP, la décharge compte environ 300 habitants vivant dans une cinquantaine d'abris de fortune, dont quelques-uns ont été épargnés par l'éboulement.

Les décharges, recelant de nombreux déchets parfois toxiques, sont souvent l'unique moyen de survie des plus pauvres en Afrique et dans de nombreux pays au monde.

En juillet 2000, l'effondrement d'une décharge d'une hauteur de 15 mètres avait fait au moins 208 morts et une centaine de disparus dans la périphérie de Manille, la capitale philippine. En s'effondrant elle avait recouvert entièrement sur un hectare une centaine de cahutes d'un bidonville de chiffonniers.

En 2016, au moins 16 personnes avaient été tuées et 61 blessées par une explosion dans une décharge de la périphérie de Cotonou, au Bénin, où des riverains tentaient de récupérer de la farine avariée, qu'une entreprise venait de déposer avant d'y mettre le feu. (ats/nxp)

Créé: 12.03.2017, 19h40


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