Samedi 1 octobre 2016 | Dernière mise à jour 22:24

France Investigations sur une résidence des Le Pen

Un virement d'un parti satellite du FN sur le compte de son fondateur peu avant un achat immobilier interroge la justice.

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Des investigations judiciaires sont en cours en France sur les conditions d'achat par Jean-Marie et Marine Le Pen d'une villa en 2012, peu après un virement d'un micro-parti satellite du FN sur un compte du cofondateur du parti, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Comme l'a révélé l'hebdomadaire français Le Point, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) avait signalé en décembre ces opérations au parquet national financier (PNF), soupçonnant des faits possibles d'abus de confiance et de recel, ont précisé les sources judiciaire et proche du dossier.

Le PNF a joint ce signalement à l'enquête déjà ouverte sur de possibles sous-évaluations ou omissions dans les déclarations de patrimoine de Jean-Marie et Marine Le Pen au Parlement européen, à la suite du même signalement de la HATVP, et sur des soupçons de fraude fiscale concernant l'ancien président du FN, a précisé la source judiciaire.

Mouvements d'argent

Le signalement portait sur la valeur de quatre biens immobiliers déclarés pour le père et sa fille, dont deux en commun, mais aussi sur l'acquisition de l'une des résidences, une villa à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) dans laquelle Jean-Marie Le Pen réside avec son épouse Jany.

Cette résidence, vendue à la fin des années 80 par Jany Le Pen, a été rachetée fin 2012 pour un montant d'environ 700'000 euros (764'000 francs) par Jean-Marie Le Pen et deux de ses filles, Marine et Yann Le Pen, explique une source proche du dossier.

Dans ses investigations, la HATVP a été intriguée par un virement de 600'000 euros (655'000 francs) de Cotelec, le micro-parti de Jean-Marie Le Pen, sur son compte personnel, raconte la même source. «Dans un délai d'un mois sont intervenus le protocole d'accord pour la vente, le virement puis l'achat de la maison», indique encore cette source.

Poursuites

Dans un communiqué, Jean-Marie Le Pen évoque lui un emprunt de 700'000 euros à Cotelec, qui «n'avait rien à voir avec l'achat de la propriété» de Rueil-Malmaison en 2012. Selon lui cet emprunt avait pour but de financer la campagne électorale européenne en 2014 et a été remboursé en février 2015. «La volonté diffamatoire du Point est clairement établie», conclut-il, annonçant son intention de lancer des poursuites «par toutes voies de droit».

Il a ensuite diffusé un deuxième communiqué dans lequel il indique que compte tenu «de l'acharnement du président socialiste de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique» il a demandé à ses avocats de «déposer plusieurs plaintes» contre Jean-Louis Nadal pour «dénonciation calomnieuse, non respect du secret professionnel, et imputation diffamatoire».

A l'instar de Jeanne pour Marine Le Pen, Cotelec, a longtemps été l'instrument permettant à Jean-Marie Le Pen de financer ses campagnes. Si l'argent d'un parti est utilisé à d'autres fins que politiques, cela peut constituer le délit d'abus de confiance.

(afp/nxp)

(Créé: 26.02.2016, 03h12)

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