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Impuissants, les observateurs de l'ONU quittent le pays

Syrie

La plupart des observateurs militaires de l'ONU ont quitté le territoire syrien au terme d'une mission de quatre mois qui s'est révélée totalement inefficace.

Mis à jour le 20.08.2012
Les observateurs de l'ONU ont laissé lundi après une mission de quatre mois dans laquelle ils sont devenus les spectateurs impuissants du conflit.

Les observateurs de l'ONU ont laissé lundi après une mission de quatre mois dans laquelle ils sont devenus les spectateurs impuissants du conflit.
Image: Reuters

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Les combats se poursuivaient notamment lundi à Alep, Damas et Deraa, dans le sud.

Chargés de veiller au cessez-le-feu conclu sous l'égide de l'ex- médiateur international Kofi Annan et censé entrer en vigueur le 12 avril, les observateurs ont été réduits au rôle de spectateurs impuissants de l'aggravation du conflit.

Sept véhicules de l'ONU ont quitté un hôtel de Damas lundi, emportant quelques-uns des derniers membres de cette mission, qui comptait 300 hommes au plus fort de son déploiement.

«Bureau de liaison»

Leurs opérations ont été suspendues en juin lorsqu'un groupe d'observateurs a été pris pour cible. Après le départ des derniers, prévu d'ici vendredi, seul restera un modeste «bureau de liaison» à Damas, dans le cas où une solution politique pour le moment hypothétique viendrait à se dessiner.

Le mandat de la Mission de supervision de l'ONU en Syrie (Misnus) a expiré dimanche à minuit. Le Conseil de sécurité a jugé que les conditions n'étaient pas réunies pour la prolonger.

La Turquie proche de sa limite

Après une brève accalmie, les violences se sont multipliées malgré la présence des observateurs. Depuis leur arrivée en Syrie, 9000 personnes y ont été tuées. Au total, le soulèvement populaire contre le régime et les opérations de répression ont fait en près de dix-huit mois 18'000 morts et 170'000 réfugiés, dont 70'000 se trouvent en Turquie.

Ankara, qui dit approcher rapidement de la limite de ses capacités, a suggéré lundi la création de «zones de sécurité» en territoire syrien.

«Si le nombre de réfugiés dépasse les 100'000, nous allons manquer de place pour les loger. On devrait pouvoir les abriter en Syrie. L'ONU pourrait construire des camps dans une zone sécurisée à l'intérieur de la Syrie», a déclaré le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, cité par le quotidien «Hurriyet».

Contre-offensives gouvernementales

Les insurgés se sont emparés le mois dernier de plusieurs quartiers de Damas et d'Alep, deuxième ville de Syrie, ainsi que de postes-frontières et de secteurs du nord du pays. Les forces gouvernementales ont depuis lancé de grandes contre-offensives dans les deux villes. Lundi, elles ont notamment tenté de rependre Mouadamiya, dans les faubourgs sud-ouest de la capitale.

«Des chars (...) encerclent désormais pratiquement Mouadamiya», a dit une activiste, Haya, jointe par téléphone. Les rebelles ont profité du départ de l'armée régulière sur d'autres fronts pour reprendre le contrôle de la ville.

Une vaste offensive serait aussi en cours à Deraa, dans le sud, où la ville de Herak se trouverait elle dans une situation catastrophique faute de pouvoir se ravitailler en vivres et en médicaments, selon le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition.

Armes occidentales

Le ministère syrien des Affaires étrangères a affirmé dans ce contexte que qualifier la situation en Syrie de guerre civile était «contraire à la réalité», réagissant aux propos tenus dimanche par le nouveau médiateur international Lakhdar Brahimi. Recevant ce dernier lundi, le président français François Hollande a répété que toute solution politique passait par le départ de Barchar al-Assad.

Selon le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov, il est de plus en plus évident que des armes occidentales «sont livrées en masse» aux insurgés.

La Russie, qui s'est comme la Chine opposée à l'adoption de résolutions de l'ONU menaçant Damas de sanctions, s'efforce de faire porter la responsabilité de l'échec du plan Annan sur les puissances occidentales et les pays arabes.

De leur côté, ceux-ci accusent Moscou d'avoir fourni pour un milliard de dollars d'armement à la Syrie l'an dernier et d'entretenir la répression en soutenant le régime sur le plan diplomatique.

Le président américain Barack Obama a prévenu lundi que le déplacement ou l'utilisation d'armes chimiques en Syrie constituerait une «ligne rouge» pour les Etats-Unis et aurait des «conséquences énormes». (ats/afp/Newsnet)

Créé: 20.08.2012, 20h34

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