Mardi 30 août 2016 | Dernière mise à jour 01:11

Syrie L'opposition crie au massacre près de Damas

Les opérations antirebelles se multiplient en Syrie. Au moins 320 corps ont été retrouvés à Daraya, une localité de 200'000 habitants à sept kilomètres au sud de Damas.

Les militants hostiles au régime du président Bachar al-Assad ont diffusé photos et vidéos où des dizaines de corps ensanglantés gisent au sol.

Les militants hostiles au régime du président Bachar al-Assad ont diffusé photos et vidéos où des dizaines de corps ensanglantés gisent au sol. Image: Keystone

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L'opposition syrienne a dénoncé dimanche un nouveau «massacre». Des centaines de personnes ont été tuées à Daraya depuis que l'armée syrienne a lancé mardi une vaste opération pour chasser les rebelles de cette localité proche de Damas, selon elle.

Au moins 320 corps ont été retrouvés à Daraya, une localité de 200'000 habitants à sept kilomètres au sud de Damas, a dit dimanche l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), précisant aussi que la majorité des victimes ont été tuées dans l'opération militaire lancée il y a cinq jours.

Les militants hostiles au régime du président Bachar al-Assad ont diffusé des vidéos où des dizaines de corps ensanglantés gisent au sol, dans un complexe proche d'une mosquée. Ils dénoncent un «massacre odieux commis par les gangs du régime d'Assad». Londres s'est dit «inquiet» après ce possible «massacre sauvage».

L'agence officielle SANA a rapporté de son côté que les forces armées ont «purifié» Daraya des «terroristes mercenaires qui ont commis des crimes contre les habitants de la localité, les ont terrorisés et ont détruit les propriétés publiques et privées».

Houla et Al-Koubeir auparavant

Cette accusation a été relayée par d'autres médias du régime comme la télévision d'Etat ou des chaînes de télévisions comme Ad- Dounia.

Le régime à Damas a été accusé à plusieurs reprises par l'opposition et des ONG de défense de droits de l'Homme de commettre des massacres notamment à Houla (centre) en mai (108 personnes dont une cinquantaine d'enfants) et Al-Koubeir (centre) en juin (55 personnes dont des femmes et des enfants). A chaque fois, Damas a démenti toute implication, accusant des «gangs terroristes armés».

Selon les militants, le régime «criminel a imposé un blocus et coupé les approvisionnements vers Daraya, puis a bombardé sans discernement avec des avions et des armes lourdes. Des bandes criminelles ont mené par la suite des exécutions sommaires, (des victimes) ont été démembrées, brûlées».

«Les chabbihas (milices pro-régime) se sont transformés en machines à tuer en série», dénoncent de leur côté les Comités locaux de coordination (LCC), un large réseau militants sur le terrain. Ils ont diffusé dimanche une vidéo montrant des fosses communes où sont ensevelis des dizaines de corps, dont au moins deux petits enfants.

Mise en garde contre Brahimi

Samedi, les violences ont fait au moins 183 tués au total à travers le pays «dont au moins 34» à Daraya, a encore dit l'OSDH.

Face aux violences qui ne faiblissent pas après plus de 17 mois de conflit, le nouveau médiateur international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, s'est dit «flatté» mais «effrayé» par la mission qui l'attend.

La presse officielle syrienne a prévenu le diplomate algérien qu'il ne devait pas suivre le même chemin que son prédécesseur, Kofi Annan, dont la mission a échoué en raison des divisions internationales. Elle a accusé M. Annan de s'être «plié aux pressions occidentales et américaines».

Réapparition du vice-président

De son côté, le vice-président syrien Farouk al-Chareh est apparu en public, après un mois de rumeurs sur son éventuelle défection. Il a rencontré le président de la commission parlementaire iranienne pour la politique étrangère, Alaeddine Boroujerdi, reçu aussi par Bachar al-Assad.

Le président syrien a promis après cette rencontre de vaincre à «n'importe quel prix» la rébellion.

Entre-temps, dans la capitale, deux civils ont été tués samedi soir par des tirs d'obus de mortier qui se sont abattus sur la place des Abbassides, dans le centre ultra-sécurisé de Damas, selon un responsable des services de sécurité.

Dans la ville d'Alep (nord), poumon économique du pays ravagé par plus d'un mois de combats, de nouvelles violences ont éclaté dimanche dans certains quartiers tandis que d'autres étaient bombardés par l'armée.

Plus de 200'000 réfugiés évoqués

Depuis le début de la révolte en mars 2011, les violences ont fait 25'000 tués, selon l'OSDH, et poussé plus de 200'000 Syriens à fuir vers les pays voisins, selon le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR).

La Turquie a temporairement cessé d'accueillir des réfugiés sur son sol, maintenant des candidats à l'exil en territoire syrien afin de mettre en place des structures capables de recevoir un nombre croissant d'arrivants. Au total, au moins 2000 personnes ont été bloquées dans la province méridionale d'Hatay, selon un responsable turc.

(ats/nxp)

(Créé: 26.08.2012, 20h21)

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