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Enquête sur les disparus d'une prison colombienne

Justice

Une centaine de personnes ont disparu il y a 15 ans, dans des conditions horribles.

Mis à jour le 21.02.2016 4 Commentaires
La prison La Modelo, près de Bogota (Colombie) en 2013.

La prison La Modelo, près de Bogota (Colombie) en 2013.
Image: Keystone

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Pendues, empoisonnées, électrocutées ou poignardées, puis dépecées, hachées et jetées à l'égout: au moins une centaine de personnes ont disparu dans une prison de Bogota il y a une quinzaine d'années, selon une enquête en cours en Colombie.

«Nous parlons de 100 personnes, mais nous savons qu'il y en a davantage (...) Comme elles ont été coupées en morceaux puis jetées dans les canalisations, il est difficile de savoir exactement combien ont ainsi disparu», explique à l'AFP la directrice des services spécialisés du Parquet, Caterina Heyck.

Caterina Heyck a révélé cette semaine ces faits macabres qui se sont produits entre 1999 et 2003 dans ce centre pénitentiaire pour hommes, prévu pour 1'675 prisonniers, mais qui en comptait alors quelque 3'800.

Guérilleros et paramilitaires

Dans ces années-là, la prison La Modelo, située à seulement quelques centaines de mètres du Parquet, accueillait aussi bien des guérilleros que des paramilitaires, ennemis jurés au coeur de la guerre interne qui déchire la Colombie depuis plus d'un demi-siècle et a fait 7,5 millions de victimes, dont au moins 220'000 morts et six millions de déplacés, selon les chiffres officiels.

«Cette affaire est une manifestation de plus du conflit colombien», estime Caterina Heyck.

Le Parquet enquête sur ces atrocités dans le cadre d'une investigation pour enlèvement, torture et viol d'une journaliste, Jineth Bedoya, qui en 2000 travaillait sur un trafic d'armes et d'autres irrégularités signalés dans cette prison.

«Le Parquet a compris que la meilleure façon de répondre à l'injustice dont elle a été victime était d'enquêter sur ce sur quoi elle-même enquêtait», ajoute la magistrate à propos de ce dossier ouvert en fin d'année dernière et qui n'en est qu'à sa phase préliminaire.

Difficulté pour rassembler les preuves

«Le défi est énorme», souligne-t-elle, en relevant l'«extrême complexité» de rassembler des preuves tant d'années après les faits.

Entre les murs de La Modelo, meurtres et disparitions étaient monnaie courante, selon des témoins, pour règlements de compte, vengeance et représailles de tout type, dans une lutte de pouvoir entre deux groupes: les rebelles d'extrême gauche et les paramilitaires des milices d'extrême droite, créées dans les années 80 pour combattre les guérillas issues d'insurrections paysannes une vingtaine d'années plus tôt.

Mais les prisonniers n'étaient pas les seules victimes de cette «stratégie criminelle». Leurs proches et d'autres visiteurs, qui franchissaient les grilles sans qu'aucun registre en soit tenu, ont aussi disparu. Et ce avec l'assentiment tacite des gardiens.

«Nous avons connaissance d'un phénomène de corruption et de participation, par action ou par omission, de fonctionnaires publics», souligne Caterina Heyck, ajoutant que ceux-ci «disaient souvent que les absents s'étaient évadés, alors qu'en réalité, ils avaient été tués au sein de la prison».

Hachés dans les égoûts

Un ex-paramilitaire, qui a demandé à bénéficier de la Loi de Justice et Paix de 2005 permettant aux miliciens repentis de bénéficier d'une remise de peine en échange de la vérité, a raconté en détail ce qui se passait à la prison La Modelo, lors d'un interrogatoire dont l'AFP a eu connaissance.

«Comment ces gens ont-ils disparu?», lui demande le procureur. «Ils les hachaient. Oui monsieur, la vérité ne peut s'occulter», répond l'ancien milicien.

«Y a-t-il des personnes qui ont été enterrées dans cette prison, dans des tunnels ou d'autres lieux?», poursuit le magistrat. «Non, monsieur le procureur, beaucoup de gens ont été jetés aux égouts, mais hachés», rétorque l'ex-paramilitaire.

L'enquête du Parquet est centrée sur la prison de La Modelo, mais Caterina Heyck n'écarte pas l'éventualité que ces horreurs se soient produites dans d'autres prisons de Colombie. (afp/nxp)

Créé: 21.02.2016, 07h01

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4 Commentaires

André Blanc

21.02.2016, 08:48 Heures

Ce pays, comme route l'Amérique latine, est totalement pourri par le trafic de drogue et les luttes politiques, ces deux choses étant étroitement imbriquées avec le terrorisme mondial. La drogue se retrouve dans nos rues, après un détour africain. Ceux qui, en Suisse soutiennent la dépénalisation des drogues (PS), participent involontairement au terrorisme. La Colombie doit être mise sous tutelle Répondre


vidmar Brand

21.02.2016, 09:01 Heures

Ils ont été haché et fini dans les égouts ou en burger et pâte Bolo Répondre



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