Lundi 26 septembre 2016 | Dernière mise à jour 22:27

Afflux de migrants L'OTAN envoie des navires en mer Egée

Cette opération de surveillance frontalière en mer est une première pour l'organisation.

«L'OTAN et toutes les parties à la table ce matin ont indiqué la volonté de l'OTAN de soutenir et participer à cette opération», a déclaré Ashton Carter.

«L'OTAN et toutes les parties à la table ce matin ont indiqué la volonté de l'OTAN de soutenir et participer à cette opération», a déclaré Ashton Carter. Image: Keystone

Coalition anti-Etat islamique

L'Alliance atlantique, qui avait jusqu'à ce jour refusé de participer directement à la coalition contre le groupe Etat islamique, «explore la possibilité» de rejoindre ses rangs, a affirmé jeudi le chef du Pentagone Ashton Carter.

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L'OTAN a dépêché dès jeudi en mer Egée une flotte pour lutter contre les passeurs qui alimentent l'afflux de migrants vers l'Europe. Excédé par la pression qui s'exerce sur son pays, le président turc Recep Tayyip Erdogan menace de submerger l'Europe de réfugiés.

Une opération de surveillance frontalière en mer est une première pour l'Alliance, qui avait jusqu'ici refusé de s'impliquer directement dans la pire crise migratoire en Europe depuis 1945.

L'ordre a été donné «au groupement naval permanent (de l'OTAN) de se rendre en mer Egée sans tarder et d'y débuter des activités de surveillance», a déclaré à Bruxelles le patron de l'OTAN, Jens Stoltenberg, à l'issue d'une réunion des ministres de la Défense.

De 5 à 7 navires

Le deuxième groupe maritime permanent de l'Alliance dispose de cinq navires actuellement stationnés près de Chypre. Dirigé par l'Allemagne, il comprend des bâtiments canadien, italien, grec et turc. D'autres bateaux sont susceptibles de les rejoindre.

Le Danemark devrait notamment en fournir un, dit-on à Berlin, et les Pays-Bas pourraient également contribuer à la mission. Les détails de celle-ci doivent encore être validés par les généraux de l'OTAN.

Enfin, l'Alliance va «intensifier sa surveillance et son partage de renseignements» à la frontière turco-syrienne. Là où s'amassent des milliers de réfugiés chassés par l'offensive du régime de Damas contre Alep.

Échanges d'informations

Reste aussi à établir les procédures pour le partage d'informations avec l'agence européenne de contrôle des frontières extérieures de l'Union européenne (Frontex). «Il ne s'agit pas d'arrêter ou de repousser des bateaux de réfugiés», a nuancé le secrétaire général de l'OTAN.

La mission fournira «des informations et une surveillance essentielles pour aider à lutter contre le trafic d'humains et les réseaux criminels, en coopération avec les garde-côtes nationaux et l'Union européenne», a-t-il résumé.

Question de vie ou de mort

Pour le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter, «l'OTAN doit agir rapidement car des vies humaines sont en jeu». Son homologue allemand, la ministre Ursula von der Leyen, a fait état d'«un accord solide avec la Turquie selon lequel les réfugiés vont être renvoyés en Turquie, quelles que soient les circonstances».

Quant au ministre grec de la Défense, Panos Kammenos, il a estimé que le déploiement des navires de l'OTAN allait «régler de manière déterminée la question migratoire». «La Turquie n'opérera que dans les eaux turques et dans l'espace aérien turc, et la Grèce dans les eaux et l'espace aérien grecs», a expliqué M. Kammenos.

Selon une source gouvernementale grecque, Athènes «examine la possibilité de déclarer la Turquie comme pays tiers sûr», ce qui permettrait à la Grèce d'y renvoyer les demandeurs d'asile affluant sur son sol depuis les côtes turques, option envisagée par l'UE.

Plus de 400 migrants ont péri depuis janvier en mer Egée. En 2015, plus d'un million sont arrivés en Europe, record absolu depuis 1945. En vertu du droit de la mer, les navires de l'OTAN seront également amenés à secourir des embarcations en perdition.

Erdogan menace

Irrité par les appels à ouvrir la frontière turque aux nouveaux réfugiés syriens fuyant l'offensive actuelle sur la ville d'Alep, Recep Tayyip Erdogan menace d'expédier vers l'Europe les centaines de milliers de migrants en rade en Turquie.

Le président turc a en outre confirmé un marchandage qui a fuité dans la presse entre lui, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le président du Conseil européen, Donald Tusk, sur le sort des migrants.

Lors d'une conversation rapportée par le site grec Euro2day, M. Erdogan menace d'inonder l'Europe de migrants si son pays ne reçoit pas une somme satisfaisante pour les héberger sur son sol. L'échange a eu lieu en novembre en marge du sommet du G20 à Antalya, dans le sud de la Turquie. Selon le site, M. Erdogan juge «modique» la somme de 3 milliards d'euros proposés par l'UE. Il rappelle alors que son pays a dépensé 8 milliards, rien que pour les camps de réfugiés. (ats/nxp)

(Créé: 11.02.2016, 12h16)

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