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La Chine tente de rassurer sur son économie

G20

Les doutes sur la capacité de Pékin à empêcher un atterrissage économique brutal alimentent la fébrilité des marchés mondiaux.

Mis à jour le 27.02.2016 2 Commentaires
Zhou Xiaochuan est sorti de sa réserve lors du G20 à Shanghai.

Zhou Xiaochuan est sorti de sa réserve lors du G20 à Shanghai.
Image: Keystone

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Après de longs mois de silence, le gouverneur de la banque centrale chinoise (PBOC) a été inhabituellement mis en valeur lors du G20-Finances à Shanghai. Zhou Xiaochuan a multiplié les déclarations rassurantes, à l'heure où Pékin s'efforce d'apaiser les angoisses sur l'essoufflement de son économie.

Le discret gouverneur de la PBOC est sorti de sa réserve lors d'un long entretien au magazine économique spécialisé sur la Chine Caixin. Il s'y est montré prolixe vendredi en marge de la réunion des grands argentiers du G20, courant de conférence de presse en séminaire pour porter la bonne parole.

En dépit du vif ralentissement de la croissance de la Chine, au plus bas depuis 25 ans, «les fondamentaux de l'économie chinoise restent solides», a-t-il martelé devant des journalistes. «Il n'y a pas de fondement pour une dépréciation persistante du yuan», a-t-il insisté, évacuant tout scénario de «dévaluations compétitives», alors que la glissade du yuan exacerbe la méfiance générale.

Offensive de charme

Le gouverneur Zhou, dont l'institution n'est pas indépendante (contrairement à la Fed américaine et à la Banque centrale européenne), illustre l'offensive de charme de Pékin pour convaincre les investisseurs de la robustesse de la 2e économie mondiale. «La Chine renforce ses relations publiques à l'orée d'une année 2016 difficile», commente Brian Jackson, économiste du cabinet IHS Global Insight.

Selon lui, «au 2e semestre 2015, l'absence de déclarations publiques cohérentes a alimenté les incertitudes et la nervosité des marchés», après une violente dévaluation du yuan et un effondrement des Bourses locales. «Les autorités tentent désormais d'y remédier en communiquant. Ce qui en soit est un progrès, quel que soit le message», ajoute M. Jackson.

Peine à communiquer

La politique économique du régime communiste s'échafaude secrètement et aucun débat n'est permis dans des médias chinois extrêmement contrôlés. Mais la pression s'intensifie sur Pékin. Les doutes sur la capacité de la Chine à empêcher un atterrissage économique brutal alimentent la fébrilité des marchés mondiaux, et des voix s'élèvent pour réclamer des clarifications de la part du géant asiatique.

La Chine «a un problème de communication» sur sa ligne monétaire, a déclaré au Forum économique de Davos Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international (FMI).

«Il est important que (le gouvernement chinois) poursuive ses réformes et communique clairement sur ses politiques, dans un monde anxieux de comprendre pourquoi la Chine agit comme elle le fait», a renchéri vendredi Jack Lew, le secrétaire au Trésor américain.

«Le meilleur moyen de lutter contre la volatilité excessive (des marchés), c'est d'offrir de la lisibilité», abondait samedi à Shanghai son homologue français Michel Sapin.

Nouveau ralentissement en 2016

Les places financières sont souvent perplexes à l'égard de décisions chinoises parfois contradictoires, mises en oeuvre dans l'opacité. La PBOC a ainsi reconnu mi-février qu'elle relevait les ratios de réserves obligatoires de certaines banques, mais seulement après une première annonce de l'agence américaine Bloomberg.

Les statistiques officielles, en particulier la croissance du PIB, suscitent un large scepticisme chez les analystes, mais la non-publication de certains chiffres inquiète tout autant.

La banque centrale chinoise a provoqué des remous ce mois-ci en cessant de publier les statistiques sur les achats de devises étrangères des établissements financiers, données cruciales pour évaluer les fuites de capitaux hors du pays. Enfin, les messages ambivalents sur le marché des changes déconcertent particulièrement.

Pékin se targue d'offrir une flexibilité accrue à la convertibilité de sa devise pour tenir compte du marché, mais il promet en même temps que le cours du yuan restera «fondamentalement» stable.

Et après avoir largement provoqué et accompagné la glissade du yuan face au dollar, la Chine tente désormais d'enrayer sa dépréciation en puisant dans ses colossales réserves de change. Reste que les analystes anticipent un nouveau ralentissement de la croissance chinoise en 2016, sur fond de demande terne, de stagnation du marché immobilier et de contractions de l'activité manufacturière. (ats/nxp)

Créé: 27.02.2016, 09h46

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2 Commentaires

hung nguyen-dinh

27.02.2016, 10:53 Heures

crois-t-on toujours à la promesse chinoise? on a vu sa réaction sur sa politique monétaire les derniers mois...l'expression "Chinese smile" est toujours considéré comme leur offensive de charme... Répondre


Michel POUSAZ

27.02.2016, 16:54 Heures

Les Chinois vont plonger l'entier de la planète dans la déliquescence ! Michel Pousaz, Ollon VD Répondre



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