Jeudi 29 septembre 2016 | Dernière mise à jour 20:35

Syrie Incident diplomatique entre la Syrie et la Turquie

La Syrie a reconnu avoir abattu un avion de combat turc en Méditerranée. Ankara joue l'apaisement, évoquant une violation involontaire de l’espace aérien de ce pays. En Syrie, les violences se poursuivent sans relâche.

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La Syrie a reconnu samedi avoir abattu la veille un avion de combat turc en Méditerranée. D’après Ankara, l’appareil a pu violer involontairement l’espace aérien de ce pays. Cet incident intervient alors qu’un nouveau gouvernement a été formé en Syrie sur fond de violences qui ont fait au moins 97 morts samedi.

«Quand vous pensez à la vitesse des jets lorsqu’ils volent au- dessus de la mer, il est courant qu’ils passent et repassent les frontières pour un court laps de temps», a déclaré le président turc Abdullah Gül, jouant l’apaisement après ce grave incident qui attise les tensions entre ces deux pays.

Malgré cette retenue, M. Gül a promis samedi que «le nécessaire» serait fait. Son Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a assuré pour sa part qu’il agirait «avec détermination». Ankara a également annoncé attendre les conclusions d’une enquête complète avant d’adopter une position définitive.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a également préconisé une attitude de retenue. Il suit de près la situation et espère que ce grave incident sera abordé avec calme par les deux parties via des canaux diplomatiques, a-t-il fait savoir dans un communiqué samedi.

Le ton était plus ferme du côté de la presse turque. Les médias étaient unanimes samedi à tirer à boulets rouges contre le régime syrien, exigeant qu’il en «paye le prix». «Nous devons rester calme. Ne nous laissons pas aller à des déclarations et attitudes de provocation», a rétorqué, le vice- Premier ministre Bülent Arinç, cité par l’agence Anatolie.

L’avion n’était pas armé

Un porte-parole de l’armée syrienne avait confirmé vendredi soir que l’appareil turc avait été abattu «après être entré dans l’espace aérien syrien». Il a ajouté que les radars syriens avaient détecté une «cible non-identifiée» ayant pénétré dans l’espace aérien syrien, à grande vitesse et à basse altitude.

Le F4 turc «accomplissait une mission de reconnaissance- entraînement», et n’était pas armé, a de son côté précisé Bülent Arinç.

Les forces turques et syriennes collaborent par ailleurs pour tenter de retrouver les deux membres d’équipage portés disparus. Les recherches se poursuivaient samedi en Méditerranée, au large de la province turque de Hatay, dans le sud du pays, selon le ministère turc des Affaires étrangères.

Autrefois partenaire politique et économique de Damas, Ankara a coupé les ponts avec le président Bachar al-Assad en raison de la répression sanglante du mouvement de contestation anti- gouvernementale. Elle réclame aujourd’hui le départ du régime en place.

Pays voisin de la Syrie sur plus de 900 kilomètres, la Turquie abrite des camps de réfugiés et de déserteurs syriens - dont le chef de l’Armée syrienne libre (ASL) Riad al-Assaad - provoquant l’ire de Damas qui l’accuse d’armer les rebelles.

Formation d’un nouveau gouvernement

Un nouveau gouvernement dirigé par l’ancien ministre de l’agriculture Riad Hijab a en outre été formé samedi en Syrie, a annoncé la télévision d’Etat. Cette annonce intervient plus d’un mois et demi après des élections législatives boycottées par l’opposition.

Bachar al-Assad a promulgué un décret sur la composition du nouveau gouvernement où les ministres des Affaires étrangères Walid Mouallem et de l’Intérieur Mohammad Ibrahim al-Chaar gardent leurs postes, a encore précisé la télévision.

Le ministre de la Défense Daoud Rajha, 64 ans, en fonction depuis août, conserve également son poste. Il fait partie des personnes sanctionnées par les Etats-Unis qui dénoncent la répression très violente par le régime syrien du mouvement de contestation.

Sur place, les forces du régime poursuivaient sans relâche leur répression de la contestation. Les violences ont fait samedi au moins 97 morts, en majorité des civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Un bénévole du Croissant-Rouge arabe syrien a en outre succombé à ses blessures par balles reçues la vendredi à Deir Ezzor (est), a annoncé samedi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Bashar al-Youssef, 23 ans, est le quatrième volontaire du Croissant Rouge tué en Syrie depuis septembre, ont dénoncé les deux organisations.

(ats/nxp)

(Créé: 23.06.2012, 19h51)

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