Mardi 27 septembre 2016 | Dernière mise à jour 08:35

Syrie Horrifié par le nouveau massacre, Annan veut plus de pression

Horrifié comme toute la communauté internationale par le nouveau massacre survenu en Syrie, Kofi Annan a souhaité jeudi une action plus ferme pour faire respecter son plan de paix.

Kofi Annan a exprimé son horreur après la découverte d'un nouveau massacre de civils en Syrie.

Kofi Annan a exprimé son horreur après la découverte d'un nouveau massacre de civils en Syrie. Image: AFP

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S'adressant à l'Assemblée générale de l'ONU, l'émissaire international Kofi Annan a reconnu que son plan «n'est pas appliqué» et a souhaité une pression accrue sur Damas. «Il faut clairement dire qu'il y aura des conséquences si le plan n'est pas appliqué», a- t-il affirmé. Une action qui est toujours freinée par Moscou et Pékin, alors que les observateurs de l'ONU sur place ont été la cible de tirs.

S'adressant à l'Assemblée générale de l'ONU, l'émissaire international Kofi Annan a reconnu que son plan «n'est pas appliqué» et a souhaité une pression accrue sur Damas. «Il faut clairement dire qu'il y aura des conséquences si le plan n'est pas appliqué», a- t-il affirmé.

Il faut également «baliser plus clairement la voie vers une transition pacifique» en Syrie. Cette transition vers la démocratie, par un dialogue entre pouvoir et opposition, est un des six éléments du plan de paix.

Punir les responsables

A l'instar de l'ensemble de la communauté internationale, Kofi Annan a par ailleurs exprimé son «horreur et (sa) condamnation à la suite du nouveau massacre de dizaines de civils, dont des femmes et des enfants» mercredi à Al-Koubeir, dans la province de Hama.

«Les responsables doivent être punis. Nous ne pouvons pas laisser les massacres devenir la réalité quotidienne en Syrie», a-t-il déclaré. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a été plus directe à Istanbul, affirmant que le président Assad devait partir.

L'UE a elle réclamé une «enquête totale» sur le massacre, alors que la Suisse, s'exprimant devant l'Assemblée de l'ONU, a notamment rappelé que toute violation du droit international devait être investiguée et ses responsables traduits en justice.

Observateurs cibles de tirs

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qualifiant de «scandaleux et révoltant» le massacre d'Al-Koubeir, a indiqué qu'on avait tiré «à l'arme légère» sur des observateurs de l'ONU qui tentaient de se rendre sur les lieux. Les observateurs ont finalement renoncé à atteindre la localité jeudi.

Selon l'opposition syrienne, qui a diffusé sur internet des images de corps ensanglantés ou calcinés, une quarantaine de femmes et d'enfants figurent parmi les victimes du massacre.

Interrogé par téléphone, un habitant du village qui a échappé à la tuerie en se cachant dans un bois, a accusé l'armée syrienne et les miliciens «chabiha» d'en être responsables, alors que Damas met en cause l'opposition.

Agir plus efficacement

Estimant que le président Bachar al-Assad avait «perdu toute légitimité», Ban Ki-moon a invité les grandes puissances à «réfléchir aux moyens d'agir de manière plus efficace».

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, s'adressant aussi à l'Assemblée, a préconisé des sanctions économiques et diplomatiques contre la Syrie.

Les représentants américain, allemand, français et britannique ont également brandi, en termes plus ou moins explicites, la menace de sanctions.

Moscou et Pékin inflexibles

Kofi Annan devait s'adresser jeudi après-midi au Conseil de sécurité. Selon des diplomates à l'ONU, il devrait proposer la création d'un nouveau groupe de contact international sur la Syrie qui comprendrait les Occidentaux et des acteurs régionaux comme la Turquie et l'Arabie saoudite, mais aussi la Russie et la Chine.

Ces deux pays ont torpillé toutes les tentatives du Conseil pour sanctionner le gouvernement syrien depuis le début de la crise. La Russie et la Chine ont encore répété jeudi qu'elles s'opposeraient à tout mandat de l'ONU pour une intervention.

Sur le terrain, les violences continuent. Au total au moins 15 personnes, dont neuf civils, ont encore été tuées jeudi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). L'armée a notamment bombardé violemment Talbissé, localité de la province de Homs (centre). (ats/afp/nxp)

(Créé: 07.06.2012, 21h50)

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